Népal: ABC

173km, 14'700m+ et 3 fois à plus de 4000m

C’est quasiment sur un coup de tête que la décision de partir pour le Népal a été prise. Un ami photographe, Hervé, m’en avait parlé au détour d’une conversation une année auparavant.

Image du Hohneck dans la brume avant le grand départ

Son voisin d’origine Népalaise organise chaque année une sortie au pays avec les membres de sa famille comme guide et porteur. N’étant jamais allé en Asie, ce fut l’occasion unique de sortir de ma zone de confort pour partir sur l’est. Voir de mes yeux s’il y a une différence notable entre un 8000 et un 4000 de nos Alpes. Dans l’optique d’y retourner de manière plus improvisée j’ai décidé de porter l’ensemble de mon matériel tout au long du trek soit un sac d’environ 16kg.

Matériel de trek: 16kg le sac

Après 6h de vol et 6h d’attente à Istanbul, nous voilà arrivés à Katmandou, la capitale du Népal. Quel choc pour moi, un style de vie tellement différent. Des boucheries et poissonneries à ciel ouvert sans réfrigération, la vaisselle et la lessive se font dans la rue avec de l’eau jaunâtre, la conduite y est chaotique avec des dépassements à coups de klaxon par la gauche ou la droite.

Vue sur Katmandou

Swayambhunath

Nous visitons les alentours ainsi que quelques temples notamment le Swayambhunath temple connu pour sa forte densité de singes. Les pèlerins font des offrandes pour le plus grand plaisir des pigeons, des chiens ou comme sur cette image, des singes : C’est aussi l’occasion de tester quelques spécialités culinaires notamment les classiques Mo-Mo et Dal-bat. Je n’ai personnellement jamais aussi bien mangé qu’au Népal. Des produits très frais (pas de frigo) et avec beaucoup de saveurs à condition de demander « no spicy »

Mo-Mo cuit à la vapeur dans des casseroles à étages typique

Après quelques jours dans la capitale et la visite de quelques autres temples, nous décollons pour Pokhara, la deuxième plus grande ville qui sera notre départ pour le trek. Après 2h de bus un peu chaotique, nous arrivons à Pédi, notre point de départ. Une petite cascade me tape dans l’oeil et me fait rebrousser chemin.  Cette lumière dure qui m’a un peu frustré avec la cascade ne sera que de courte durée. Après 1h de marche, un bel orage se prépare. Une pluie s’abat sur nous comme je n’en ai jamais vécu. Absolument pas préparé, en short, nous sommes trempés en un instant. Nous voila à notre premier arrêt dans un guest house de luxe. On essore et accroche nos affaires pour les faire sécher mais ce sera vain car l’humidité est telle que rien ne sèche sans rayon de soleil. L’humidité a du bon, on trouve 2-3 crapauds sur la terrasse. J’ai toujours l’image de Matthieu en tête, je demande à Tirtha de tenir la lampe frontale pendant que je prends des images couché dans le terrain humide devant les yeux ébahis du groupe :) Le lendemain l’air ambiant est encore très humide, une légère pluie et du brouillard nous accompagnent toute la journée (et toute la première semaine). Aucun des habits accrochés la veille n’aura pu sécher. Malgré cette brume quelques oiseaux se montrent tout de même. Une belle surprise avec un aigle transperçant au loin le brouillard. La suite de la journée se fera dans la brume. C’est à ce moment que nous faisons connaissance de nos plus fidèles amies : les sangsues. Il y en a partout. Surprenant au début, voir même un peu de panique mais après les 10-15 premières on commence à s’habituer. Elles vont vite faire partie de notre périple. Auscultation régulière des chaussures et des mollets avec des chaussettes très vites teintées de rouge. A chaque pose on se croirait sur un champ de bataille avec tout le sang versé par les sangsues sauvagement écrasées sous des pierres. Pas d’inquiétude pour les âmes sensibles, je ne partagerai pas d’images de guerre. Plutôt un petit bébé local dans son berceau.   Les km s’enchaînent, au troisième jour du trek, nous pouvons apercevoir au petit matin la chaîne de montagnes qui nous intéresse, l'Annapurna south (7219m) et le Hiunchuli (6441m) Je profite de ce réveil matinal pour photographier quelques oiseaux locaux. Je dois encore rechercher leurs petits noms. Le trek continue, on doit changer de côté de la vallée. Toute cette montée pour redescendre maintenant… Heureusement, de belles cascades se présentent à nous en plus des sangsues La traversée se fait avec ces ponts suspendus protégés par les drapeaux népalais   En récompense, nous profitons de quelques minutes plongés dans les sources d’eau chaude. Les marches s’enchaînent encore et encore jusqu’à n’en plus pouvoir, le brouillard arrive et la pluie en remet une couche. On en désespère presque. Une percée se prépare et on aperçoit au loin un petit village qui semble flotter dans les nuages. La nuit, le ciel se dégage quelque peu nous permettant de voir la montagne queue de poisson : le Machapuchare (6993m) Sur la route, un bruit retient mon attention, deux lézards semblent s’attaquer, un noir et un brun. Le brun prend la fuite, je me mets à photographier le noir Ha tiens, la lumière lui donne des reflets verts Est-ce que je deviens fou ? Voilà qu’il est totalement vert.

