Icebergs alpin

Un paysage tout droit sorti d’un univers fantastique. Comme si quelqu’un avait voulu créer un paysage de toutes pièces. Un glacier miniature finissant sa course dans un lac d’altitude. Ce miniglacier culminant à 2600m d’altitude se cache bien à l’ombre sous une face nord en forme de cirque. Comme les grands glaciers d’Island ou du Groenland, il lui arrive de vêler. Un bout du glacier se brise suite à une combinaison de l’avancée du glacier qui s’enfonce dans le lac et de la force exercée par l’eau qui tente de remonter la glace comme un bouchon.

En 2019, avec Anja Kalenbach et Sylvain Boullin, nous sommes montés pour la première fois découvrir si cette légende existait vraiment. Malheureusement, l’ascension depuis le coté valaisan c’est avéré plus compliqué que prévu. Sans vrais chemins et sans réseau, après un grand détour qui à rallongé la randonnée de 10km et de 900m+, au milieu de la nuit, le lieu mythique est enfin mis en boîte. La nuit était claire, parfaite pour la voie lactée.

Quelque peu frustré de ne pas avoir pu profiter plus que ça de ce lieu magique, on y retourne le weekend d’après avec Stéphane Weissbaum. Cette fois-ci par le côté Tessinois plus court mais beaucoup plus raide. Après avoir passé 30min à récolter de la pyrite (or des fous) sur les rochers, nous arrivons sur place. On y installe la tente sur un névés aux abords du lac et l’on profite de la nuit qui tombe.

Le ciel prend feu et capture les derniers rayons du soir. La réverbération de la lumière des nuages sur la glace bleutée créer un mélange de couleur étonnant entre rose et bleu !

La nuit s’installe, au loin, le ciel s’illumine par moments, la chaleur de l’été provoque des éclairs. Finalement, la voie lactée fait aussi son apparition.

Je lance un petit time laps pour capturer le mouvement des nuages et des éclairs.

Stéphane sent la fatigue arriver et va se coucher pour la nuit dans sa tente. Le chemin qu’il a pris est resté imprimé sur la photo avec la lumière de sa lampe frontale !

Au petit matin, le spectacle continue avec le soleil se montrant timidement par le col ou nous sommes arrivés la veille !

Un lieu magique, des scènes incroyables, des images plein les cartes et des souvenirs plein la tête.

C’était en 2019, oui, 6ans déjà ! Je n’arrête pas de me répéter qu’il faut que j’y retourne. Voir si les icebergs sont encore là ? Le miniglacier est-il toujours accroché à ce fasse nord ?

6ans plus tard, j’arrive a remotiver Stéphane pour y retourner. Seulement une condition, il veut passer par la voie valaisanne. Il dit que c’est plus court en termes d’approche en voiture mais en vrais, c’est surtout qu’il déteste repasser par des chemins qu’il a déjà empruntés…

Finalement, j’accepte le compromis et l’on se met en route vers ce lieu mythique. Cette fois-ci, le chemin semble plus marqué mais il faut rester concentré. Beaucoup de pierriers et de rivières nous font obstacle. On bivouaque au pied de la dernière montée que l’on attaquera à 3h du matin pour arriver au sommet avant le lever du jour. L’ascension est rude, éclairé par nos frontales, on monte dans le pierrier et les moraines à plus de 45° par endroits, c’est très instable.

Arrivé en haut, les étoiles brillent encore malgré une lune presque pleine. C’est l’heure bleu. La lune se couche à son rythme. Je prends une photo du lac lorsque la lune semble se poser sur un pic rocheux.

Le jour continue de se lever et cette magnifique bande rose saumonée apparaît au loin. L’ombre de la terre laisse place au lever du soleil.

En prenant un peu d’altitude avec le drone, le cirque ressemble étrangement à un vieux cratère de volcan remplit par les eaux de fonte.

