Compenser la rotation terrestre pour photographier de nuit

Intro : La lune, la voie lactée, les nébuleuses, les comètes, les planètes, toutes des choses gigantesques dérivant dans notre univers. Nous n’y mettrons jamais les pieds de notre vivant mais on peut tout de même les photographier. Cette immensité me fascine et la beauté de ce qui est hors de notre portée m’éblouit. J’ai débuté la photographie nocturne en m’équipant d’optiques lumineuses et de boitiers avec une bonne gestion en haute sensibilité. Ces outils performants très sensibles à la lumière, permettent de rendre visible ce que l’œil arrive tout juste à apercevoir. Néanmoins, le matériel aussi performant soit-il, a ses limites. Les images que vous avez vues jusqu’à présent ont un rendu acceptable en petit format ou sur des supports de publication tels que FB ou Instagram. Si l’on commence à se plonger plus profondément dans l’image ou que l’on veut faire de grands tirages, le grain et la perte de détails deviennent notables.

Image trackée avec une sensibilité moins élevée à droite. Une image avec un temps d'exposition court et haut iso à gauche

La cause de cette course à la sensibilité et à la lumière est dûe à la rotation de la terre et le mouvement des astres. De ce fait, pour ne pas avoir une image floue dû à ce mouvement tel que des étoiles ressemblant plus à des traits qu’à des points, il faut une vitesse d’exposition du capteur photo plus ou moins rapide. Néanmoins, il est possible de combattre la problématique à la source. Il y a deux écoles. Ceux qui prennent pleins d’images courtes puis les superposent pour ensuite les moyenner (stacking). Ainsi le bruit sera diminué et les fins détails accentués. L’autre possibilité est de compenser le mouvement de rotation de la terre avec une monture motorisée dite équatoriale (tracking). Avec la rotation terrestre, il est possible d’augmenter significativement le temps d’exposition et ainsi diminuer la sensibilité de l’appareil et donc avoir des fichiers plus propres. Il y a aussi la possibilité de combiner les deux solutions pour un résultat encore plus propre. Comme vous l’aurez deviné avec le titre, c’est la partie tracking que nous allons détailler.   Matériel : Il en existe de toutes tailles, à tous les poids, avec contre poids, à tous les prix, à toutes les précisions, avec compensation de dérive, avec assistance à la localisation etc. Je ne connais de loin pas toutes les montures car l’astronomie est un monde à part entière mais j’ai épluché un peu le net pour trouver ce qui correspondait au mieux à mes besoins. Mon cahier des charges était le suivant.

- Abordable financièrement

- Portable et pas trop lourd pour prendre en balade.

- Pouvant supporter le poids d’un hybride avec un objectif UGA lumineux pour la voie lactée et un petit télé pour gouter au ciel profond.

