Camp spéléo Wildhorn

Lors du dernier article, nous avons abordé l’approche faunistique des grottes et de la spéléologie en s’intéressant aux cavités servant de site de refuge et de swarming aux chauves-souris. L’autre aspect de la spéléologie est celui de la découverte d’un monde nouveau et inexploré, où rien n’est sûr. Benjamin prépare depuis plusieurs mois un camp de spéléologie au Wildhorn. Oriane, dont vous avez déjà aussi entendu parler quelques fois par ici, se greffe au projet. Ce camp durera une semaine et a pour but d’explorer de nouvelles grottes désormais accessibles « grâce » à la fonte du glacier. Au comité organisationnel s’ajoutent Dominique (président du GSR), Rémi (responsable intendance) et moi-même (responsable audiovisuel). Nous serons sur le camp toute la semaine alors que d’autres spéléologues ou amis se joindront à l’équipe d’exploration quelques jours selon leurs disponibilités. La préparation du camp n’est pas une mince affaire. Celui-ci est perché à 2850m d’altitude au pied d’un glacier sous le sommet du Wildhorn. Le temps en montagne est très changeant, notamment à cause de « l’effet de cime ». Pour y accéder, l’approche nécessite 3h50 de marche depuis le départ des remontées mécaniques des Rousses à Anzère. Il faut de la nourriture pour 5 à 13 personnes pour la semaine. Le camp de base comporte une partie cuisine, les tentes et le matériel de bivouac des participants ainsi qu’une tente principale pour les soirées animées. Le matériel technique pour la progression verticale, l’exploration et le recensement des grottes est également primordial. Cela représente en tout est pour tout 4 bidons, 4 caisses Rako, 18 kits et 14 sacs pour un total de 840kg. Les achats de produits frais sont faits le samedi, deux jours avant le début du camp par Oriane et Benjamin. Le samedi après-midi, toutes les affaires sont contrôlées, comptées, empaquetées et pesées. Lundi matin, tout le paquetage est amené au parking du départ des remontées mécaniques des Rousses. Là, les affaires sont dispatchées dans deux filets pour être amenées sur l’emplacement du camp par un hélicoptère.     On profite de la première rotation pour monter nous aussi en hélicoptère. Le fait d’être sur place avant la rotation de matériel nous permettra d’aider à décrocher les filets, les vider puis les rendre à Air Glacier. Le trajet se fait en moins de 5 minutes, juste le temps d’apprécier depuis le ciel notre terrain de jeux pour cette semaine de camp. Durant la montée, l’une des conséquences du puissant séisme de 1946 se présente à nos yeux : les marques d’un écroulement dans la face sud du Six des Eaux Froides sont toujours visibles et la zone de dépôt est jonchée de gros blocs au lieu-dit des Andins.   Étant déjà sur place avant la première rotation, Rémi, vêtu d’une veste jaune, facilite la localisation de l’emplacement du camp. Il s’est levé plus tôt que nous pour nous rejoindre à pied, car malheureusement seulement quatre personnes peuvent prendre place dans l’hélicoptère.   Les deux rotations de matériel se sont très bien déroulées. Les températures étaient froide. Cela a aidé à la portance de la machine, du fait de la densité supérieur de l’air frais. De plus, le maximum de poids autorisé pour chaque rotation était de 600kg, bien au-dessus de nos 2x 400kg.     Une fois le matériel déposé, pas de temps à perdre ! Nous nous séparons en petits groupes pour monter le campement. Rémi et Benjamin aménagent la partie cuisine alors que Dominique, Oriane et moi focalisons sur la recherche d’eau de fonte, montons la tente principale « de séjour » et installons les toilettes sèches ainsi que la douche solaire.   Une fois toutes les parties communes montées, il est temps d’installer nos tentes individuelles. Comment les fixer à même le lapiaz ? Impossible de planter une sardine dans cette roche calcaire. Heureusement, le matériel de spéléo est là ! On sort les trois perceuse-frappeuse qui nous permettrons de fixer des vis à béton en guise de sardines.     Ces vis peuvent être enlevées à la fin du camp, ne laissant plus que des petits trous dans la roche. Aucun corps étranger ne restera dans la roche. C’est une des améliorations technologiques intéressantes que nous allons également employer pour l’exploration des grottes. Toutes les cavités seront équipées avec des systèmes entièrement démontables comme les encrages Pulse de Petzl ou des vis à béton multi-monti. Ces systèmes sont utilisés uniquement pour de l’exploration. Ainsi, une fois que les gouffres sont équipés, topographiés, photographiés, tous les encrages sont ensuite démontés et cela permet de laisser les grottes aussi propres qu’au départ. À peine les tentes sont montées que la grêle s’abat sur le camp. On passe de 15°C en t-shirt à -3.5°C en  grosse doudoune et gortex. On se réfugie dans la tente principale et les premières bûches de sapin sont brûlées dans le fourneau acheté spécialement pour le camp. C’est quand même un luxe de pouvoir se réchauffer au feu de bois. Devant ce feu, nous discutons des aînés qui sont déjà venus explorer la région entre 1992 et 2006 et même dans les années 70 pour les plus anciens explorateurs. Avec la fonte progressive du glacier, chaque expédition a permis la découverte de nouveaux trous un peu plus haut dans le lapiaz. Nous avons pris le même emplacement que l’ancien camp de 2004-2006. Une de leur bâche et quelques lambourdes en bois ont d’ailleurs été réutilisée pour notre cuisine. Malheureusement, le reste du matériel laissé sur place n’a pas supporté le poids de la neige, l’humidité et les années. Les cordes sont usées et les mousquetons oxydés : la sécurité des personnes ne peut plus être garantie avec un tel matériel. Des bouteilles d’eau ainsi qu’une génératrice sont également retrouvées sur place. Tous ce vieux matériel sera descendu à la fin du camp afin de laisser le lieu nettoyé de toute trace humaine. Puis la grêle cesse aussi rapidement qu’elle a commencé. Le ciel se dégage et laisse place à un ciel étoilé avec la voie lactée pour le reste de la nuit. C’est bien fatigué que chaque membre de l’équipe de mise en place du camp rejoint son sac de couchage respectif.   Le lendemain, la matinée est consacrée à la prospection de grottes sur le lapiaz. D'anciens trous déjà explorés lors des précédents camps sont repérés. Pour certains, la descriptions de la cavité est sommaire, tandis que pour d'autres, une topographie, soit un dessin complet en coupe et en plan a été réalisé. Évidemment, la partie la plus motivante est de trouver de nouveaux gouffres jamais découverts car recouverts par le glacier ou cachés par des névés. Les trous cachés par des névés sont d’ailleurs très dangereux car ils peuvent être des pièges pour les randonneurs ou skieurs. Certaines zones de failles avec des cavités sont marquées sur les cartes topographiques : Pensez donc à éviter ces lapiaz s’ils sont recouverts par la neige.       L’après-midi, les combinaisons de spéléologie sont enfilées. Les puits repérés par les anciens avec des notes telles que « avec potentiel » ou « à revoir » sont descendus pour être exploré. La neige bouchait certaines de ces grottes au moment de leur première visite, ce qui n’est parfois plus le cas avec le réchauffement climatique. Mais dans certains trous, les névés tiennent drôlement bien et finissent même par créer des bouchons de glace ! Stéphane, mon compagnon de cordée avec qui nous voulons gravir tous les 4000 de Suisse nous rejoint en fin de journée. On se lève le lendemain à 5h du matin pour faire l’ascension du Wildhorn, la montagne qui domine le camp. C’est un sommet avec une altitude assez modeste de 3250m mais qui se détache bien des autres sommets dans la région sur la rive droite du Rhône. On enfile les crampons mais on garde la corde dans le sac pour la traversée du glacier. Il n’y a aucune crevasse visible et le glacier semble « calme ». Nous montons sans difficulté, à la lueur de la lampe frontale. Nous profitons du lever de soleil avec une vue imprenable sur les Alpes. De l’Aletschorn au Mont-Blanc en passant par la couronne impériale. Une fois arrivés au sommet, chauffés par les premiers rayons de soleil, nous pouvons apprécier la vue sur le plateau suisse avec notamment les Gastlosen. Sur le chemin du retour, Stéphane continue sa route en direction du canton de Berne pour avoir une correspondance avec les bus. De mon côté, je rejoins le camp en faisant un grand détour pour trouver de nouveaux trous. La roche du côté du Rawyl est un vrai gruyère avec pleins de jolies galeries à découvrir, mais ce sera pour une autre fois. Nous avons déjà repéré plus de nouveaux trous qu’explorables en une semaine.     L’après-midi, il est temps d’explorer les grottes repérées la veille pour déterminer leur potentiel. Quatre équipes sont formées : une pour la topographie, deux pour l’exploration et une pour la prospection de surface. Dans les grottes explorées cette semaine, on trouve généralement une succession de puits descendant jusqu’à -30m environ. Certains gouffres distinctifs sont nommés directement sur le terrain par rapport à des anecdotes. Par exemple, dans « le gouffre du Twix », Oriane a laissé échapper un emballage de Twix pendant le repérage, nous obligeant ainsi à l’explorer plus en profondeur afin d’y récupérer le dit déchet. Un autre trou s’appelle « le gouffre du ballon rose » car Dominique y a trouvé un ballon rose au fond de celle-ci lors de son exploration. Une autre cavité s'appelle le gouffre de la pipe de par la forme de son entrée et aussi car Rémi a mis le feu à sa pipe lors de la pause de midi à l’entrée du gouffre. Jeudi, les groupes sont remixés, l’occasion pour moi d’intégrer l’équipe des dessinateurs de grottes. Avec Oriane, on topographie les puits équipés temporairement par Benjamin et Anthony. La topographie des grottes se fait de manière minutieuse. Le laser de mesure (DistoX) modifié avec une boussole et d’un inclinomètre permet de déterminer la distance, l’orientation et la pente entre chaque point de mesure dans la grotte. À chaque point de mesure, on note aussi la dimension de la galerie autour du points. Ces données sont notées dans un petit calepin de spéléo et un croquis de la grotte est dessiné sur papier millimétré directement sur le terrain. On avance point par point dans la cavité, Oriane devant marque le prochain point avec du vernis à ongle rouge Ferrari puis je vise le point avec le Disto et donne les valeurs à Oriane. Une fois la grotte topographiée jusqu'au "cut" (fin de la cavité), la grotte est déséquipée en retirant les Pulse de la roche. Le soir venu, les points et valeurs relevées dans le carnet sont entrés dans un logiciel qui modélise en trois dimensions les cavités. Parfois, des surprises nous attendent. Par exemple, des gouffres estimés à -50m sont finalement des trous de -26m. On a tendance à estimer la profondeur des trous selon les longueurs de cordes utilisées pour la descente. Or, certains trous ont un développement plus horizontal. Il est alors intéressant de regarder le degré d’inclinaison des pentes pour mieux comprendre la morphologie des grottes visitées. En plaçant les différentes cavités dans l’espace avec les coordonnées GPS et leur altitude, il est possible de déterminer si certains gouffres peuvent se rejoindre et ainsi former un réseau de galerie. Le graal serait de trouver un collecteur d’eau principal qui traverserait tout le lapiaz. Le soir, l'ambiance est toujours bonne enfant au camp. Le planning des repas du soir est bien varié et organisé.   