Swarming

La spéléologie est à la frontière de plusieurs domaines. C’est une activité qui mêle aventure et fascination pour la beauté de la nature. On est à la fois pris par le désir de trouver des lieux encore inexplorés et à la fois envoûtés par la nature brute que l’on y découvre à travers l’observation des couches géologiques, des concrétions et de la faune cavernicole. L’expédition de ce weekend est plutôt orientée sur ce deuxième aspect. Trois biologistes confirmés dont deux spécialisés dans l’étude des chiroptères, Anouk Athanasiades et Raphaël Arlettaz, viennent grossir les rangs. Un des buts de la sortie est de prouver la fréquentation de certaines espèces de chauves-souris soupçonnées dans cette grotte. Plusieurs anciennes mines aux alentours ont déjà été prospectées par Anouk, mais les observations n’ont révélé aucune fréquentation par les chauves-souris. Durant plusieurs années, des détecteurs à ultrasons ont été posés à l’entrée de différentes cavités afin d’y déterminer l’activité potentielle des chiroptères. Grâce à ces relevés sonores, il est possible d’estimer le nombre d’individus de chaque espèce fréquentant la cavité. Pour mieux connaître et préserver ces mammifères volants, il est important d’en savoir davantage sur leur mode de vie, leur lieu de reproduction, de nourrissage, etc. Dans cette vallée, on connait les zones de chasse mais pas les lieux de swarming: un peu comme des « boîtes de nuit » pour chauves-souris où cela donne lieu à du brassage génétique et où les femelles y trouvent un mâle pour se reproduire. Un site de swarming peut se trouver à des kilomètres des zones de chasse. Les espèces que l’on recherche swarment autour des entrées de grottes. Toutefois, cette vallée est constituée de montagnes granitiques, ce qui est peu propice au développement de grottes. En effet, le granite est une roche plutonique imperméable à l’eau où l’on peut trouver des diaclases et des failles mais peu de grottes. Et pourtant, un phénomène intéressant a permis la formation d’une grotte de marbre en plein dans cette région. C’est il y a 200 millions d’années, une petite couche de débris d’anciens animaux marins datant de l’océan Thétis s’est faite comprimer par le rapprochement des plaques tectoniques africaine et eurasienne. La chaleur et la pression produites dans cet événement ont permis de métamorphiser les petits coquillages marins présents dans l’océan, en marbre ! Le marbre étant une roche calcaire, avec le temps, l’érosion de l’eau peut permettre la formation de grottes. L’objectif du weekend est alors d’aller voir la grotte de marbre présent dans cette région et vérifier si elle est fréquentée par des chiroptères. Le Graal serait, que la grotte ne soit pas qu’un refuge à chiroptères mais qu’elle soit un site de swarming. Nous commençons l’ascension avec des sacs biens chargés, comprenant le nécessaire pour monter un petit camp pour le weekend ; le matériel de spéléo ainsi que l’équipement adapté pour attraper les chauves-souris. Nous suivons des chemins pentus employés par les mineurs d’antan. Certains passages sont peu marqués et il n’est pas toujours évident de progresser dans ces pentes avec 23kg sur le dos.

Lecture de carte

Quelques débuts de glissades et départs de cailloux nous ont fait de belles frayeurs ! 600m plus haut, nous voilà arrivés à l’emplacement prévu pour la nuit. La place est un peu moins raide mais il nous faudra aménager la zone avec des cailloux plats pour que l’on puisse y installer le camp.

La planéité du sol est testée en faisant quelques exercices de nœud

Le camp est installé à proximité d’anciennes ruines du temps des mines

Une fois la toile de sol posée, on installe les matelas gonflables, les sacs de couchages ainsi qu’une bâche de toit pour nous protéger du soleil tapant. Pendant qu’une partie du groupe s’occupe d’aménager le camp, d’autres partent à la grotte installer les filets pour la capture des chauves-souris.

Installation des filets pour les captures

Oriane et Benjamin installent une main courante pour assurer un passage un peu périlleux devant la grotte. Ainsi, les déplacements entre les filets de capture et le lieu d’inspection des chauves-souris peuvent se faire en toute sécurité. Une fois les préparatifs terminés, il ne reste plus qu’à attendre que la nuit tombe. La tentation est grande de partir explorer la grotte mais le dérangement doit être minimal si l’on ne veut pas que les chauves-souris se doutent de quelque chose. Étant habituées au lieu, les chauves-souris voleront « à l’aveugle » et n’utiliseront pas trop leur sonar car cela leur coûterait beaucoup d’énergie. En cas de doute, elles scanneront beaucoup plus finement leur environnement. Le rebond des ondes sonores trahit la présence des filets et les petits mammifères volants contourneront les pièges. Pour passer l’envie d’explorer la grotte, on visite une ancienne mine pas loin des baraquements en ruine. Malheureusement la galerie est impraticable suite à un effondrementà une dizaine de mètres de l’entrée. On découvre toutefois des graffitis datant de l’époque de l’exploitation de la mine. La soirée approchant, il est temps de mettre à feu trois réchauds à gaz pour cuire des pâtes. À la carte du soir, trois menus différents : pâtes pesto vert, pâtes pesto rouge et pâtes pesto rouge pas pareil que l’autre (peperoni). Pour accompagner le tout, quelques myrtilles cueillies par Sam la veille, noix, viande séchée maison de Raph et distillation de génépis dont Chab a le secret. Une fois les batteries rechargées, il est temps d’aller surveiller les filets. Tout le monde croise les doigts. Les paris vont bon train, il y a de tout entre zéro et cinquante individus. Le suspense diminue rapidement suite aux premières captures.