- Suivi du soleil pour les éclipses

J’en ai trouvé deux qui me paraissaient intéressantes. La mini track LX3 de Omegon et la star adventurer Pro. La LX3 est une monture entièrement mécanique avec un cliquetis lorsque le système compense la rotation terrestre. Relativement compacte et légère (600 grammes), elle peut être emmenée en bivouac. Mon cœur d’horlogerie mécanique Suisse m’a fait craquer pour ce modèle. Les images trackées de cet article ont tous été prises avec cette monture. Elle a cependant de gros désavantages tels que son fonctionnement est limité à l’hémisphère nord et qu’elle ne puisse pas suivre le soleil ou la lune. La star adventurer pro viendra certainement rejoindre mon équipement lorsqu’une bonne occasion se présentera.     Utilisation : La mise en station est le terme utilisé pour aligner la monture équatoriale sur le centre de rotation de la terre. C’est une étape à ne pas négligée car la monture a beau être aussi précise que possible, si la mise en station est mal faites, la longueur du temps de pause ne sera pas maximisée. Dans l’hémisphère nord, le centre de rotation est grossièrement sur l’étoile polaire. L’étoile polaire peut facilement être trouvée avec la grande ourse qui est une constellation très facilement reconnaissable en forme de casserole et visible rapidement dès la tombée de la nuit. Il suffit de prendre le bord de la casserole opposé au manche et l’allonger de 5x sa longueur environ pour tomber sur l’étoile polaire. Un alignement rapide peut être fait avec un laser perpendiculaire à la monture. Un réglage plus fin peut être fait à l’aide d’un viseur. Il suffit de pointer le centre de la croix du viseur sur l’étoile polaire. Si le viseur n’est pas rétro éclairé, il vous faudra l’éclairer manuellement à l’aide de votre smartphone par exemple. Pour un réglage plus fin, il faut savoir que l’étoile polaire n’est pas pile poil sur l’axe de rotation de la terre. Il vous faut aligner l’étoile polaire non pas au centre, au milieu de la croix du viseur mais sur un petit cercle. Plus ou moins à l’intérieur ou à l’extérieur du cercle selon l’année (car l’angle de rotation varie dans le temps). Il faut vous référencer à la documentation technique du viseur pour savoir comment le placer en fonction de l’année (mais sur le terrain, une telle précision est un peu superflue). Par contre, il faut mettre l’étoile polaire à un angle bien spécifique sur le cercle. Pour trouver cet angle, vous pouvez vous fier à l’application synscaninit par exemple. Voici les temps d’exposition max que j’ai obtenus en mettant en station la monture de manière grossière (étoile polaire au centre de la croix du viseur) : 24mm f1.4 sony 13min, 35mm f1.2 Sigma 3min     Traitement : Lorsque vous trackez les étoiles avec un temps de pause de l’ordre de la minute, vos étoiles seront nettes mais votre premier plan sera logiquement flou. Il vous faudra donc prendre au minima une autre image pour votre sol voire plusieurs si vous voulez stacker avec un premier plan proche net. Pensez à utiliser une sensibilité ainsi qu’une exposition globale de votre premier plan similaires au ciel dans un souci de cohérence. Certain préfèrent utiliser une image prise à l’heure bleue mais je préfère pour ma part utiliser une image prise à la même période que le ciel. Lorsque vous faites l’image du ciel, pensez que la monture va bouger et que le cadrage peut être un peu approximatif. Cadrer un poil plus large votre composition car vous aller perdre un peu lors du processus d’assemblage. Pour l’assemblage, l’utilisation très basique d’un soft permettant l’utilisation de calque est nécessaire. J’utilise pour ma part photoshop inclus avec l’abonnement de lightroom. Après avoir traité votre ciel et votre sol (un autre article sur le traitement de la voie lactée viendra prochainement), vous importez les deux images en tant que calque dans photoshop. Dans PS, vous alignez les deux images avec la fonction automatique sous édition. Une fois aligné, avec un masque de fusion sur l’une des deux images, vous effacez votre ciel ou votre sol avec la gomme avec un gradient grand. Vous pouvez ensuite affiner les contours avec le pinceau ou la gomme. Si la différence entre votre ciel et votre sol est trop grande, égaliser les deux images sur LR et recommencez. Maintenant un problème se présente. Votre image de ciel a le sol flou. Lors de la superposition, cela va créer une bande floue sur votre image finale plus ou moins grande selon le temps d’exposition du ciel. Soit vous avec beaucoup de pollution lumineuse et en débordant avec le masque du sol net sur le ciel, ça ne se voit pas. Mais si votre pollution lumineuse ou nuage ne permet pas de cacher le problème est que les étoiles filées du sol apparaissent dans le ciel, il vous faudra filouter selon votre niveau d’éthique.

- Eclaircir manuellement la bande plus sombre floue de l’image du ciel (prend une éternité mais est la solution la plus éthique)

- Baisser légèrement l’image du ciel pour faire « disparaitre » la bande floue du ciel derrière le sol net de l’autre image (marche si les contours sont nets comme des montagnes ou des maisons mais ne marche pas vraiment pour des arbres par exemple)

- Recréer du ciel étoilé dans la bande floue de l’image étoilée.

Image du sol et image du ciel 24mm

assemblé 24mm

Image du sol et image du ciel 35mm

Assemblé 35mm (plus lumière dans la cabane de l'heure bleue)

Panorama de 4 images avec mise au point différentes pour chaque image. Ciel tracké. 35mm

Panorama assemblé

  Monture équatorial (*LX3) VS statique

+ Image moins bruitée car augmentation du temps de pause

+ Moins de pixels chauds car sensibilité moindre

+ Traitement local plus facile (sélection automatique, réglage fin) car moins bruité

+ Plus grande dynamique entre le sombre et les clairs car sensibilité plus basse

+ Moins de coma et de vignetage car possible de fermer plus les objectifs

+ Plus économique car il n’est pas nécessaire d’avoir un boitier technologiquement à la pointe et des optiques ultra lumineuse

+ Permet d’amener ses images nocturnes à un « autre niveau »

+ * nécessite pas d’alimentation externe

+ * poids, encombrement, prix réduit

 

- Poids et encombrement supplémentaire

- Le ciel ne doit pas avoir de nuage, les contours entre le ciel et le sol doivent être net.

- Nécessite une mise en station lente et fastidieuse

- Nécessite une connaissance un peu plus accrue du ciel et des outils astronomiques

- Post traitement obligatoire et complexe car nécessite d’assembler au minima une image du ciel avec une image du sol

- *ne permet pas de tracker la lune, le soleil ou d’être utilisée dans l’hémisphère sud

- *le viseur est souvent obstrué par le boitier lorsqu’il est monté. Il faut donc mettre en stations sans appareil. Risque accru de désalignement de l’axe de rotation lorsque le boitier en mis en place par après.

- *compensation du moment de force avec des ressorts avec un résultat un peu aléatoire.