Vendredi matin, le jour se lève sur le camp. La semaine s’écoule à une vitesse folle. Il nous reste tellement de grottes à explorer. Je remplace Anthony qui doit redescendre en plaine et rejoint Benjamin pour équiper les puits. Armé d’une perceuse-frappeuse à accu, il fixe les amarrages. Selon la topologie du terrain, une main courante est aménagée. Puis, il faut se faufiler dans le gouffre et le sécuriser. Afin de sécurisé le passage pour l’exploration et la topographie, les parois sont nettoyées de tous les cailloux instables. Ce sont des kilos de cailloux qu’il faut purger, en les mettant plus bas ou en les sortant de la grotte. Cette étape est primordiale dans l’exploration d’une grotte car tout est en équilibre et le moindre caillou peut vous désarçonner, rendre invalide ou vous tuer sur le coup. Malheureusement, certains cailloux ainsi déplacés viennent boucher les passages plus étroits en profondeur et nous obligent à rebrousser chemin. Malgré le nettoyage effectué, il faut sans cesse observer les environs pour déceler de potentiels dangers. L’alternance gel – dégel au fil des saisons a tendance à ouvrir toujours plus certaines fractures, ce qui fragilise la roche. Heureusement peu d’accident à déclarer au cours de la semaine, si ce n’est un ou deux doigts un peu écrasés dans la précipitation des explorations. Il y a eu quelques « close call » par exemple lorsque, en posant le pied sur un caillou que je pensais stable, celui-ci s’est décroché en direction de mon coéquipier. J’ai alors juste pu le plaquer contre la paroi du puits et ai réussi à le maintenir le temps que Benjamin se mette plus ou moins en sécurité après que je lui ai braillé « planque toi !». Le rocher, avec les ricochés dans le puits, ne lui passa pas bien loin… Comme expliqué plus haut, les puits sont équipés avec le système d’amarrage démontable Pulse. Ainsi, une fois la topo terminée, la grotte peut être déséquipée sans laisser de traces.   On profite d’équiper un joli puits pour faire descendre Rémi dans un bougan.   Le bougan est sa manière de dire gouffre dans le patois d’Isérables. C’est d’ailleurs ainsi que nous nommons ce trou. Rémi est monté toute la semaine pour s’occuper de l’intendance du camp et profiter de la bonne humeur de l’équipe. Contrairement au reste du groupe, il n’est pas vraiment spéléo dans l’âme mais une petite descente sur corde dans un bougan est tout de même un passage obligé.   Rémi a passé toutes les nuits de la semaine contre vents et marrées, ou plutôt contre grêle et températures glaciales sous sa tente en carrés militaires. Il a monté les 1100m jusqu’au camp avec les anciennes chaussures de ski de l’armée. Dans son quotidien, il n’a pas de télé, smartphone ni d’ordinateur, il faut lui envoyer des lettres à la place de mail. C’est vraiment un personnage qui inspire le respect dans un monde où tout s’emballe et où le futile remplace l’utile. Profiter de la vie, simplement. Un grand merci à lui qui a su transmettre sa philosophie de vie dans ce camp inoubliable ! Sans lui, pas de gnocchi avec sauce mijotée pendant 3h, pas de permanence radio en cas de problème et surtout pas la même ambiance.   Au fur et a mesure que la semaine s'écoule, de plus en plus de monde viennent nous rendre visite. De 5 nous voila maintenant 13. Des tentes s'ajoutent au camp. Le soir, dans la tente commune, le poêle à bois nous réchauffe. Attention, interdiction d’y mettre du charbon de bois au risque de faire fondre la tôle, nous met en garde Dom. Il n’y aura pas besoin de charbon pour le rendre rouge vif. Tirage à fond et quelques bouts de sapin et voilà qu’il éclaire la pièce de son rouge sombre. En fin de soirée, en plus du poêle, le génépi de Chab nous apporte aussi un peu de chaleur. Les matins suivants, je profite des premiers rayons de soleil pour faire quelques vols avec le drone et profiter du lever de soleil sur le lapiaz. Pendant ces petites balades en dehors des sentiers battus, il n’est pas rare de trouver des munitions DCA tirés par l’armée. La plupart des pièces sont encore intacts. Sûrement qu’ils ont atterris dans l’épaisse couche de neige ou dans le glacier lorsqu’il était plus en aval. Les munitions ayant touchés la roche ne ressemblent plus à grand-chose. On en ramène une bonne vingtaine par jour au camp. Un matin, je suis revenu avec 19 pièces rajoutant pas loin de 20kg à mon sac. Pas de panique, ces ogives-là sont inertes, elles sont faites pour traverser la carlingue des avions par inertie. Cependant, restez vigilants et dans le doute ne touchez pas aux munitions de l’armée, il vaut mieux les avertir directement. Je ne suis pas le seul à me lever le matin. Parfois, on peut entendre la flûte de Chab au loin chanter l’hymne des montagnes. Il est aussi possible de croiser Oriane en train de dessiner le camp et les montagnes aux alentours. Après le petit déjeuner et un court débriefing, les équipes pour la journée sont reformées et chaque groupe part augmenter les connaissances souterraines de la région. Certains gouffres nous réservent des surprises, comme ceux où il pleut à nous mouiller jusqu’au slip. Dans d’autres, l’humidité et les températures glaciales transforment notre souffle en vapeur. Dans d'autres encore, ce sont carrément des glaciers sous-terrain ou de dangereux névés suspendus qui nous attendent.   Dans d’autres grottes, on trouve beaucoup de cristaux de calcite. La calcite est le principal élément constitutif des roches calcaires et des coquillages ou microfossile qui la composent. Mais elle peut aussi se manifester à l’état pure sous forme de petits cristaux blancs ou transparent. Ces cristaux parviennent souvent à se former dans les failles des roches calcaires. Plus la faille est grande, plus il aura de place pour former de beaux et gros cristaux. S’il se trouve à l’étroit, il ne forme que des lignes blanches dans la matrice grise du calcaire. Contrairement au quartz qui frome des cristaux hexagonaux, la calcite prend le plus souvent la forme de parallélépipède. Elle est aussi généralement moins transparent. Il existe cependant des formes très pur quasiment transparent. Lorsque c’est le cas, la calcite a des propriétés de diffraction étonnante de la lumière : il peut dédoubler des lignes ou générer localement des « arc en ciel ». Des fossiles de coquillages et d'huîtres abondent souvent au sein de la matrice rocheuse. Il me semble même avoir vu des ammonites mais Elme, une géologue de passage au camp, pense plutôt à une sorte de crevette. Mais comment se fait-il que ces animaux marins se retrouvent à 2900m d’altitude au pied d’un glacier ? Il y a plus de 250 millions d’années, la Pangée, un super continent, sortait des eaux. Dans notre région, l’océan Téthys naît de l’espace libéré par deux plaques tectoniques divergentes, à la suite de la dislocation de la Pangée. Sous l’océan, dans les zones peu profondes, non loin des continents, la vie grouillait avec des mollusques et coquillages de toutes sortes. Ils naissent, folâtrent, traficotent et meurent. Les débris de coquilles s’empilent dans les fonds marins formant ainsi des strates ou autrement dit, des couches sédimentaires. Les récifs de corail dans les eaux les moins profondes sont aussi responsables de la formation de grands bancs calcaires. Puis le mouvement des plaques s’inverse, une phase de convergence commence. Avec le temps, la plaque tectonique du continent Africain se rapproche du continent Européen. L’océan se referme gentiment. Il y a 40 millions d'années, l’océan Téthys est rayé de la carte. Les couches calcaires déposé sont alors comprimé et pris en sandwich et se voit progressivement soumis à des conditions de pression et température élevé. Cela a pour effet de cimenter et consolider la roche calcaire avec les résidus d’animaux marins. Cette consolidation du calcaire s’apparente en quelque sorte à la cuisson d’un gâteau au four (un peu comme les gâteaux qu’Anthony nous a amené mardi soir :P ). Lorsque la contrainte devient trop forte, ces unités calcaire glissent comme un savon serré dans la paume d’une main et sont étalées sous forme de nappes (Un peu comme si on étal le nutella sur la tartine lors du déjeuner au camp du Wildhorn). Ces roches sédimentées aux abords du continent Européen et aujourd’hui empilé et érodé au Nord des Alpes centrales constituent les nappes dites Helvétique. En tout, trois nappes se sont empilées les unes sur les autres : la nappe de Morcles, celle des Diablerets et au sommet celle du Wildhorn. Au cours de leurs formations, les Alpes ont été soumis à l’érosion, mettant ainsi au grand jour ces unités Helvétiques avec le relief tel qu’on le connait aujourd’hui. Autant dire que ces coquillages fossilisés qui se trouvent maintenant au sommet des Alpes sont bien loin de leur fond marin d’origine. Tout cet immense versant calcaire, que nous avons exploré, a été sculpté par le glacier et les eaux. Le glacier provoque une érosion dite ‘’mécanique’’ : elle polit la roche, arrache des blocs et surcreuse des vallons. L’eau quant à elle provoque surtout une érosion dite ‘’chimique’’ : le gaz carbonique présent dans l’atmosphère se dissout dans l’eau et forme avec cette dernière de l’acide carbonique, un peu comme dans les bouteilles d’eau gazeuse. Or cet acide carbonique a la capacité de dissoudre la calcite, minéral essentiel des roches calcaires. Ainsi, lentement mais inlassablement, l’eau va petit à petit creuser en surface des cannelures, rendre la roche très abrasive et parfois même coupante. Il faut faire attention de ne pas glisser sur cette roche au risque de s’ouvrir un genou ! Mais cela ne s’arrête pas en surface ! Pour le plus grand bonheur des spéléologues, cette eau peu s’infiltrer à travers les fractures préexistantes, agrandissant au sein de ces dernières des passages. Cette eau peut aussi se glisser entre les couches de calcaires et provoque ainsi l’apparition de galerie orienté en fonction de la disposition des couches géologiques. Les couches de calcaire de la région sont disposées avec une certaine inclinaison et sont coupées de toutes part de failles verticales. Il en résulte une prédominance de puits subverticaux avec quelques passages plus ou moins horizontaux. Sachant que la présence humaine ne représente qu’une fraction de seconde à l’échelle géologique (3 million d’années), nous sommes bien peu de choses en foulant les lapiaz chargé d’une telle histoire… Oui, je suis conscient que j’aurais dû expliquer la formation des lapiaz en début d’article mais avouez que vous aurez décroché, non ? D’ailleurs est-ce que quelqu’un lit encore l’article ? Si oui, alors sache que tu es le meilleur 😊 Puis, il est temps de ranger le campement en prévision de la descente du matériel en hélicoptère le lundi.   Pour résumer, une superbe semaine d’exploration à la recherche de gouffres fraîchement mis en lumière par le retrait du glacier. Une super ambiance de groupe sans accident majeur. Une organisation au poil avec, pour résultats, des cartes augmentant notre connaissance du monde souterrain encore largement méconnu. Merci pour votre patience et votre lecture. Un grand merci à tous les organisateurs de cette superbe semaine. Merci au relecteur : Benjamin, Oriane ainsi que Anthony pour la partie géologie !  
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Sigma FP-L