Japalura Variegata

Je regarde mes images et effectivement, il a changé de couleur en moins de 10 minutes. Incroyable ce que la nature peut nous réserver ! Au Népal tout est étiré en hauteur. Si l’on compare aux Alpes, les sommets au Népal sont étirés de 4000m à 8000m. La limite de la forêt est elle aussi étirée, dans les Alpes à partir de 1800m les arbres se font rares. Au Népal, nous voici à plus de 3000m et nous sommes encore en pleine jungle ! Cette brume donne vraiment une ambiance particulière à la rain forest (qui porte bien son nom…). Voilà qu’une sublime fougère attire mon regard. Je nettoie un peu les débris environnant pour bien la mettre en évidence.   Nous voila arrivés à 2 étapes avant le sommet. Nous sommes dans un trou, avec de la pluie et aucune vue sur les montagnes. Le groupe commence peu à peu à déprimer avec ce temps et décide de faire une grasse matinée jusqu’à 8h. Pfff que c’est chiant. Pour ma part, je pense prendre un peu d’avance en me levant plus tôt pour explorer les environs. J’avais dans l’idée d’aller à la prochaine étape en avance pour photographier le lever du jour et être de retour avec les autres au petit matin. Il est 3h, le réveil sonne. Je monte 1000m pour arriver au Machapuchere Base Camp (MBC). Il fait encore bien sombre mais je suis hors du brouillard. Je regarde les montagnes aux alentours, trouve une composition et essaie une image. Puis une deuxième composition… Je me rends à l’évidence, c’est aussi moche… Il me reste encore 1h avant le lever du jour, que faire sachant que je dois être à 8h 1000m plus bas. Oui, vous l’avez vu venir, je m’élance pour le sommet, l’Annapurna Base Camp à 4130m de hauteur.

ABC 4130m

Après 2h30 de marche et presque 1600m me voilà arrivé à destination juste avant le lever du jour. Les sommets sont légèrement rosés et la vue est magnifique sur 360°. Ici l'Anapurna I (8091m) et son glacier. Je ne regrette pas du tout mon réveil matinal et cette longue ascension. Voilà qu’une trouée se forme laissant apercevoir l’Annapurna South (7219m) avec la lune en train de se coucher Je regarde le camp de base de l’Annapurna (4130m) et estime mon temps de descente… Je me fixe comme dernier délai 6h45 pour repartir. 6h45 arrivent, la lumière est encore belle mais je dois redescendre à toute allure pour rejoindre le reste du groupe. Sur la descente je rencontre la mer de brouillard qui remonte. Me revoilà replongé dans le brouillard et la pluie. Je rejoins les autres à 8h10, le guide me saute dans les bras mort de peur en me demandant où j’étais passé. Ma réponse : « par là autour, pourquoi ? J’ai seulement 10min de retard, il ne faut pas paniquer ». (Mon genou m’a fait bien mal sur les derniers kilomètres)