- *viseur non rétroéclairé compliquant la mise en station

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Au chant du tétras

On est au printemps, les températures commencent à devenir douces, la neige commence à fondre. Si on se lève de bonheure et que l’on écoute à la limite de la forêt, on peut entendre des gloussements. Ce sont les tétras lyre qui après avoir survécu à l’hiver en forêt en se nourrissant exclusivement d’aiguilles de conifère et en se protégeant du froid en creusant des igloos se montrent enfin. Avant l’aube, les mâles s’envolent vers la place de chant pour y défendre leur territoire. Chaque individu défendra ses quelques dizaines de m² bec et ongles contre ses adversaires. Les frontières sont claires, des arolles parsemés délimitent le territoire de chacun. Si un mâle s’approche un peu trop, la séance d’intimidation commence. Si cela ne suffit pas, un coup de bec à la hauteur du visage est vite arrivé, l'opposant devra user de ses reflexs pour esquiver voire contre-attaquer en vol. Ce sera maintenant la 7ème année que je vis ce spectacle dans leur intimité. Vous pouvez voir le dernier article ici. L’espèce est menacée et particulièrement fragile en cette saison des amours où la survie de la descendance peut se jouer voire la survie de l’individu en cas de dérangement. Il est donc impératif de prendre toutes les mesures pour avoir un impact minimal sur leurs pariades. Le stress sur l'espèce est déjà bien assez grand entre raquettes et ski de randonnée, ils n'ont pas besoin que les naturalistes s'y mettent aussi. Cela commence par une préparation en amont. Un repérage à l’aide de jumelles et longue vue. Les femelles peuvent déjà être présentes sur les places de chant jusqu’à 1h avant les mâles. Les mâles commencent à chanter vers les 5h du matin ce qui nous oblige à être dans l’affût avant 4h du matin pour éviter tout dérangement. Le mieux est encore de passer toute la nuit sur place. Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez la montée la veille à l’affût ainsi que son installation (et quelques images des années précédentes). https://www.youtube.com/watch?v=yjc03UfK-go C’est après avoir passé la nuit dans l’affut que l’on se réveille au chant du coq. Les premiers tétras se manifestent bien avant le lever du jour. Ils sont impossibles à voir tellement la nuit est encore présente. On sort doucement de nos rêves et on écoute les déplacements des coqs, on entend aussi les autres prétendants arriver petit à petit. Les premiers combats éclatent. Pour montrer leur présence, il existe plusieurs techniques. Celle du roucoulement en gonflant son gosier pour émettre un chant caractéristique Ce roucoulement est ensuite suivi par quelques cris plus stridents que j'appelle "crachat". Souvent accompagnés d'un petit battement d'aile voire d'un petit saut. Si cela ne suffit toujours pas pour impressionner les dames, il reste encore une technique secrète. Faire des petits vols pour bien montrer sa présence.   Cela se répète jusqu’à l’arrivée du soleil, un spectacle magique. De quoi oublier les 550m de montée dans la haute neige la veille et la nuit inconfortable passée dans l'affut. Une fois le soleil chauffant l'atmosphère de ses rayons, certains motivés continuent les combats dans une lumière magique.   D'autre retournent en foret pour y grignoter les premiers bourgeons de mélèze fraîchement éclos     Mais l’ambiance reste encore tendue. Si une femelle montre le bout de son nez, tous les coqs sautent à terre et recommencent leur joute de plus belle ! Vous retrouverez ici une galerie avec toutes les images de tétras prisent au fils des années: http://apvl.ch/tetras
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Les fantômes des sous bois