Le Sigma FP, le boitier plein format à objectif interchangeable refait son retour avec un capteur de 61mgpx similaire au Sony a7r4. Le boitier pour reportaire parfait ? Ou lui reste-t-il encore des défauts de jeunesse ? J’ai pu l’avoir durant une semaine pour couvrir l’événement mondial air ballon en France voisine. Voici mon ressenti après utilisation sur le terrain: Ergonomie : Format extrêmement compact qui couplé avec des optiques de la série I de Sigma en fait un combo extrêmement léger (375gr!) et discret. Son format est très carré et minimaliste, vous l'aurez toujours au fond de votre poche, plus d'excuse pour ne pas prendre l'appareil avec vous! Sigma FP-L avec le 14-24f2.8 art Plus de pièce mécanique en mouvement dans ce boitier, Sigma fait le paris d'un capteur totalement silencieux sans rideau ni miroir. Plus de pièce d'usure, plus fiable, plus léger et moins cher. Il y a cependant quelques désavantages à l'obturateur silencieux notamment avec du rolling shutter sur des éléments en mouvement très rapide ou des différences de luminosité avec des lumières artificielles. Un bouton pour déclencher, un autre pour la vidéo et deux roues de réglages. Pour une meilleure prise en main, il est possible de lui adjoindre un petit grip (poignée) améliorant la prise en main et lui ajoutant un peu de hauteur pour que le petit doigt trouve une place sur le boitier. La prise en main n’est pas super agréables même avec les compléments mais c’est le prix à payer pour un format aussi compact. Le peu de boutons personnalisables vous oblige à passer passablement de temps dans les menus pour le configurer. Heureusement, l’écran est grand et lumineux compensant l’absence de viseur natif. Cependant, en plein soleil, il n’est pas évident de cadrer, il vous faudra ajouter un viseur externe. Ce viseur peut passer d’un viseur optique à électronique d’un click selon vos préférences. Le viseur électronique garde tous les avantages d’aide à la prise de vue avec notamment le niveau, l’histogramme, le zébra ou encore le focus peaking mettant en évidence les zone net. Pour les plus puristes ne voulant pas coller leur œil devant un écran, vous pouvez cadrer à travers le viseur optique pour profiter de la vue sans latence. On retrouve aussi un radiateur derrière l’écran permettant un bon refroidissement du boitier pour de bonnes capacités en vidéo. N’étant pas vraiment mon domaine de compétence, je passe sur ce point mais le Sigma FP s’emble bien se défendre. Ce qui est dommage cependant c’est que le radiateur n’a pas l’air de booster les capacités en photos. En mode rafale allant jusqu’a 10img/sec, le buffer est rempli en un instant avec un maximum de 5-6 images. Le boitier n’est pas vraiment adapté pour des photos d’actions ou d’animalier mais vraiment spécialisé pour de la photo de reportage ou la discrétion est le maitre mot. L’écran collé au radiateur est fixe ce qui est un peu dommage car sans viseur, on voudrait bien pouvoir bouger l’écran pour des angles à raz le sol ou au-dessus de la foule. Un autre prix à payer pour un format ultra compact. Comme pour la première version du FP, on ne retrouve qu’une carte dans le boitier alors qu’une deuxième permettrait une meilleure redondance ou permet de séparer vidéo et photo. C’est le plus petit boitier à objectif interchangeable plein format mais cela vient avec des compromis. Il s’adresse à des personnes spécialisées ayant besoin de ce forme factor que ce soit pour la discrétion ou la possibilité d’y ajouter des accessoires vidéo.