Les chauves-souris sont prises au piège dans les poches des filets tendus devant la grotte

Raphaël en train de sortir une chauve-souris d’un filet

Raphaël retire les chauves-souris des filets et les met dans des petits sacs en tissu.

Sac en tissus pour le transport des chauves-souris avant inspection

Ces petits sacs sont ensuite amenés à l’extérieur de la grotte en se tenant à la main courante installée plus tôt. Un peu plus loin, à l’extérieur de la grotte pour ne pas déranger le va-et-vient de chauve-souris, le petit sac est ouvert.

Le « pouce » des chauves-souris dépasse de l’aile, leur permettant de s’agripper et facilitant leur déplacement

Une fine couche de peau vascularisée relie les doigts permettant ainsi aux chauves-souris de voler tel un oiseau

La chauve-souris est examinée sous tous les angles pour déterminer son espèce, son âge, son genre ainsi que son « niveau d’excitation » par Anouk.

En soufflant sur leur pelage, le sexe de l’individu est visible permettant d’identifier son genre et son statut reproducteur

Quel soulagement de voir que la grotte est habitée ! Trois espèces distinctes ont pu être identifiées : Les Murins de Natterer, de Daubenton et à moustaches (Myotis nattereri, daubentoni, et mystacinus). Ces trois espèces appartiennent au même genre des Murins, connu pour swarmer à l’entrée de grottes. Chaque capture est méticuleusement notée avec l’heure et les différentes informations utiles pour l’étude.

Benjamin prend note des informations relevées par Anouk

La pilosité des pattes est un critère d’identification pour le Murin de Daubenton

Parfois certains individus sont parasités par des sortes de petites tiques

Après identification et prise d’informations, les chauves-souris sont relâchées Après une rapide formation sur le démaillage des chauves-souris prises dans les filets, je surveille à intervalle régulier les filets et m’initie à la pratique avec l’aide d’Anouk.  Plusieurs petites mains étaient utiles lorsque 3 ou 4 chauves-souris étaient prises en même temps.

Un des filets tendu à la sortie de la grotte

Chauve-souris prise au piège dans une poche du filet

Dès qu’elles sont prises au piège, il faut se dépêcher de les libérer pour éviter qu’elle ne se blessent et surtout pour éviter qu’elles détruisent les filets en les rongeant pour se libérer.

Sortir les chauves-souris du filet demande de la dextérité et de l’entrainement pour ne pas trop stresser ni blesser les animaux

Il se peut que les chauves-souris arrivent à se démêler et repartent d'elles-même

Les chauves-souris essaient de se libérer des filets en les mâchouillant

Pour les sortir, il faut d’abord commencer par un côté en libérant une patte puis l’aile et ensuite vient l’autre côté.Toujours porter des gants pour éviter des infections suite à une morsure

Il faut impérativement porter des gants pour éviter les morsures, car comme tout animal sauvage une infection pourrait se développer (ils n’ont pas inventé les brosses à dent). (sur les images, Anouk n’a pas forcément de gant mais elle a la dexterité et l’expérience pour manipuler les individus sans se faire mordre.

identification d’une capture par Raphaël

Raphaël reprend le relais de 3h à 6h du matin en espérant trouver un Murin de Bechtein, qui ne viendra finalement pas. En tout, cette nuit a permis la capture de plus de 50 individus !

Raphaël dort devant la grotte pour reprendre les captures pour la fin de la nuit

Une belle nuit de capture pour cette grotte qui n’avait encore jamais été prospectée du point de vue des chiroptères. Après avoir laissé ma place vers une heure du matin, il est temps d’aller dormir quelques heures avant l’exploration spéléologique de la grotte. La nuit ne fut pas de tout repos avec quelques gouttes vers 2h du matin et une jolie averse vers 4h. Il a fallu monter un abri en vitesse pour les amis sans abri. J’ai réussi à percer mon matelas ultra light en voulant m’éloigner des gouttes, notre sol en dalle de granite n’est pas super confortable. C’est un peu la tête dans le cul que l’on retourne à la grotte pour l’exploration spéléologique au petit matin. Les filets sont déjà pliés par Anouk, tandis que Raphaël est sur le départ et ne nous accompagnera pas dans les tréfonds de la grotte.