Les marmottes se réveillent et sortent le nez de leur terrier. C'est la fin de leur hibernation, la neige fond et la terre se réchauffe caressée par les rayons de soleil. Elles ne reconnaissent plus les alentours. Que ce passe-t-il? Il n'y a plus de promeneur, les remontées mécaniques ne fonctionnent plus. Est-ce que les humains nous auraient imités et auraient débuté une hibernation printanière? En cette période particulière où les bains de foule sont prohibées et les industries au ralenti, je profite du temps à disposition pour m'isoler en forêt. C'est l'occasion pour passer un peu plus de temps avec soi-même en communion avec la nature. L'occasion de prospecter pour tenter de trouver les fantômes de nos sous-bois. Ces espèces que l'on a déjà entendus parlés mais jamais eu l'occasion de voir et encore moins de mettre en boite. Le verdict tombe, chômage technique à 50%. Me voici donc trappeur à temps partiel. Le réveil est réglé à 4h du matin malgré le changement d'horaire. Les sentiers sont encore prisonniers d'une épaisse couche de neige et les températures sont encore bien givrantes. Les mains autour des oreilles telles des paraboles, je sonde tous les bruits qui m'entourent.  J'essaie de distinguer un Tuuuu Tuuuu Tuuuu parmi les chants des mésanges qui viennent de se réveiller. Une chevechette chante dans les mélèzes. L'image est déjà dans ma tête. La petite chouette de 50g posée sur une branche avec du lichen me fixant avec ses petits yeux jaune profond. Malheureusement la nature ne se plie pas à notre volonté. Elle se dévoile lorsqu'elle en a envie. A nous de faire au mieux sans la froisser. Je m'approche à pas feutrés en direction de ce son saccadé. Le chant est si fort que notre petit nocturne doit être juste au dessus de ma tête. Pourtant si proche et invisible. Ce n'est que lors de la troisième soirée de prospection que j'ai la chance de pouvoir l'observer. Un instant magique. La voici sur sa branche de sapin, même le lichen est là! On est bien loin de l'image que j'ai en tête mais la rencontre mais les émotions sont bien là! Plus les jours avancent et moins son chant brise le silence nocturne. Est ce que le petit lutin aurait déjà trouvé une âme sœur? Je fouille tous les recoins de la foret mais sans succès. Quand tout à coup, un autre bruit attire mon attention. Un petit bruit strident un peu comme un roitelet mais avec une mélodie. Il me semble l'avoir déjà entendu quelque part... Oui, c'est bien la gélinottes des bois. Si le lagopède est la perdrix des neiges alors la gélinottes est la perdrix de la foret. Le fantôme par excellence. Contrairement aux autres gallinacés, son chant est bien plus discret. Sa robe reprend parfaitement le mimétisme des sous bois. Je passe les premiers jours à essayer de repérer son territoire ainsi que ses emplacement favoris. Après une journée de prospection, je commence à rebrousser chemin et je vois une gélinotte s'envoler d'un arbre pour se poser sur une souche. Je prends une photo de loin pour avoir une preuve de l’existence du fantôme. Je décide d'installer un affût avec une belle vue sur la souche dans l'espoir de la revoir. Les jours passent et les heures dans l’affût défilent. Je l'entends chanter autour de moi, mais impossible de la voir. J'entends des battements d'ailes mais rien ne bouge. Je la sens pourtant si proche mais reste tout de même invisible. C'est au 3ème jour, après un battement d'ailes que je vois une boule de plumes tomber dans les arbres morts. Je déplace l'appareil et bingo, c'est Mr gélinotte qui se nourrit au sol. Mais aussi vite arrivé, aussi vite reparti. La suite de l'affût se déroule sans revoir l'ombre d'un caroncule rouge. Les jours d’affûts se suivent mais sans grand succès, je l'entends mais elle se fait discrète. J'ai eu tout de même la chance d'avoir sa visite sur une branche au dessus de l’affût. D'ailleurs il me semble que j'entends deux chants différent. Il y aurait deux individus sur le même territoire? Je songe même à déplacer l’affût pour un endroit plus propice car les chants me sembles toujours venir de la gauche. Je monte à l’affût dans l'idée de le déplacer mais je me sens observé. La gélinotte est à nouveau sur la souche. Je suis arrivé trop tard... Je prends une photo volée mais je sais que malheureusement, elle ne reviendra plus pour la journée. Je commence à connaitre de mieux en mieux ses comportements. Elle chante peut après le lever de soleil mais ne se montre pas. Puis au milieu de la journée, elle va se nourrir au sol et fait des petites siestes. Elle recommence à chanter quelques heures avant la fin du jour. Si je veux la photographier, il va falloir que je passe toute la journée dans l’affût. Je rentre à l’affût avant le lever du jour. Comme d'habitude, son chant résonne tout autour de moi à partir de 7h mais impossible de la voir. J'attends, j'attends... Il est 11h, je commence à avoir faim mais j'attends. Je lis les derniers news du COVID-19 sur mon téléphone, apparemment le premier ministre de l’Angleterre est aux urgences. Bref, j'attends, il est 13h et toujours rien, pas de chant, rien. Je