Boitier léger et compact, top pour des reportages sur le terrain

La gamme d’optique s’agrandit de jour en jour. Il est en monture L qui est une monture commune à Leica, Sigma et Panasonic. La gamme est bien étoffée avec des optiques allant de 14mm à 600mm avec des fixes lumineux et des zooms polyvalents. On préférera monter des optiques compacte avec le FP pour rester dans l’esprit du boitier mais rien n’empèche de lui adjoindre le dernier 150-600mm. Image : La qualité d’image est excellente. On retrouve ici le capteur rétro éclairé de 61mgpx que l’on peut trouver sur le Sony a7rIV. Un capteur avec une grande dynamique permettant de récupérer aisément les ombres et les hautes lumières. Capacité de récupération de la dynamique à ISO400 Dynamique de 15IL permettant de garder les ombres et haute lumière en contre jour Un capteur avec peu de bruit jusqu’a 6400iso et qui peut être traité facilement jusqu’a 25’600. Un mode rafale avec une cadence élevée de 10img/sec est intéressent avec un capteur aussi définit. Certes le buffer est faible mais la rafale permet d’effectuer rapidement des bracketing ou de doubler les images pour éviter un flou de bouger qui peut vite arriver avec des capteurs aussi exigeant. cadrage original sans traitement crop 100% 61mgpx sans traitement Le capteur délivre de superbes images piquées couplées à la gamme d’objectif L qui délivre d’excellentes performances dès la pleine ouverture. Les images RAW sont en format DNG permettant d’être lue par n’importe quel logiciel. Pas besoin de souscrire a un abonnement mensuel ni d’avoir la dernière version payante de votre logiciel de traitement. Ca fait du bien de voir un esprit plus « ouvert » dans une industrie qui a plutôt tendance à vouloir rendre obscolet l’apn précédent. Synthèse: + compacité et discrétion (obturateur silencieux) + capacité vidéo + sans obturateur mécanique, plus de pièce d'usure + boitier ultra léger (375gr) + capacité vidéo + qualité d’image + excellente dynamique + bonne montée en ISO + prix + alliance L avec des optiques Leica et Panasonic + DNG plutôt qu’un format propriétaire - bonne ergonomie avec accessoires - buffer rafale de 5-6 images - 1 slot de carte - écran non orientable - AF en deca de la concurrence - obturateur silencieux = rolling shutter, flickering, banding Quelques exemples d'images prisent avec le Sigma FL-p
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Swarming