Oriane et Benjamin au début de la grotte de marbre

L’entrée de la grotte est magistrale, en forme de « triangle ».

L’eau creuse un canyon de plus au plus profond dans le marbre au fil des millénaires

Après quelques mètres, on longe la rivière qui est responsable de la formation de ce canyon dans le marbre.

Les lignes claires et sombres sont typiques du processus de sédimentation à l’origine du marbre

Aux abords de cette petite rivière, nous trouvons par endroit du sable très fin, brillant de mille feux. Ce sont en fait des petites feuilles de micas, des minéraux brillants, qui donnent cet aspect pailleté. On ne le sait pas encore mais on en sera recouverts de la tête aux pieds quelques mètres plus loin lorsque l’on devra se faufiler dans les veines du marbre blanc. La grotte est splendide ! Il y a une superposition de lignes sombres et de lignes claires, expliquée par la sédimentation des crustacés marins lors de la formation du marbre. Lors de la métamorphisation du marbre, ces lignes ont été bien visibles. L’érosion de la rivière dans le marbre a taillé la roche comme une œuvre d’art.

arabesques créées avec le temps. Chaque goutte d’eau qui tombe participe au creusage du marbre nervuré

Ces lignes, à l’image des sillons dans le bois, donnent des formes très géométriques par endroit. Des petites cuvettes se sont formées avec le temps formant des patterns concentriques presque hypnotisants. Plus loin, la grotte devient moins belle avec passablement de boue recouvrant les parois. Le canyon devient aussi plus profond et périlleux. Les parois sont lisses avec peu de prises, il vaut mieux ne pas avoir le vertige car il n’y a pas besoin d’être docteur en physique pour connaître l’effet de la gravité du corps humain au fond de ce resserrement. Les plus téméraires, ou casse-cou je ne sais pas, continuent le chemin en opposition dans la faille. La progression continue ainsi quelques centaines de mètres entre canyon et boyaux serrés. Nous voilà de plus en plus les pieds dans l’eau, 5cm, 10cm et maintenant bientôt 20cm.

la baignoire à Hamster

Après toute cette progression, nous arrivons au Hamsterbadely, soit « la baignoire à Hamster ». La suite semble un peu plus humide car visiblement, il faut imiter le hamster en rampant dans 20cm d’eau pour pouvoir avancer. L’orage étant prévu pour 15h selon les radars de météo suisse, on décide de faire demi-tour ici pour éviter de devoir dégringoler en bas la drupe sous la roille (si vous n’avez pas compris cette phrase c’est que vous n’êtes pas valaisan). Le retour se fait en 4ème vitesse pour rejoindre les autres à la sortie de la grotte et au camp. On s’arrête tout de même en cours de route pour prendre quelques images. Une fois le camp plié, débâché, il est temps de descendre avec une météo de plus en plus menaçante. Pas évident de ne pas se fouler une cheville ou un genou dans cette pente instable et un sac faisant 40 % de mon poids. 600m plus bas, la tentation est trop forte, rien de mieux pour se rafraîchir et détendre les pieds que de plonger dans la rivière glacée ! Sur la route, un arrêt obligé avant que chacun reparte chez soi rêver du swarming des chauves-souris

De gauche à droite: Jolagaffe, Nicolas, Chab, Oriane, Lionel et Benjamin

Un grand merci pour votre lecture, j’espère que j’ai pu vous transmettre quelques détails croustillants sur cette grotte de marbre ainsi que ses habitants volants. Un grand merci à Anouk pour la mise en place et l’encadrement des captures ainsi que ta passion que tu as su nous partager ! Aussi un grand merci à Benjamin  pour l’organisation de ce weekend ! Merci aussi à Oriane pour la relecture et la reformulation de l'article. Au weekend prochain pour la suite des aventures spéléologique au Wildhorn!

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Weissmies 4023m & Lagginhorn 4010m