suis tout recroquevillé sur mon tabouret dans l’affût. Ca va faire maintenant 10h que j'attends. Les chants recommencent, elle n'est vraiment pas loin. Je me dresse pour voir à travers la fenêtre de l’affût. Toujours rien. Maintenant de drôle de petits gloussements. La voila, une ombre passe au loin devant les arbres illuminés. Le fantôme se dévoile. La gélinotte descend à travers les branches d'arbre et vient grignoter devant l’affût. Puis, grimpe sur sa souche d'arbre. Chante 2 fois et je la surprends même à fermer l'oeil pour s’assoupir. Mon cœur bat la chamade. La photo que j'avais en tête se réalise. La gélinotte est finalement sur la souche devant l’affût. Même la lumière est de la partie avec quelques rayons qui filtrent à travers l'épaisse foret. Pour chanter, elle replie sa tête et bombe son torse. Je ne pensais pas pouvoir vivre des scènes si magiques. https://youtu.be/5ayQOy43EsM Entre deux chants, il se paye même le luxe de bailler pour le plaisir de mes yeux Après ce court moment de folie, la gélinotte disparaît à nouveau dans les tréfonds de la forêt. Il me faudra bien de longues minutes pour redescendre de mon nuage. Je viens de vivre un moment privilégié, un rêve vient de se réaliser. De longues minutes plus tard, je jette un oeil aux images sur mon appareil photo. A ce moment, quelle stupeur. Je me rends compte que son oeil gauche est totalement amoché. Ca doit être très frais, son plumage est encore humide. Un combat avec un adverse qui s'est mal terminé? Je me demande comment va se dérouler la suite pour cet individu? Je vais essayer de le suivre! Les lois de la nature sont très rudes et un tel handicap risque de grandement compromettre la suite de sa petite vie. Je le nomme Alastor en référence à Alastor  Maugrey "fol oeil" de la série Harry Potter avec son oeil gauche en verre. Le lendemain rebelotte, les heures d’affûts s’enchaînent. Vais-je à nouveau la voir? Cette fois-ci j'entends les petits cris plaintifs de la veille vers les 12h. Je regarde et voici qu'elle remonte sur la souche. Cette fois-ci la lumière n'est pas aussi belle que la veille mais l'émotion est toujours aussi forte. Elle me gratifie à nouveau d'un petit chant. Je suis si heureux de voir que mon Alastor se porte bien malgré sa blessure.   Après son petit chant journalier, il descend et passe à 3m de mon affût. Les conditions de prise de vue sont difficiles car beaucoup de branches bloquent la visibilité mais j'arrive tout de même à lui voler un portrait lors de son passage. Je tiens à préciser que je n'ai pas modifié l’environnement. Aucune branche n'a été coupée pour améliorer le rendu des images. C'est une espèce très sensible, j'ai donc essayé de minimiser mon impact sur son habitat. J'ai donc préféré supprimer quelques éléments gênants comme des branches en post traitement avec photoshop plutôt que de détruire l’environnement de la gélinotte. Deux jours plus tard, je remonte rendre visite à mon fantôme de la foret. Sur la route, des plumes m'interpellent. Je me penche, prends une dans les mains. Je reconnais le plumage ponctué de brun de la gélinotte. Je n'ose pas y croire... Quelques mètres en contre bas, je découvre le massacre. Des plumes partout. Je reconnais les plumes de la queue que j'ai pu voir de temps à autre en éventail lorsqu'elle marchait. Un autour des palombes a probablement pu nourrir sa portée avec les presque 500grammes que font les gélinottes. C'est le cœur noué que je monte à l’affût. J'espère m'être trompé sur l'identification des plumes et je rêve encore de voir Alastor surgire d'entre les branches. J'attends, j'attends. Les heures passent, je perds presque espoir quand, le chant de la gélinotte résonne dans la foret. Quelques heures plus tard, je vois la gélinotte se poser sur une souche au loin. Ce n'est pas son perchoir habituel. Bizarre, je prend une image de très loin et zoome dans la photo. C'est bien ce que je pensais. La gélinotte a bien ses deux yeux intacts. Ca doit être le deuxième individu que j'entendais quelques part dans les arbres pendant qu'Alastor chantait sur sa souche. Les combats sont rares chez les gélinottes mais ils peuvent éclater en cas de conflit de territoire. Il me vient donc à l'esprit que notre nouvelle gélinotte a attaqué Alastor quelques jours plus tôt lui infligeant sa blessure à l'oeil qui lui sera fatale. Notre nouvelle gélinotte reprend le territoire vacant de son prédécesseur. C'est ce qu'elle semble me montrer en chantant à quelques mètres de moi avant de disparaître dans la jungle de branchage. La nature a ses règles. Les animaux se battent sans cesse pour leur petit coin. La gélinotte protège son territoire en le chantant à tue tête à longueur de journée. La survie d'un individu et de sa descendance se joue à peu. Elle peut se décider sur un coup de bec mal placé lors d'un court affrontement. L'animal blessé voit ses chances de survie drastiquement chuter et voila qu'un autour des palombes profite de l'occasion pour servir un repas Pascal à sa progéniture.  
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La pluie et le beau temps