La spéléologie est à la frontière de plusieurs domaines. C’est une activité qui mêle aventure et fascination pour la beauté de la nature. On est à la fois pris par le désir de trouver des lieux encore inexplorés et à la fois envoûtés par la nature brute que l’on y découvre à travers l’observation des couches géologiques, des concrétions et de la faune cavernicole. L’expédition de ce weekend est plutôt orientée sur ce deuxième aspect. Trois biologistes confirmés dont deux spécialisés dans l’étude des chiroptères, Anouk Athanasiades et Raphaël Arlettaz, viennent grossir les rangs. Un des buts de la sortie est de prouver la fréquentation de certaines espèces de chauves-souris soupçonnées dans cette grotte. Plusieurs anciennes mines aux alentours ont déjà été prospectées par Anouk, mais les observations n’ont révélé aucune fréquentation par les chauves-souris. Durant plusieurs années, des détecteurs à ultrasons ont été posés à l’entrée de différentes cavités afin d’y déterminer l’activité potentielle des chiroptères. Grâce à ces relevés sonores, il est possible d’estimer le nombre d’individus de chaque espèce fréquentant la cavité. Pour mieux connaître et préserver ces mammifères volants, il est important d’en savoir davantage sur leur mode de vie, leur lieu de reproduction, de nourrissage, etc. Dans cette vallée, on connait les zones de chasse mais pas les lieux de swarming: un peu comme des « boîtes de nuit » pour chauves-souris où cela donne lieu à du brassage génétique et où les femelles y trouvent un mâle pour se reproduire. Un site de swarming peut se trouver à des kilomètres des zones de chasse. Les espèces que l’on recherche swarment autour des entrées de grottes. Toutefois, cette vallée est constituée de montagnes granitiques, ce qui est peu propice au développement de grottes. En effet, le granite est une roche plutonique imperméable à l’eau où l’on peut trouver des diaclases et des failles mais peu de grottes. Et pourtant, un phénomène intéressant a permis la formation d’une grotte de marbre en plein dans cette région. C’est il y a 200 millions d’années, une petite couche de débris d’anciens animaux marins datant de l’océan Thétis s’est faite comprimer par le rapprochement des plaques tectoniques africaine et eurasienne. La chaleur et la pression produites dans cet événement ont permis de métamorphiser les petits coquillages marins présents dans l’océan, en marbre ! Le marbre étant une roche calcaire, avec le temps, l’érosion de l’eau peut permettre la formation de grottes. L’objectif du weekend est alors d’aller voir la grotte de marbre présent dans cette région et vérifier si elle est fréquentée par des chiroptères. Le Graal serait, que la grotte ne soit pas qu’un refuge à chiroptères mais qu’elle soit un site de swarming. Nous commençons l’ascension avec des sacs biens chargés, comprenant le nécessaire pour monter un petit camp pour le weekend ; le matériel de spéléo ainsi que l’équipement adapté pour attraper les chauves-souris. Nous suivons des chemins pentus employés par les mineurs d’antan. Certains passages sont peu marqués et il n’est pas toujours évident de progresser dans ces pentes avec 23kg sur le dos.

Lecture de carte

Quelques débuts de glissades et départs de cailloux nous ont fait de belles frayeurs ! 600m plus haut, nous voilà arrivés à l’emplacement prévu pour la nuit. La place est un peu moins raide mais il nous faudra aménager la zone avec des cailloux plats pour que l’on puisse y installer le camp.

La planéité du sol est testée en faisant quelques exercices de nœud

Le camp est installé à proximité d’anciennes ruines du temps des mines

Une fois la toile de sol posée, on installe les matelas gonflables, les sacs de couchages ainsi qu’une bâche de toit pour nous protéger du soleil tapant. Pendant qu’une partie du groupe s’occupe d’aménager le camp, d’autres partent à la grotte installer les filets pour la capture des chauves-souris.

Installation des filets pour les captures

Oriane et Benjamin installent une main courante pour assurer un passage un peu périlleux devant la grotte. Ainsi, les déplacements entre les filets de capture et le lieu d’inspection des chauves-souris peuvent se faire en toute sécurité. Une fois les préparatifs terminés, il ne reste plus qu’à attendre que la nuit tombe. La tentation est grande de partir explorer la grotte mais le dérangement doit être minimal si l’on ne veut pas que les chauves-souris se doutent de quelque chose. Étant habituées au lieu, les chauves-souris voleront « à l’aveugle » et n’utiliseront pas trop leur sonar car cela leur coûterait beaucoup d’énergie. En cas de doute, elles scanneront beaucoup plus finement leur environnement. Le rebond des ondes sonores trahit la présence des filets et les petits mammifères volants contourneront les pièges. Pour passer l’envie d’explorer la grotte, on visite une ancienne mine pas loin des baraquements en ruine. Malheureusement la galerie est impraticable suite à un effondrementà une dizaine de mètres de l’entrée. On découvre toutefois des graffitis datant de l’époque de l’exploitation de la mine. La soirée approchant, il est temps de mettre à feu trois réchauds à gaz pour cuire des pâtes. À la carte du soir, trois menus différents : pâtes pesto vert, pâtes pesto rouge et pâtes pesto rouge pas pareil que l’autre (peperoni). Pour accompagner le tout, quelques myrtilles cueillies par Sam la veille, noix, viande séchée maison de Raph et distillation de génépis dont Chab a le secret. Une fois les batteries rechargées, il est temps d’aller surveiller les filets. Tout le monde croise les doigts. Les paris vont bon train, il y a de tout entre zéro et cinquante individus. Le suspense diminue rapidement suite aux premières captures.

Les chauves-souris sont prises au piège dans les poches des filets tendus devant la grotte

Raphaël en train de sortir une chauve-souris d’un filet

Raphaël retire les chauves-souris des filets et les met dans des petits sacs en tissu.

Sac en tissus pour le transport des chauves-souris avant inspection

Ces petits sacs sont ensuite amenés à l’extérieur de la grotte en se tenant à la main courante installée plus tôt. Un peu plus loin, à l’extérieur de la grotte pour ne pas déranger le va-et-vient de chauve-souris, le petit sac est ouvert.

Le « pouce » des chauves-souris dépasse de l’aile, leur permettant de s’agripper et facilitant leur déplacement

Une fine couche de peau vascularisée relie les doigts permettant ainsi aux chauves-souris de voler tel un oiseau

La chauve-souris est examinée sous tous les angles pour déterminer son espèce, son âge, son genre ainsi que son « niveau d’excitation » par Anouk.

En soufflant sur leur pelage, le sexe de l’individu est visible permettant d’identifier son genre et son statut reproducteur

Quel soulagement de voir que la grotte est habitée ! Trois espèces distinctes ont pu être identifiées : Les Murins de Natterer, de Daubenton et à moustaches (Myotis nattereri, daubentoni, et mystacinus). Ces trois espèces appartiennent au même genre des Murins, connu pour swarmer à l’entrée de grottes. Chaque capture est méticuleusement notée avec l’heure et les différentes informations utiles pour l’étude.