Voila 3 semaines qu'il pleut non-stop, un temps vraiment bizarre, tout est déréglé entre les 50° au Canada, >30° dans le cercle polaire et des inondations à n'en plus finir en Europe. Un dérèglement climatique qui nous bouleversera de plus en plus souvent à l'avenir. Les températures ont chuté par la même occasion permettant à la neige de tenir en altitude au dessus de 3200m. Une petite fenêtre de beau temps se profile discrètement le weekend, de quoi tenter une petite visite dans l'étage nivéal. Avec Stéphane, nous partons pour Saas-grund ou l'on se park de manière totalement légal. En faisant les sac, on se rend compte que l'on a pas les casseroles pour nos réchauds... On devra faire sans tout le weekend, un détour par le petit magasin "Folk" s'impose pour faire le plein de sandwich. J'empacte aussi 500grammes de viande séchée et jambon. Nous attaquons les 1800m de dénivelé de la plaine à l'emplacement du bivouac prévu. Nous remontons la vallée en longeant une rivière où nous passons à coté de plantes et de fleures, pour passer le temps, je raconte pleins d’anecdotes naturalistes sur les plantes. Après bien 2h30 de marche, nous passons devant la cabane du CAS d'où partirons les alpinistes le lendemain pour gravir le même sommet que nous. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voila au col avec le nom très recherché de "zwischenbergenpass". Là, on trouve 2m^2 plus ou moins plat pour y planter la tente. La météo n'est pas des plus accueillante avec pas mal de brouillard et pas de vue sur les sommets aux alentours. Pas de quoi sortir l'appareil mais le lendemain, après le réveil à 4h, la vue semble dégagée. En pliant la tente, on remarque que les premiers alpinistes ont déjà quitté la cabane. Un petit défilé de lampe frontale se dirige vers nous comme un petit train. train de frontale Les premiers du train ont un rythme bien soutenu et nous rattrapent dans la montée pendant que l'on prend quelques images des premières couleurs rosées teintant le ciel Notre montées est stoppée à la fin du névé par le début de l'arrête. Ici, la progression se corse car s'il y a trop de neige, il ne sera pas possible d'arriver au sommet. Après discutions avec le guide et son client qui nous a dépassé, il s'avère que la montée est faisable (selon ses dire, il a plus de 400x cette arrête au compteur). On s'équipe des crampons et de notre piolet. On s'encorde pour s'assurer dans les passages délicats. Tout cela pendant que le soleil pointe le bout de ses rayons à l'horizon. L'ambiance devient magique dans la montée entre les premiers rayons léchant l'arrête et cette ambiance brumeuse. Au loin, on distingue même le lac majeur et peut être même Milan? Les sommets alentours rougissent aussi. A peine le soleil commence à réchauffer la neige que le brouillard nous roule dessus. On ne voit plus 10m devant nous, impossible de savoir s'il nous arrivons bientôt au sommet. Mais une fois l'altitude de 4023m atteinte, nous sommes au sommet. Quelques instants de calme pour profiter des rafales de vent et du brouillard avant que les premières cordées nous rejoignent sur le sommet Le soleil devient violent et la neige commence à tourner. Je commence à regretter d'avoir oublié mes lunettes de soleil catégorie 4 sur la table du bureau... Puis le brouillard commence à ce dissiper formant un halo arc-en-ciel circulaire (spectre de broken) dans notre dos La redescente se fait par le glacier, la montée classique à travers les séracs. La plupart des gens montent par cette voie, elle ressemble à une autoroute. Après avoir mangé un plat de rösti au restaurant de la station de HochSaas, on installe le camp de base pour le Lagginhorn. Le camp est installé juste avant le glacier du Lagginhorn, fatigué, on décide de faire une petite sieste dans la tente. Le soleil tapant sur la tente, la température devient rapidement insupportable. Sur le thermomètre de Stéphane, on arrive en butée de l'échelle soit plus de 50°C! Pas le choix pour la survie de la toile de tente ultra light d'enlever le toit. On demande aux alpinistes redescendant du Lagginhorn passant devant la tente quelques précisions sur les conditions pour la montée. Visiblement, pas de grosse difficulté en vue. L'un d'entre eux me reconnait, il s’agit d'un ancien collègue aillant fait l'apprentissage 1an plus tôt que moi dans la même entreprise. Quel plaisir de refaire connaissance après 6ans et de reparler un peu en dialecte haut valaisan. Notre sieste est interrompue par 5-6 rotations d'un hélicoptère de air Zermatt sur l'arrête droite du Lagginhorn. Quesqui se passe? il me semble voir quelque chose de suspendu sous l’hélico, bizarre... On en revient pas, il est passé 16h et il y a encore du monde qui redescend du sommet. Avec cette chaleur et la neige, c'est presque insensé. Une cordée de Belge arrive même après 17h à bout de force. Ils s'arrêtent et on discute deux mots. Ils sont monté au sommet du Lagginhorn par l'arrête Sud cotée AD-. Ils leur à fallut 10h pour faire la route qu'ils qualifie d'arrête AD- la plus difficile du monde surement dû aux conditions de neige. Ils ont dépassés une cordée de 6 alpiniste faisant aussi cette arrête mais qui ne sont pas arrivé au bout. Ce sont ces 6 alpinistes qui ont été rapatrié par l'hélicoptère entendu plus tôt. Ils nous rassurent cependant en disant que l'arrête que nous allons monter demain est l'arrête PD la plus facile du monde :) Au fond du bac, les deux belges s'en vont bivouaquer à coté des remontées mécaniques qui sont maintenant arrêtées de part l'heure tardive... La seconde nuit est bien moins fraîche que la première, le lever comme pour le Weissmies est réglé à 4h du matin. En me levant, je remarque quelques reste de nuage noctulescent. Le Lagginhorn derrière la tente est bien dégagée et les conditions pour l’ascension semblent optimales. En face, on voit les alpinistes de la Mischabelhütte en pleine progression pour gravir la face enneigée de la Lenzspitze Après avoir plié la tente et caché toutes les affaires de bivouac sous un caillou, ont attaque la montée. On voit plus bas les premiers alpinistes sur l'arrête du Lagginhorn, cette-fois-ci, nous nous ferons pas rattrapé :) Une fois sur l'arrête, le ciel prend feu. Au loin, la plus belle montagne du monde, le Bietschhorn ressort fièrement Le Weisshorn et le Bishorn sont en feu! Mais il nous reste encore un sacré dénivelé dans les pierriers pour attendre le sommet La progression se fait sans trop de soucis. Un bon pied montagnard permet d'atteindre le sommet sans trop de problème. Par sécurité, on a tout de même notre baudrier sur nous mais la corde restera dans le sac pour toute la montée. Part moment, on aperçois le Weissmies que nous avons fait la veille sortir des nuages. Au sommet, la vue est superbe, de là, nous voyons tous les 4000m déjà gravit, de quoi réviser sa géographie. Notre ombre (enfin, plutôt celle du Lagginhorn) est bien visible dans la plaine de Saas On se dépêche de redescendre du sommet pour éviter de me brûler trop les yeux sans mes lunettes de soleil... On repasse à notre caillou récupérer tout le matériel du camp de base puis nous redescendant jusqu'à la station intermédiaire de ski pour louer des trottinettes. La descente jusqu’à la plaine sera plus agréable avec la trottinette qu'a pied sur le goudron de la route avec nos sacs de 15kg. Le challenge de relier tous les 4000 de Suisse sans moyen de locomotion motorisé autorise l'utilisation de trottinette! Merci encore de suivre notre aventure et à bientôt pour un prochain 4000!  
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Marais de glace