En parlant de fonte, on voit clairement le changement de pente, la ligne où se trouvait le glacier il y a 6ans. C’est fou le volume qu’il a perdu, sa partie de droite a quasiment complètement fondu et il a perdu son embonpoint au centre.

Les icebergs sont aussi bien moins nombreux et la partie du glacier qui était sous l’eau a quasiment totalement fondu (une grosse partie c’est cassé en 2021)

Une petite compilation vidéo au drone:

Finalement, le soleil fait son apparition et c’est déjà l’heure pour nous de redescendre dans la vallée.

La tentation est trop grande et un mois plus tard, anouveau avec Stéphane nous remontons au glacier.

Cette fois-ci, nous prennons un kayak pliable avec nous. On se dit que naviguer entre les icebergs doit être une expérience folle! Je passe à mon travail chercher un cacolet (Lastenkraxe en allemand), merci le laboratoire EERL pour le soutien 🙂

Quel chargement! le kayak dépasse les 9kg et il y a tout le matériel photo en plus! Heureusement, on a économiser avec le rest. Pas de tente ni de sandwich ‘^^

Arrivé au col, c’est l’émerveillement! Le lac qui était quasi vide de glace il y a un mois est tout blanc! De la glace pillée, un mojito géant! On n’en revient pas, le glacier vient de véler et d’énorme iceberg ont dérivé dans le lac!

On profite des quelques heures restantes avant le coucher du soleil pour faire un petit tour de kayak. J’ai aussi pris le caisson étanche pour photographier les iceberges sous l’eau. Malheureusement, ce n’est pas une grande reussit car l’eau est très laiteuse.

On croise un photographe allemand Hannes Becker sur place qui profitait d’un séjour en Suisse pour découvrir ce glacier. Je vous invite a découvrir son travail ici: https://www.hannesbecker.com/

Il nous a pris en photo lorsque l’on naviguait

Le coucher de soleil à mis le feu aux nuages. Le rougissement des nuages complète le bleu froid de la glace.

Puis, la lune se lève transformant l’ambiance

Ici, on remarque bien la cassure récente du vélage du glacier.

La nuit fût fraiche et avec les iceberges dans le lac, une fine couche de glace c’est formée à la surface du lac. Un voile nuageux nous prive d’un beau lever de soleil, en attendant, on décide de tout de même tenter une balade en kayak sur le lac gelé. Pas évident de casser cette fine couche de glace tout en restant stable avec le kayak. Stéphane s’élance pour un tour et je tente d’imortaliser son aventure.

Le voyez-vous parmis les glacons?

Les icebergs sont majestueux et impressionnant, on se sent tout petit a leur pied!

Malgrès le fait que ce soit un kayak une place, on tente le diable et nous nous jetons à la mer tous les deux. La ligne de flottaisons est très basse. Il faut faire attention à la répartition du poids dans le kayak pour éviter de couler au milieu de ces eaux glacées.

Hannes Becker imortalise la scène depuis le rivage

Eiko nous surveille aussi depuis le rivage. Il a de la peine à comprendre ce que l’on fait, il doit nous prendre pour des fous!

Puis, encore une photo depuis le rivage avant de redescendre en plaine

Joyaux glacé des alpes condamné à disparaître d’ici 10 ans. Signe de sa fonte rapide, le glacier vêle relâchant des tonnes de glace dans le lac qu’il a creusé lorsqu’il était au top de sa forme.
La taille des icebergs est dementiel. Un dernier soubresauts dans son agonie, le glacier nous offre son chant du cygne. On se sent si petit en naviguant dans ses entrailles. A découvrir en vidéo!

Si les routes sont encore ouverte en fin de saison et qu’il neige pas trop, nous prévoyons de remonter avec les patins à glace pour glisser entre les icebergs. Je mettrais à jour ce billet de blog si ca se concrétise!

Merci pour votre lecture et bonne randonnée dans les montagnes à vous.

 

 

*svp remplissez toutes les cases. Merci!