Benjamin prend note des informations relevées par Anouk

La pilosité des pattes est un critère d’identification pour le Murin de Daubenton

Parfois certains individus sont parasités par des sortes de petites tiques

Après identification et prise d’informations, les chauves-souris sont relâchées Après une rapide formation sur le démaillage des chauves-souris prises dans les filets, je surveille à intervalle régulier les filets et m’initie à la pratique avec l’aide d’Anouk.  Plusieurs petites mains étaient utiles lorsque 3 ou 4 chauves-souris étaient prises en même temps.

Un des filets tendu à la sortie de la grotte

Chauve-souris prise au piège dans une poche du filet

Dès qu’elles sont prises au piège, il faut se dépêcher de les libérer pour éviter qu’elle ne se blessent et surtout pour éviter qu’elles détruisent les filets en les rongeant pour se libérer.

Sortir les chauves-souris du filet demande de la dextérité et de l’entrainement pour ne pas trop stresser ni blesser les animaux

Il se peut que les chauves-souris arrivent à se démêler et repartent d'elles-même

Les chauves-souris essaient de se libérer des filets en les mâchouillant

Pour les sortir, il faut d’abord commencer par un côté en libérant une patte puis l’aile et ensuite vient l’autre côté.Toujours porter des gants pour éviter des infections suite à une morsure

Il faut impérativement porter des gants pour éviter les morsures, car comme tout animal sauvage une infection pourrait se développer (ils n’ont pas inventé les brosses à dent). (sur les images, Anouk n’a pas forcément de gant mais elle a la dexterité et l’expérience pour manipuler les individus sans se faire mordre.

identification d’une capture par Raphaël

Raphaël reprend le relais de 3h à 6h du matin en espérant trouver un Murin de Bechtein, qui ne viendra finalement pas. En tout, cette nuit a permis la capture de plus de 50 individus !

Raphaël dort devant la grotte pour reprendre les captures pour la fin de la nuit

Une belle nuit de capture pour cette grotte qui n’avait encore jamais été prospectée du point de vue des chiroptères. Après avoir laissé ma place vers une heure du matin, il est temps d’aller dormir quelques heures avant l’exploration spéléologique de la grotte. La nuit ne fut pas de tout repos avec quelques gouttes vers 2h du matin et une jolie averse vers 4h. Il a fallu monter un abri en vitesse pour les amis sans abri. J’ai réussi à percer mon matelas ultra light en voulant m’éloigner des gouttes, notre sol en dalle de granite n’est pas super confortable. C’est un peu la tête dans le cul que l’on retourne à la grotte pour l’exploration spéléologique au petit matin. Les filets sont déjà pliés par Anouk, tandis que Raphaël est sur le départ et ne nous accompagnera pas dans les tréfonds de la grotte.

Oriane et Benjamin au début de la grotte de marbre

L’entrée de la grotte est magistrale, en forme de « triangle ».

L’eau creuse un canyon de plus au plus profond dans le marbre au fil des millénaires

Après quelques mètres, on longe la rivière qui est responsable de la formation de ce canyon dans le marbre.

Les lignes claires et sombres sont typiques du processus de sédimentation à l’origine du marbre

Aux abords de cette petite rivière, nous trouvons par endroit du sable très fin, brillant de mille feux. Ce sont en fait des petites feuilles de micas, des minéraux brillants, qui donnent cet aspect pailleté. On ne le sait pas encore mais on en sera recouverts de la tête aux pieds quelques mètres plus loin lorsque l’on devra se faufiler dans les veines du marbre blanc. La grotte est splendide ! Il y a une superposition de lignes sombres et de lignes claires, expliquée par la sédimentation des crustacés marins lors de la formation du marbre. Lors de la métamorphisation du marbre, ces lignes ont été bien visibles. L’érosion de la rivière dans le marbre a taillé la roche comme une œuvre d’art.

arabesques créées avec le temps. Chaque goutte d’eau qui tombe participe au creusage du marbre nervuré

Ces lignes, à l’image des sillons dans le bois, donnent des formes très géométriques par endroit. Des petites cuvettes se sont formées avec le temps formant des patterns concentriques presque hypnotisants. Plus loin, la grotte devient moins belle avec passablement de boue recouvrant les parois. Le canyon devient aussi plus profond et périlleux. Les parois sont lisses avec peu de prises, il vaut mieux ne pas avoir le vertige car il n’y a pas besoin d’être docteur en physique pour connaître l’effet de la gravité du corps humain au fond de ce resserrement. Les plus téméraires, ou casse-cou je ne sais pas, continuent le chemin en opposition dans la faille. La progression continue ainsi quelques centaines de mètres entre canyon et boyaux serrés. Nous voilà de plus en plus les pieds dans l’eau, 5cm, 10cm et maintenant bientôt 20cm.

la baignoire à Hamster

Après toute cette progression, nous arrivons au Hamsterbadely, soit « la baignoire à Hamster ». La suite semble un peu plus humide car visiblement, il faut imiter le hamster en rampant dans 20cm d’eau pour pouvoir avancer. L’orage étant prévu pour 15h selon les radars de météo suisse, on décide de faire demi-tour ici pour éviter de devoir dégringoler en bas la drupe sous la roille (si vous n’avez pas compris cette phrase c’est que vous n’êtes pas valaisan). Le retour se fait en 4ème vitesse pour rejoindre les autres à la sortie de la grotte et au camp. On s’arrête tout de même en cours de route pour prendre quelques images. Une fois le camp plié, débâché, il est temps de descendre avec une météo de plus en plus menaçante. Pas évident de ne pas se fouler une cheville ou un genou dans cette pente instable et un sac faisant 40 % de mon poids. 600m plus bas, la tentation est trop forte, rien de mieux pour se rafraîchir et détendre les pieds que de plonger dans la rivière glacée ! Sur la route, un arrêt obligé avant que chacun reparte chez soi rêver du swarming des chauves-souris

De gauche à droite: Jolagaffe, Nicolas, Chab, Oriane, Lionel et Benjamin

Un grand merci pour votre lecture, j’espère que j’ai pu vous transmettre quelques détails croustillants sur cette grotte de marbre ainsi que ses habitants volants. Un grand merci à Anouk pour la mise en place et l’encadrement des captures ainsi que ta passion que tu as su nous partager ! Aussi un grand merci à Benjamin  pour l’organisation de ce weekend ! Merci aussi à Oriane pour la relecture et la reformulation de l'article. Au weekend prochain pour la suite des aventures spéléologique au Wildhorn!