Bientôt 25ans que j’arpente les combes, les vallées et les sommets alpins. Pourtant, je n’en ai toujours pas fait le tour, c’est bien une chose que le COVID m’aura appris. D’incroyables paysages, recoins et atmosphères restent à découvrir à deux pas de chez moi. En prévision d’une sortie voie lactée avec des amis français, nous partons avec Loic en repérage au fin fond d’une vallée que je n’ai jamais pris la peine d’explorer. Le temps est très incertain mais nous passons à travers les goutes en esquivant de justesse les averses. Je m’entraine comme apprenti accompagnateur en moyenne montagne en expliquant l’origine des roches et pleins d’anecdotes sur les plantes que nous croisons sur le chemin. Après de bonnes heures de marche, nous arrivons enfin à l’endroit repéré. Les nuages sont bien bas et il est difficile de distinguer les sommets. Quelques gouttes tombent par-ci par-là, on enfile les imperméables et on commence à explorer le marais. Par endroit, quelques paternes intéressants guident le regard vers les sommets perçant par intermittence entre deux vagues de brouillard. Dans la rivière, le sable fin broyé par le glacier forme des dunes miniatures. C’est ce limon en suspension dans l’eau qui donne cette couleur si typique aux lacs des glaciers. Avant de revenir sur nos pas car la nuit approche, on décide de faire le tour du marais. Il s’avère que par endroit le rivage est constitué de bras morts du glacier. Nous restons vigilants pour ne pas déraper dans les zones ou la glace est apparente. Puis au bout du marais, nous traversons la langue principale du glacier. Avec ce jour blanc couvert et la nuit approchante, le bleu de la glace ressort et nous fait voyager. On se croirait dans les plaines glacées de Patagonie à petite échelle.   Les rochers profitent du glacier pour voyager tranquillement vers le bas de la vallée avec le mouvement de glisse. On profite pour repérer toutes les entrailles du glacier pour trouver une grotte de glace. Malheureusement, deux belles possibilités de grottes se sont soit récemment écroulées ou pas encore ouvertes.   Mais en cherchant bien, on en trouve une. Une petite fissure ne payant pas de mine. Difficile d’accès car un torrent coule juste en dessous, il n’y a pas beaucoup de place pour marcher. Il faut le pied sûr pour ne pas se trouver bloquer dans la fissure créée par l’eau. Plus on s’enfonce dans la grotte et plus celle-ci s’élargi. Avec la lumière tamisée, les couleurs sont splendides.   Mais la nuit se fait de plus en plus sentir, il nous reste encore pas moins de 12km à marcher. On se dépêche, on sort de la grotte et nous finissons la traversée du marais glaciaire. Sur le retour, un bras mort du glacier forme comme une vague au-dessus d’une petite flaque. L’ambiance est irréelle, on se croirait vraiment dans un autre monde. Le brouillard mystifie l’atmosphère. Le reste du chemin se fera à la lampe frontale. Avec la nuit, il n’est plus possible de raconter des histoires de plantes et de cailloux, le retour semble bien plus long. Mais quel bonheur de trouver un petit bar encore ouvert malgré l’heure tardive de notre retour (ou plus tôt notre arrivée de bonne heure (00:30)…) Une superbe découverte et une belle marche en bonne compagnie !
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Sigma 105mm f2.8 art macro