L’humeur fait la pluie et le beau temps. En photographie on peut penser que l’inverse est plus vrai. La météo peut fortement impacter la motivation à sortir prendre des images. Lorsqu’il pleut, que le vent nous oblige à plisser les yeux ou que le froid nous picore la peau, quoi de mieux que rester confiné à la maison ? Que nenni, il n’y a pas de mauvais temps pour la photo. Aussi loin que je me souvienne, mes plus beaux souvenirs photos sont dans des conditions météo dantesques. La scène capturée est souvent bien plus prenante et surtout, les souvenirs et le sentiment d’accomplissement n’en est que plus grand. Oui, mais… Quand on ne voit pas à 2m ou que le ciel est tellement nuageux que la lumière est plates et qu’aucun détail n’est visibles. Autant rester sous la couette non ? Je me suis bien souvent cassé les dents avec ce genre de conditions météo. Très peu de détails, très peu de dynamique d’image, vraiment pas évident. Et si justement, c’était cela la force de ces images ? C’est après avoir vu les images de Jérémie Villet ainsi qu’après avoir assisté à une de ses conférences et échangé quelques mots que le déclic c’est fait ! Si on mettait à profit cet aspect délavé au profit de l’image pour renforcer une ambiance ? Y aller à fond plutôt que vouloir cacher les défauts ou créer des détails là où il n’y en a pas ? Mettre en avant le minimalisme, la pureté et le velouté ? Voici une série d’images prisent sur 2-3J en pleine période de « jour blanc » c’est à dire très nuageux, tellement nuageux qu’il est dur de déterminer l’heure de la journée. Le but était d'aller à la rencontre du lagopède. Une des reliques glacières qui ont réussi à traverser les ages en adaptant leur plumage à l’environnement. Trouver 500 grammes de plumes blanches dans cette immensité neigeuse n'est vraiment pas aisé. Malgré leur chant d'amour qui résonne au petit matin en cette période. Parfois c'est en passant à coté d'eux en ski de rando qu'on les remarques. En voici un qui part se cacher derrière un caillou au pas de course. Heureusement que son masque noir trahi sa présence! Je le suis à bonne distance et m'approche. Le voici blotti à coté d'un arbre mort qui a encore le mérite de tenir debout dans cet environnement hostile. Je m'approche petit pas par petit pas en attendant plus d'1/4 d'heure avant de me rapprocher à nouveau d'un demi mètre. Le lagopède ma évidement remarqué avec ma doudoune bleu au milieu de la neige mais il ne m'identifie pas comme une menace. Fatigué par sa longue matinée à chanter l'amour, il s'endort devant moi. Après plus de 3h passées à ses cotés, la nuit tombe. Il me pose donc un lapin variable et part à la recherche d'une congénère.   Je dors non loin de là, dans une cabane en pierre. La neige s'est infiltrée à l'intérieur par l'interstice des rochers. Je m'endors comme une pierre et me réveille le lendemain matin comme un charme. Je regarde la montre, -2° au plus froid de la nuit. Autant dans le sac -10° c'est "comme à la maison" autant lorsqu'il faut s'habiller, on fait moins le malin. Me voila à nouveau sur les skis et je pars rejoindre mon compère le lagopède alpin de la veille. Fidèle au post, je l'entends chanter les louanges de madame. Je le vois virevolter et tomber en parachute derrière un monticule de neige. C'est le moment de s'approcher pour le photographier en train de parader. Je m'approche, bizarre, plus de bruit. M'aurait-il repéré? Pourtant je suis bien discret et encore bien loin de lui. Je continue l’approche et lève doucement la tête au dessus de la bosse pour tenter de le repérer. Quel ne fût pas ma surprise lorsque je vois Mr. Renard à l'emplacement d'où j'imaginais ma perdrix des neiges? Dans tous les cas, le renard fût aussi surpris que moi. Il disparaît en un éclaire en sautant de son rocher perchoir. Je pointe l'appareil et prend quelques images alors qu'il est déjà bien 100m plus loin. Est-ce que le lagopède est dans les parages? a-t-il fini en casse-croûte? est-il blessé? Avant de pouvoir répondre à toutes ses interrogations, j'attends un moment tapis dans la neige pour espérer voir le lagopède pointer le bout de son nez. Rien, pas un bruit, rien à part le renard qui part au loin. Je perds patience et je vais jeter un oeil sur le lieu du crime. Pas de trace, pas de sang. J'entends maintenant sur ma droite le roucoulement caractéristique de lagopède. Est-ce le même? je ne sais pas mais dans tous les cas, il virevolte toujours :) Sur le chemin du retour, j’aperçois au loin la poule. Bien plus discrète que le bruyant mâle, elle me regard passer et ne me quitte pas les yeux   La lumière n'y est pas, les images "archi net" non plus mais cela reste néanmoins des images d'un temps couvert typique montrant le mimétisme et la capacité incroyable de survie de nos espèces alpines. Sur ce, je vous souhaite de belles images par tous les temps. Bonne journée
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Strahlhorn 4195m