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Weissmies 4023m & Lagginhorn 4010m

Voila 3 semaines qu'il pleut non-stop, un temps vraiment bizarre, tout est déréglé entre les 50° au Canada, >30° dans le cercle polaire et des inondations à n'en plus finir en Europe. Un dérèglement climatique qui nous bouleversera de plus en plus souvent à l'avenir. Les températures ont chuté par la même occasion permettant à la neige de tenir en altitude au dessus de 3200m. Une petite fenêtre de beau temps se profile discrètement le weekend, de quoi tenter une petite visite dans l'étage nivéal. Avec Stéphane, nous partons pour Saas-grund ou l'on se park de manière totalement légal. En faisant les sac, on se rend compte que l'on a pas les casseroles pour nos réchauds... On devra faire sans tout le weekend, un détour par le petit magasin "Folk" s'impose pour faire le plein de sandwich. J'empacte aussi 500grammes de viande séchée et jambon. Nous attaquons les 1800m de dénivelé de la plaine à l'emplacement du bivouac prévu. Nous remontons la vallée en longeant une rivière où nous passons à coté de plantes et de fleures, pour passer le temps, je raconte pleins d’anecdotes naturalistes sur les plantes. Après bien 2h30 de marche, nous passons devant la cabane du CAS d'où partirons les alpinistes le lendemain pour gravir le même sommet que nous. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voila au col avec le nom très recherché de "zwischenbergenpass". Là, on trouve 2m^2 plus ou moins plat pour y planter la tente. La météo n'est pas des plus accueillante avec pas mal de brouillard et pas de vue sur les sommets aux alentours. Pas de quoi sortir l'appareil mais le lendemain, après le réveil à 4h, la vue semble dégagée. En pliant la tente, on remarque que les premiers alpinistes ont déjà quitté la cabane. Un petit défilé de lampe frontale se dirige vers nous comme un petit train. train de frontale Les premiers du train ont un rythme bien soutenu et nous rattrapent dans la montée pendant que l'on prend quelques images des premières couleurs rosées teintant le ciel Notre montées est stoppée à la fin du névé par le début de l'arrête. Ici, la progression se corse car s'il y a trop de neige, il ne sera pas possible d'arriver au sommet. Après discutions avec le guide et son client qui nous a dépassé, il s'avère que la montée est faisable (selon ses dire, il a plus de 400x cette arrête au compteur). On s'équipe des crampons et de notre piolet. On s'encorde pour s'assurer dans les passages délicats. Tout cela pendant que le soleil pointe le bout de ses rayons à l'horizon. L'ambiance devient magique dans la montée entre les premiers rayons léchant l'arrête et cette ambiance brumeuse. Au loin, on distingue même le lac majeur et peut être même Milan? Les sommets alentours rougissent aussi. A peine le soleil commence à réchauffer la neige que le brouillard nous roule dessus. On ne voit plus 10m devant nous, impossible de savoir s'il nous arrivons bientôt au sommet. Mais une fois l'altitude de 4023m atteinte, nous sommes au sommet. Quelques instants de calme pour profiter des rafales de vent et du brouillard avant que les premières cordées nous rejoignent sur le sommet Le soleil devient violent et la neige commence à tourner. Je commence à regretter d'avoir oublié mes lunettes de soleil catégorie 4 sur la table du bureau... Puis le brouillard commence à ce dissiper formant un halo arc-en-ciel circulaire (spectre de broken) dans notre dos La redescente se fait par le glacier, la montée classique à travers les séracs. La plupart des gens montent par cette voie, elle ressemble à une autoroute. Après avoir mangé un plat de rösti au restaurant de la station de HochSaas, on installe le camp de base pour le Lagginhorn. Le camp est installé juste avant le glacier du Lagginhorn, fatigué, on décide de faire une petite sieste dans la tente. Le soleil tapant sur la tente, la température devient rapidement insupportable. Sur le thermomètre de Stéphane, on arrive en butée de l'échelle soit plus de 50°C! Pas le choix pour la survie de la toile de tente ultra light d'enlever le toit. On demande aux alpinistes redescendant du Lagginhorn passant devant la tente quelques précisions sur les conditions pour la montée. Visiblement, pas de grosse difficulté en vue. L'un d'entre eux me reconnait, il s’agit d'un ancien collègue aillant fait l'apprentissage 1an plus tôt que moi dans la même entreprise. Quel plaisir de refaire connaissance après 6ans et de reparler un peu en dialecte haut valaisan. Notre sieste est interrompue par 5-6 rotations d'un hélicoptère de air Zermatt sur l'arrête droite du Lagginhorn. Quesqui se passe? il me semble voir quelque chose de suspendu sous l’hélico, bizarre... On en revient pas, il est passé 16h et il y a encore du monde qui redescend du sommet. Avec cette chaleur et la neige, c'est presque insensé. Une cordée de Belge arrive même après 17h à bout de force. Ils s'arrêtent et on discute deux mots. Ils sont monté au sommet du Lagginhorn par l'arrête Sud cotée AD-. Ils leur à fallut 10h pour faire la route qu'ils qualifie d'arrête AD- la plus difficile du monde surement dû aux conditions de neige. Ils ont dépassés une cordée de 6 alpiniste faisant aussi cette arrête mais qui ne sont pas arrivé au bout. Ce sont ces 6 alpinistes qui ont été rapatrié par l'hélicoptère entendu plus tôt. Ils nous rassurent cependant en disant que l'arrête que nous allons monter demain est l'arrête PD la plus facile du monde :) Au fond du bac, les deux belges s'en vont bivouaquer à coté des remontées mécaniques qui sont maintenant arrêtées de part l'heure tardive... La seconde nuit est bien moins fraîche que la première, le lever comme pour le Weissmies est réglé à 4h du matin. En me levant, je remarque quelques reste de nuage noctulescent. Le Lagginhorn derrière la tente est bien dégagée et les conditions pour l’ascension semblent optimales. En face, on voit les alpinistes de la Mischabelhütte en pleine progression pour gravir la face enneigée de la Lenzspitze Après avoir plié la tente et caché toutes les affaires de bivouac sous un caillou, ont attaque la montée. On voit plus bas les premiers alpinistes sur l'arrête du Lagginhorn, cette-fois-ci, nous nous ferons pas rattrapé :) Une fois sur l'arrête, le ciel prend feu. Au loin, la plus belle montagne du monde, le Bietschhorn ressort fièrement Le Weisshorn et le Bishorn sont en feu! Mais il nous reste encore un sacré dénivelé dans les pierriers pour attendre le sommet La progression se fait sans trop de soucis. Un bon pied montagnard permet d'atteindre le sommet sans trop de problème. Par sécurité, on a tout de même notre baudrier sur nous mais la corde restera dans le sac pour toute la montée. Part moment, on aperçois le Weissmies que nous avons fait la veille sortir des nuages. Au sommet, la vue est superbe, de là, nous voyons tous les 4000m déjà gravit, de quoi réviser sa géographie. Notre ombre (enfin, plutôt celle du Lagginhorn) est bien visible dans la plaine de Saas On se dépêche de redescendre du sommet pour éviter de me brûler trop les yeux sans mes lunettes de soleil... On repasse à notre caillou récupérer tout le matériel du camp de base puis nous redescendant jusqu'à la station intermédiaire de ski pour louer des trottinettes. La descente jusqu’à la plaine sera plus agréable avec la trottinette qu'a pied sur le goudron de la route avec nos sacs de 15kg. Le challenge de relier tous les 4000 de Suisse sans moyen de locomotion motorisé autorise l'utilisation de trottinette! Merci encore de suivre notre aventure et à bientôt pour un prochain 4000!  
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Marais de glace