Sigma bouscule un peu le monde de la macro dans la gamme sony E. Jusque-là, l’excellent Sony 90mm f2.8 était la référence en macro. Sigma a rapidement mis sur le marché le petit 70mm macro déjà pu tester. Cependant, 70mm reste court pour de la photographie d’insecte qui peuvent être intimidé par la proximité. Quelques marques tierces sortent des 100mm dont Firin et Laowa mais Sigma met tout le monde d’accord en remettant au gout du jour le 105mm macro sigma f2.8. Le Sigma est 40% moins cher que le Sony ce qui le rend particulièrement intéressent. La construction du Sony est plus métal et avec une meilleure finition que le Sigma. Le Sigma n’est pas non plus stabilisé ce qui ne facilite pas la prise de vue à fort grossissement ou le moindre mouvement est fortement amplifié il faudra opter pour des vitesses d’obturation relativement rapide (>1/150ème). Un autre point manquant un peu dommage sur le Sigma est l’absence d’échelle de mise au point et de distance. On ne sait pas à quel rapport de grossissement on se trouve en manuel ce qui est assez perturbant surtout sans butée sur la bague de mise au point. Comme pour le reste de la gamme ART, on a une bonne tropicalisation avec un joint au niveau de la monture. Une bague de diaphragme se trouve sur le fût. L’objectif est compact, léger et donc bien maniable. On dit souvent que la macro se fait en manuel mais sur ce boitier, l’AF est rapide et silencieux ce qui permet d’utiliser l’AF sur le terrain même pour des prises de vue rapprochée. Il y a un sélecteur permettant de limiter la plage AF (car ce n’est plus possible directement via le boitier de limiter la plage de mise au point depuis le passage en monture E). En limitant la mise au point pour les prises macro, l’AF est très efficace et permet par exemple de compenser l’effet du vent dans les feuilles faisant bouger le sujet. Ça permet aussi de suivre un insecte en mouvement sans trop de problème. La mise au point en manuelle reste cependant obligatoire pour des prises de vues spécifique comme le focus stacking car cette option n’est toujours pas automatisée dans les boitiers Sony. Le zoom à 100% dans le viseur permet vraiment une mise au point au petit oignon. Le piqué de l’optique à fort grossissement est absolument exceptionnel. J’ai rarement vu un tel rendu des détails fins. Lorsque l’image est net, en crop 100%, les détails sont au rendez-vous. (tous les crop 100% ne sont pas traité ni accentué) Le bokeh est aussi très doux, ici quelques exemples d’images en fermant progressivement le diaphragme.

f2.8

f4 f5.6 f8 f11 f16

Lors de mon utilisation, je n’ai pas rencontré d’AC ni de flaire malgré quelques images en fort contrejour.

  Conclusion Bref, une superbe qualité optique en tout point de vue. Pour moi cette optique a un excellent rapport qualité prix. Certes la stab apporte un confort supplémentaire et la bague de map sans marquage est un peu perturbant sur un macro mais la qualité optique et l’AF compense. Exemples d'images

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/125s, 160iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f5, 1/125s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f6.3, 1/60s, 400iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f5.6, 1/60s, 200iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/400s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/320s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f3.2, 1/250s, 800iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f3.5, 13s, 800iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/500s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/2000s, 100iso

Sigma 105mm art macro, Sony a7rIII, f2.8, 1/500s, 100iso

Synthèse + bonne distance de travail au rapport 1:1 pour des insectes craintifs + piqué excellent, crop 100% bluffant + flare et AC inexistant + prix doux par rapport au Sony + limiteur de plage de mise au point pratique + AF fonctionnel même à fort grossissement. Permet de photographier avec du vent. - Pas de stabilisation - Pas de marquage sur la bague de map, pas d’indication de grossissement
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Le danseur alpin, le tétras lyre