La liste des autres 4000m Une petite suite après "l'échec" de l'Aletschhorn. Une sortie un peu moins ambitieuse, le Strahlhorn (4195m). On triche un peu en profitant des remontées mécaniques de Saas-Fee pour économiser quelques mètres de dénivelé. Le trajet fait en remontée a déjà été parcouru lors de l'ascension de l'Alalinhorn. Le but étant de relier tous les 4000 sans moyen de locomotion sur une carte globale. Bref, pour ne pas faire comme les autres, on décide de dormir sous tente plutôt qu'à la cabane Britannia. En jetant un oeil sur la station météo de la région, on se rend quand même compte qu'il ne va pas faire très chaud... En plus de l'équipement habituel, je compacte au fond du sac l'énorme doudoune utilisée pour le Svalbard. Le temps est radieux, on fait la queue pour prendre le ticket des remontées. La station est blindée, un checker-Corona à plein poumon. Nous voila à la station intermédiaire. L'autoroute est bien tracée jusqu’à la cabane. Après avoir grignoté un sandwich, on s'équipe, on s'encorde et on s’aventure sur le glacier. De là, les traces se font plus rar et partent même dans la mauvaise direction. Nous voila donc en train de faire la trace entre les crevasses. L'appareil reste au fond du sac, la lumière est dure. De là, on aperçois bien le Strahlhorn ainsi que le col Adler Pass (3785m). Comme on évolue rapidement sur le glacier, on pense bivouaquer à proximité du col. J'arrive presque à convaincre Stephane de poser la tente sur l'arrête du col pour une meilleur vue. Nous voila à une 100aines de mètres du col et il nous faut prendre une décision. On remarque rapidement que dormir sur le col ne sera pas possible. Le col ressemble à une apocalypse. Des rafales de vent monstrueuses balaient l'arrête et les températures sont à peine soutenables. Même dans le replat où nous sommes, les rafales de vent nous font perdre parfois l'équilibre. C'est sûr, si l'on veut survivre à la nuit qui s'annonce très fraîche et venteuse, il faudra mettre de coté le coté esthétique de l'emplacement de la tente pour choisir un endroit le plus à l'abris du vent possible. Pour se protéger du vent, pas de miracle dans la neige, il faut creuser. Contrairement au mur de neige au camp de base de l'Aletschhorn, celui-ci est réfléchi pour protéger du vent et non pas pour le style :) petite pause à l'abris du vent La tente est collée contre le mur de neige et un trou pour l’abscisse est creusé afin d'avoir un coin protégé de la neige pour y déposer nos affaires. Le coucher de soleil est dans 1h30 et notre versant du col se trouve plongé dans l'ombre. Les températures chutes drastiquement et nos membres s'engourdissent. On décide d’attendre le coucher du soleil tranquillement dans la tente. Le froid est tel que même habillé dans la tente protégé du vent, on grelotte. On ouvre nos sac de couchage et les utilisions comme couverture. Stephane jette un coup d’œil à la température, -21° et la nuit n'est pas encore tombée. On se regarde et l'on sait d'avance que la nuit sera compliquée... Il est l'heure, Stephane ne tient plus en place, il veut monter au col pour se réchauffer. Une fois la tête dehors de la tente, on reprend avec un plaisir très modéré les rafales de vents nous giflant le visage. On s'équipe, on s'encorde, on met les ski et hop là! Frost bite! La narine gauche de Stephane est devenue toute blanche, c'est le premier stade de la gelure. Rien de bien grave heureusement. Après avoir mis sa main quelques secondes sur son nez, voici que sa narine retrouve sa couleur normale. C'est dans ces cas là que l'on se sent bête d'avoir laissé la cagoule protégeant le visage à la maison... On monte tout doucement jusqu'au col pour éviter de transpirer. Ca peut paraître paradoxal mais comme il fait tellement froid, nous avons tous nos habits les plus chauds sur nous. Il n'y a pas pire que la transpiration de l'effort dans un environnement très froid. Arrivée au col Une fois au col, le froid, le vent, l'effort, tout est oublié. La vue est juste superbe avec le soleil se couchant à droite du Cervin. J'ai tout de même une boule au cœur en imaginant la photo de la tente avec cet arrière plan. Il faut rester raisonnable... Petit selfi au col Le vent se déchaîne par moment Les derniers rayons lèchent le col Et finalement, une accalmie Un petit panorama de 18 images Une fois le soleil couché, nous rejoignons la tente. La routine commence à venir avec tous ces 4000: fondre de la neige avec le réchaud pour faire gonfler de la semoule avec un carré de bouillon. Malheureusement, impossible d'allumer le réchaud, il fait tellement froid que le gaz sort très mal, car le butane reste liquide, seul le propane est brûlé ce qui donne un très mauvais rendement. Pour enflammer le gaz, je couvre le réchaud de mes mains et lorsque la concentration de gaz est suffisante, une boule de feu impressionnant se crée allumant ainsi le réchaud (et faisant fondre un peu mes gants). Tout devient plus difficile avec le froid mordant. Les trois premières bouchées de semoule étaient encore chaudes, le reste des 500 grammes sera malheureusement bien vite froid mais ce n'est pas pour autant qu'il reste quelque chose à la fin! Le sommeil ne fut pas très réparateur. Entre le froid et l'altitude, nous avons du dormir une 10aines de fois 20minutes. C'est un nouveau record pour moi sous tente. 3700m d'altitude et une température sous les -21°C. Le réveil sonne, il est temps de plier la tente et de se mettre en route pour le sommet. On se croirait en plein été, la température au petit matin est étonnamment chaude, -15°C! Le vent s'est aussi bien calmé, les grosses doudounes resteront dans le sac si jamais le temps venait à se gâter. Après le sommet, nous redescendrons sur Zermatt au niveau du col. Nous laissons donc les affaires de bivouac au col derrière un caillou à l'abris du vent avec nos ski. On peut ainsi faire le sommet avec un sac plus léger sans matelas, tente, sac de couchage et réchaud. L'arrête est bien soufflée, la glace est bien apparente et on peut même apercevoir de belles crevasses que l'on se contentera de regarder de loin. La montée se fait assez bien sans accroc majeur. On aperçoit bientôt le sommet avec sa croix. Ce sont les dernières mètres qui se compliquent. Un mur de glace de 20m se tient devant moi. Stéphane attaque le glacier confiant en plantant les pointes de ses crampons et piolet.