Bientôt 25ans que j’arpente les combes, les vallées et les sommets alpins. Pourtant, je n’en ai toujours pas fait le tour, c’est bien une chose que le COVID m’aura appris. D’incroyables paysages, recoins et atmosphères restent à découvrir à deux pas de chez moi. En prévision d’une sortie voie lactée avec des amis français, nous partons avec Loic en repérage au fin fond d’une vallée que je n’ai jamais pris la peine d’explorer. Le temps est très incertain mais nous passons à travers les goutes en esquivant de justesse les averses. Je m’entraine comme apprenti accompagnateur en moyenne montagne en expliquant l’origine des roches et pleins d’anecdotes sur les plantes que nous croisons sur le chemin. Après de bonnes heures de marche, nous arrivons enfin à l’endroit repéré. Les nuages sont bien bas et il est difficile de distinguer les sommets. Quelques gouttes tombent par-ci par-là, on enfile les imperméables et on commence à explorer le marais. Par endroit, quelques paternes intéressants guident le regard vers les sommets perçant par intermittence entre deux vagues de brouillard. Dans la rivière, le sable fin broyé par le glacier forme des dunes miniatures. C’est ce limon en suspension dans l’eau qui donne cette couleur si typique aux lacs des glaciers. Avant de revenir sur nos pas car la nuit approche, on décide de faire le tour du marais. Il s’avère que par endroit le rivage est constitué de bras morts du glacier. Nous restons vigilants pour ne pas déraper dans les zones ou la glace est apparente. Puis au bout du marais, nous traversons la langue principale du glacier. Avec ce jour blanc couvert et la nuit approchante, le bleu de la glace ressort et nous fait voyager. On se croirait dans les plaines glacées de Patagonie à petite échelle.   Les rochers profitent du glacier pour voyager tranquillement vers le bas de la vallée avec le mouvement de glisse. On profite pour repérer toutes les entrailles du glacier pour trouver une grotte de glace. Malheureusement, deux belles possibilités de grottes se sont soit récemment écroulées ou pas encore ouvertes.   Mais en cherchant bien, on en trouve une. Une petite fissure ne payant pas de mine. Difficile d’accès car un torrent coule juste en dessous, il n’y a pas beaucoup de place pour marcher. Il faut le pied sûr pour ne pas se trouver bloquer dans la fissure créée par l’eau. Plus on s’enfonce dans la grotte et plus celle-ci s’élargi. Avec la lumière tamisée, les couleurs sont splendides.   Mais la nuit se fait de plus en plus sentir, il nous reste encore pas moins de 12km à marcher. On se dépêche, on sort de la grotte et nous finissons la traversée du marais glaciaire. Sur le retour, un bras mort du glacier forme comme une vague au-dessus d’une petite flaque. L’ambiance est irréelle, on se croirait vraiment dans un autre monde. Le brouillard mystifie l’atmosphère. Le reste du chemin se fera à la lampe frontale. Avec la nuit, il n’est plus possible de raconter des histoires de plantes et de cailloux, le retour semble bien plus long. Mais quel bonheur de trouver un petit bar encore ouvert malgré l’heure tardive de notre retour (ou plus tôt notre arrivée de bonne heure (00:30)…) Une superbe découverte et une belle marche en bonne compagnie !
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Sigma 105mm f2.8 art macro

Sigma bouscule un peu le monde de la macro dans la gamme sony E. Jusque-là, l’excellent Sony 90mm f2.8 était la référence en macro. Sigma a rapidement mis sur le marché le petit 70mm macro déjà pu tester. Cependant, 70mm reste court pour de la photographie d’insecte qui peuvent être intimidé par la proximité. Quelques marques tierces sortent des 100mm dont Firin et Laowa mais Sigma met tout le monde d’accord en remettant au gout du jour le 105mm macro sigma f2.8. Le Sigma est 40% moins cher que le Sony ce qui le rend particulièrement intéressent. La construction du Sony est plus métal et avec une meilleure finition que le Sigma. Le Sigma n’est pas non plus stabilisé ce qui ne facilite pas la prise de vue à fort grossissement ou le moindre mouvement est fortement amplifié il faudra opter pour des vitesses d’obturation relativement rapide (>1/150ème). Un autre point manquant un peu dommage sur le Sigma est l’absence d’échelle de mise au point et de distance. On ne sait pas à quel rapport de grossissement on se trouve en manuel ce qui est assez perturbant surtout sans butée sur la bague de mise au point. Comme pour le reste de la gamme ART, on a une bonne tropicalisation avec un joint au niveau de la monture. Une bague de diaphragme se trouve sur le fût. L’objectif est compact, léger et donc bien maniable. On dit souvent que la macro se fait en manuel mais sur ce boitier, l’AF est rapide et silencieux ce qui permet d’utiliser l’AF sur le terrain même pour des prises de vue rapprochée. Il y a un sélecteur permettant de limiter la plage AF (car ce n’est plus possible directement via le boitier de limiter la plage de mise au point depuis le passage en monture E). En limitant la mise au point pour les prises macro, l’AF est très efficace et permet par exemple de compenser l’effet du vent dans les feuilles faisant bouger le sujet. Ça permet aussi de suivre un insecte en mouvement sans trop de problème. La mise au point en manuelle reste cependant obligatoire pour des prises de vues spécifique comme le focus stacking car cette option n’est toujours pas automatisée dans les boitiers Sony. Le zoom à 100% dans le viseur permet vraiment une mise au point au petit oignon. Le piqué de l’optique à fort grossissement est absolument exceptionnel. J’ai rarement vu un tel rendu des détails fins. Lorsque l’image est net, en crop 100%, les détails sont au rendez-vous. (tous les crop 100% ne sont pas traité ni accentué) Le bokeh est aussi très doux, ici quelques exemples d’images en fermant progressivement le diaphragme.

f2.8

f4 f5.6 f8 f11 f16

Lors de mon utilisation, je n’ai pas rencontré d’AC ni de flaire malgré quelques images en fort contrejour.

  Conclusion Bref, une superbe qualité optique en tout point de vue. Pour moi cette optique a un excellent rapport qualité prix. Certes la stab apporte un confort supplémentaire et la bague de map sans marquage est un peu perturbant sur un macro mais la qualité optique et l’AF compense. Exemples d'images

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/125s, 160iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f5, 1/125s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f6.3, 1/60s, 400iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f5.6, 1/60s, 200iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/400s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/320s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f3.2, 1/250s, 800iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f3.5, 13s, 800iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/500s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/2000s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/500s, 100iso

Synthèse + bonne distance de travail au rapport 1:1 pour des insectes craintifs + piqué excellent, crop 100% bluffant + flare et AC inexistant + prix doux par rapport au Sony + limiteur de plage de mise au point pratique + AF fonctionnel même à fort grossissement. Permet de photographier avec du vent. - Pas de stabilisation - Pas de marquage sur la bague de map, pas d’indication de grossissement
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