Le tétras lyre est une espèce qui me fascine depuis toujours. Petit en allant « jumeler » avec mon père au printemps, j’ai découvert leur danse et leur chant. Un spectacle dont la beauté reste gravée dans ma mémoire. Cela fait maintenant plus de 10 ans que je retourne les voir régulièrement. C’est devenu un pèlerinage, chaque année en mai, je reprends la route de la clairière. Raquettes aux pieds, je monte en début d’après-midi au sommet de la forêt. Plus de 500m de dénivelé à chaque fois pour être coupé du monde, seul avec les petits coqs. https://youtu.be/yjc03UfK-go J’installe l’affut en début d’après-midi et passe la nuit caché dans la tente pour avoir le moins d’impact possible sur le ballet des tétras. Les tétras lyre sont très vulnérables au printemps et pendant tout l’hiver. Leur nourriture favorite, les myrtilles et autres insectes ne sont plus à portée de bec. Ils se nourrissent quasiment exclusivement d’épine de sapin ou d’arole. Ce régime alimentaire très peu calorique les rend très vulnérables, chaque dépense énergétique risque de leur être fatale. Des zones de tranquillité sont mises en place dans de nombreuses forêts alpines pour diminuer le dérangement de l’espèce par les activités hivernales comme les raquettes ou le ski de randonnée. Ses zones sont généralement balisées ou sont aussi indiquées sur les cartes hivernales. Malheureusement, parfois leur tranquillité n’est pas respectée et un dérangement suffit pour achever un individu déjà extenué. C’est pourquoi, il est primordial de prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas les déranger. En installant l’affut en début d’après-midi, les tétras sont encore en forêt. Le soir venu, ils remontent vers la place de chant pour défendre leur parcelle de terre. Je passe la nuit en affut car les mâles viennent sur la place de chant dès l’aube. Il faut aussi savoir que les femelles bien plus discrètes sont sur place presque une heure avant les mâles. Au petit matin, le gargouillis des mâles sur la place de chant me tire du sommeil. J’entends les tétras se déplacer autour de l’affut et même quelques prises de bec. Je guigne à travers les fenêtres, malgré l’obscurité, je peux distinguer quelques silhouettes se découper comme des ombres chinoises dans la neige. Il est encore trop tôt pour faire des images mais le spectacle est un régal pour les oreilles. La nuit se retire peu à peu révélant la danse des tétras. Leur petit saut, leur vol plané, leur course poursuite et leurs coups de bec pour défendre leur territoire, quel spectacle ! Tout ça pour attirer l’attention des femelles qui observent la scène. Si une femelle s’approche, l’activité sur la place de chant redouble d’intensité et des plumes peuvent voler ! Puis le soleil fait son apparition et l’activité sur la place de chant se fait plus calme. Les tétras les plus téméraires continuent à parader mais d’autre s’en vont dans les mélèzes pour picorer les tendres bourgeons fraîchement éclos, du pain bénis après s’être nourrit exclusivement d’épines de sapin pendant des mois.   Ici un petit album compilant des images sur plus de 10ans http://apvl.ch/tetras/
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Tourbière

20% de la population est vaccinée, les restrictions covid s’assouplissent partout, les restaurants rouvrent. Il est temps de retourner voir mon ami Benjamin que je n’ai plus revu depuis une éternité. Il lui faut une petite coupure, cela fait des mois qu’il a la tête dans le guidon pour l’organisation de son exposition Imag’en Ville. Cap sur Dijon pour le weekend. Je profite du trajet pour acquérir un écran Eizo d’occasion spécialisé pour la retouche graphique. Lors du passage à la frontière, la douane Française me demande de me mettre de côté pour un contrôle. Après quelques questions liées aux restrictions sanitaires, elle me demande de montrer le carton de l’écran. J’avais deux solutions, soit payer la TVA pour l’écran que j’allais ramener en Suisse le lendemain soit faire demi-tour. Je repars en Suisse déposer l’écran le temps du weekend chez une connaissance et je peux enfin rejoindre Benjamin sur Dijon quelques heures plus tard. Le temps est maussade, des averses s’abattent régulièrement : pas très motivant pour rejoindre l’affût à blaireau. N’ayant jamais rencontré de salamandres tachetées, je lui propose d’aller à leur recherche. La météo semble parfaite pour les batraciens mais la période de ponte à la mare est terminée depuis bien un mois. Un peu pris au dépourvu, on s’équipe en vitesse puis nous parcourons les forêts à la recherche de la salamandre de feu. La forêt humide est superbe avec de la mousse recouvrant les arbres et les roches. Malheureusement, pas de tache orange à l’horizon. Il y a bien quelques têtards dans un ancien lavoir mais rien à photographier… Il y a quelques escargots et limaces qui profitent de l’humidité. L’exposition que Ben prépare se veut didactique et prétend montrer la faune et la flore que l’on peut trouver dans la région de Bourgogne. On se dit que plutôt que de se tourner les pouces en attendant la nuit que les salamandres pointent le bout de leur nez humide, on peut photographier des escargots de Bourgogne pour l’expo. Pas évident de mettre en valeur ces gastéropodes mais l'endroit est magique avec ces mousses.     Il nous faudra rentrer avant la tombée de la nuit car en France, le couvre-feu est appliqué après 21h. Le lendemain, après avoir enlevé deux tiques de ma fesse droite, nous prenons la route vers la tourbière de Frasne. Sur le trajet, Fred, un ami de Ben professeur de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) nous rejoint. J’ai droit à l’histoire passionnante des traces laissées par les dernières glaciations comme des moraines contenant des matériaux calcaires (Würm - deux calottes, une sur les Alpes, une sur le Jura) ou du calcaire et du granite (Riess - avant-dernière glaciation encore plus forte où il n’y avait qu’une seule calotte glaciaire, couvrant les Alpes et le Jura et donc certaines langues allaient jusqu’à Lyon) Nous voilà au parking de la tourbière. Après avoir tiré le portrait d'un petit papillon, on enfile les chaussures et on commence le parcours fléché. Une tourbière est créée lors du retrait des glaciers. Le glacier, lors de son avancée, broie les roches les transformant en farine glaciaire (aussi appelé loess). Cette farine est étanche comme de l’argile et peut créer des lacs lors du retrait du glacier. Dans ces lacs, la vie se développe mais avec le temps, une mousse aquatique, la sphaigne prend le dessus. Cette plante a une partie morte dessous et une partie vivante émergée. Au fil du temps, la partie morte va peu à peu remplir le lac. Des milliers d'années plus tard, il ne reste plus que de la sphaigne morte qui est transformée en tourbe qui peut être extraite, séchée et utilisée comme combustible.