Image par Stephane

C'est avec un peu plus d’incertitudes que je le suis dans la pente vertigineuse. Comme on le dit, il faut avoir confiance en son matériel. Si je décroche, c'est un beau toboggan digne des meilleurs parcs d'attraction qui m'attend. Bien crispé, les mollets brûlent mais me voila arrivé à la dernière arrête! La croix est à portée de main! Le vent au sommet souffle fort et les membres s'engourdissent rapidement. Pas trop le temps d’apprécier la vue au sommet que l'on commence déjà à mettre en place un rappel autour de la croix pour redescendre dans les rochers. Sur le chemin du retour, nous croiserons quelques autres alpinistes faisant aussi le sommet venant de la cabane Britania. Arrivés au col, on remballe toutes nos affaires et redescendons à ski sur Zermatt. Les quelques premiers mètres me font quelques frayeurs, un de mes pieds disparaît dans une crevasse :O Mais je m'en sors facilement car le pont de neige n'a pas totalement cédé. 20km plus tard après une descente de glacier à ski, du replat et une dernière partie ski de rando pour rejoindre le domaine skiable de Zermatt, nous voila à la fin de notre 3ème 4000m!
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La tête dans les étoiles avec Sigma

C’est le printemps, les températures sont en hausses, les oiseaux se mettent à chanter, le rhume des foins pourrit mais journée mais le centre de la voie lactée montre le bout de son nez. C’est le moment de dépoussiérer le matériel de bivouac et aller profiter de la voûte céleste. Le sac de couchage est poussé au fond du sac, la tente sur le côté, reste à y mettre le matériel photo. Quel objectif accompagnera le Sony a7rIII avec ses gourmand 42mpx ? Je regarde la gamme ART Sigma, il me faut un grand angle lumineux. Je ne suis pas sortie de l’auberge entre les 14, 20, 24, 28 et 35mm ultra ouvert… Bon, on ne va pas trop loin, prenons-les tous !

14mm f1.8 25sec 6400iso panorama de 4 images

On enfile les chaussures, empoigne les bâtons de marche. Trépied sur l’épaule, gravissons les montagnes dans la nuit pour immortaliser l’immensité, rendre visible l’invisible ! Le 14mm est vissé, à travers le viseur, le monde prend une tout autre dimension. Un peu dur à appréhender au début, les horizons se retrouvent repousser bien loin à l’arrière-plan. Il faut savoir jouer avec les perspectives impressionnantes de cet objectif en composant soigneusement ses premiers plans. Cette vue ultra large permet de capturer toute la beauté de la voie lactée en une prise. L’ouverture de f1.8 exceptionnelle pour ce type d’optique permet d’obtenir des détails incroyables dans la voie lactée couplée à un temps de pause pouvant aller jusqu’à 30secondes !

14mm f1.8 30sec 6400iso

On peut aussi se prendre au jeu et créer des panoramas monstrueux montrant l’immensité d’une scène. Ici un colosse de glace donnant naissance à la voie lactée contre balancer par la grande ourse sur la droite.

14mm f2.2 30sec 800iso assemblage de 22 images

Le prochain objectif est aussi un bijou optique. Le 20mm f1.4 fait aussi partie des optiques ulta grand angle les plus lumineuses du marché. Comme pour le 14mm, il faudra cependant un système de porte filtre spécifique si vous en avait le besoin. Cette fois, on s’envole pour des paysages à la hauteur de l’optique. Le mythique Cervin nous attend bien ancré à la croûte terrestre. Un coup d’œil sur l’application calculant la position de la voie lactée. Pas de stress, celle-ci sera au-dessus du Cervin vers 4-5h le lendemain. Elle se lèvera d’abord sur le glacier du mon rose. Le jour s’éteint dans les alpes et les étoiles pointent le bout de leur nez. Comme prévu, mon rencard avec la voie lactée à lieu. Le centre de la voie lactée dépasse des cimes et dérive doucement en direction du Cervin au fur et a mesure du temps.

20mm f1.8 20sec 6400iso assemblage de 29 images

Une fois le panorama capturé, il est temps d’aller dormir 2-3h avant de se relever un peu à contre cœur. La motivation revient rapidement en voyant le spectacle devant nous. Le centre de la voie lactée est certes plus visible mais la traînée d’étoiles magnifiant la scène. On aperçoit même des couleurs rosées signe d’un soleil timide.

20mm f2 20s 6400iso

  Nos rêves nous transportent plus loin dans les Dolomites. Ici le Cervin laisse place aux Treecimes, des montagnes tout aussi magiques. Le 20mm f1.4 laisse place au 24mmf1.4. Ce n’est pas le meilleur 24mm pour l’astrophotographie ni le plus léger pour du tout-venant. Par contre, une chose qui est sûr, c’est un excellent rapport qualité/prix pour un 24mm très lumineux et avec auto focus. Les trois pointes s’allument comme des bougies avec la voie lactée !

24mm f1.4 25sec 6400iso panorama de 3 images

Voilà que le 28mm arrive. Une optique superlative en tout point ! Malheureusement, la météo n’est pas toujours avec nous et je n’ai pas pu le pointer vers le ciel. Soyez patient, il est possible qu’une surprise arrive sous peux ;) On quitte notre monde bucolique avec un concours de circonstance. Le 35mm f1.4, pas vraiment l’optique que l’on conseillerait pour de la photo astronomique. Parfois ce n’est pas le matériel qui fait l’image mais la chance et le culot. En montant de nuit, je crois un bouquetin se détachant sur l’arrête. Trop sombre pour lui tirer le portrait, je décide de le détacher en ombre chinoise sur la voûte céleste.

35mm, F1,4, 1/30, iso6400

Je rêve de tenter la même avec le dernier 35mm f1.2 Sigma <3 Un grand merci d’avoir pris part à mes rêveries. Le printemps approche, l’aventure repartira de plus belle !
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