Trou creusé pour extraire la tourbe

Brique de tourbe en cours de séchage: lanterne

Il y a plusieurs stades de vie dans une tourbière. Elle est dite vivante lorsqu’elle est encore en formation. A ce stade, elle peut être dangereuse car sous la couche de sphaigne se cache de l’eau. En marchant à sa surface, il est possible de traverser la couche de sphaigne et d’être pris au piège. L’eau dans les tourbières est très acide à cause du métabolisme de la sphaigne. Elle appauvrit les terres afin de les rendre inhabitables pour les autres plantes. La plupart de la faune et de la flore ne peuvent plus s’installer dans un milieu aussi hostile. Seules des plantes ultra spécialisées peuvent s’y adapter. La mission du jour est justement de trouver une de ces plantes typiques des milieux pauvres et acides, la drosera. C’est une plante carnivore qui a la particularité d’avoir des petites excroissances rouges sur ses feuilles vertes sécrétant une sorte de glue.   Si un petit insecte a le malheur de confondre cette mixture visqueuse avec des gouttelettes de rosée, il sera pris au piège emplâtré des pattes aux ailes. Il sera ensuite lentement digéré pour apporter l’azote nécessaire à la synthèse des protéines pour la croissance de la drosera. Contrairement à d’autres types de plantes carnivores, seul l’azote absent des sols pauvre est capté de cette manière. Le CO2, comme pour les autres plantes, est extrait de l’air via le processus de photosynthèse. C’est pourquoi les feuilles de la drosera sont vertes grace à à chlorophylle permettant la captation du gaz.   Ces plantes carnivores ne sont vraiment pas évidentes à trouver dans la tourbière. On pourrait presque reformuler la célèbre expression en « c’est comme trouver une drosera dans une tourbière de sphaigne ». L’œil expérimenté de Fred repère une nuance de couleurs rosée trahissant les droseras au milieu des mousses vertes. Malheureusement, elles sont trop loin du chemin pour photographier les détails de la plante. On en trouvera cependant quelques-unes plus proches du chemin dans la zone non exploitée de la tourbière quelques kilomètres plus loin. La plante est vraiment minuscule, les feuilles font en moyenne 8mm de large et elles sont hautes d’à peine quelques centimètres La plante n’est pas aussi impressionnante que ce que l’on pourrait s'imaginer lorsque l’on parle de plante carnivore. Mais elles sont très étonnantes et pleines de subtilités. On peut se plonger dans ce monde miniature à l’aide d’un objectif photo macro et découvrir un univers que nous ne soupçonnons même pas au quotidien, un monde où le danger est omniprésent. Sur la boucle du retour, on s’attarde dans un petit champ de narcisses. La lumière n’est pas optimale pour de belles images mais je décide de faire quelques portraits de « cœur » de la fleur. Je m’étonne de la diversité entre chaque individu. Certaines ont des étamines énormes (appareil reproducteur mâle) mais pas de stigmate visible (appareil reproducteur femelle) alors que sur d'autres plantes, le stigmate est visible et sort passablement de la fleur. Fred émet une hypothèse concernant une stratégie pour éviter une auto pollinisation. Ainsi, en fonction de l’avancée de la floraison, un appareil reproducteur ou l’autre est plus mis en évidence pour minimiser les interactions internes à la fleur et optimiser la prise ou dépose de pollen par les insectes. C’est assez incroyable cette capacité d’adaptation de la flore autant avec la drosera dans les milieux pauvres ou les stratégies de reproduction des narcisses. Merci à Fred pour m’avoir fait découvrir ces particularités, la nature me surprendra toujours !
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