On prend le petit déjeuner et on commence la montée (ou plutôt on recommence…). Le trajet se fait sous la pluie pour changer et nous revoilà au MBC. Les étapes sont prévues assez larges car nous arrivons à une altitude qui peut commencer à poser des problèmes. Je me sens pourtant tout frais à 3700m, je profite de l’après-midi libre pour remonter une seconde fois au ABC à 4130m. De là, la vue sur la mer de brouillard est imprenable.

Annapurna III (7555m) & Machapuchare (6993m)

J’espère un coucher de soleil. Malheureusement le temps n’en a pas voulu ainsi. La mer de brouillard remonte avec son lot de pluie. Je retourne au MBC rejoindre les autres en train de souper. Cette fois je ne peux plus mentir pour les rassurer, c’est grillé, tout le monde sait que je suis déjà monté par deux fois au sommet. (A partir de maintenant j’ai interdiction de partir non accompagné)

Le lendemain c’est le jour officiel du sommet. Tout le groupe se prépare et se met en marche à 4h30 pour profiter du lever du soleil. Voulant profiter aussi des étoiles, mon réveil est fixé à 4h00. Avec mon garde du corps, nous partons avant le reste du groupe. Lakpa marche drôlement vite, (sûrement pour me montrer que les Népalais ça ne rigole pas) Je me prends au jeu et le colle aux baskets. Nous montons sans lampe frontale en doublant à vive allure les autres randonneurs partis encore plus tôt. Nous voilà sur le dernier plateau à 4000m, bientôt le sommet. Je sens que Lakpa baisse un peu le régime, je passe devant et on repart de plus belle. Nous voila à 4130m en un temps record, 45min pour les 2h annoncées.

Annapurna I (8091m)

Le jour se lève mais le ciel ne prend pas feu, trop bouché malheureusement. Je trouve une banderole de prière népalaise à coté d’un caillou, je la mets un peu plus en évidence sur un rocher devant l’Annapurna Le reste du groupe arrive, il est temps de célébrer l’ascension avec un petit rituel népalais avec de l’encens et des chants ainsi qu’une petite bouteille de Crémant d’Alsace Toute bonne chose ayant une fin, nous voilà sur le chemin du retour. Le temps a l’air de devenir plus sec, les oiseaux commencent à sortir Même les insectes se mettent à virevolter Sur la descente on croise aussi les célèbres nids d’abeilles sauvages dont le miel rend fou Quelques jours plus tard, nous voilà à Gandruk, la plus grande ville de la région. Une route arrive à 500m de là, ça fait bizarre d’entendre à nouveau des bruits de voitures après 12 jours de calme. On retrouve des chambres un peu plus luxueuses (c’est à dire un lit pas trop humide). Le soir arrive et la vue semble prometteuse, peut être mon premier coucher de soleil après deux semaines de voyage au Népal ? Le soleil descend et les nuages arrivent, je sens le coucher de soleil nous échapper, toute la partie gauche de la vallée est maintenant bouchée. Au dernier moment, on arrive tout de même à photographier l’Annapurna south (7219m) et le Hiunchuli (6441m) avec les presque derniers rayons de soleil avant que les nuages ne les bloquent.

Je ne baisse pas les bras car la chaîne des Annapurna est orientée plein nord. Si le ciel se dégage pendant la nuit, c’est l’occasion rêvée pour faire une circumpolaire. Le réveil est réglé pour sonner à 23h, 1h et 3h. Ce sera le réveil de 3h qui sera fructueux car j’aperçois un bout de ciel clair. Je prends le risque, j’installe l’appareil devant la maison et commence un timelaps en espérant avoir quelques minutes de temps clair. Confortablement installé dans un fauteuil sur la terrasse avec la couette, j’attends que la nuit passe. Au final il y aura 30min de ciel exploitable donnant ce résultat

Annapurna South 7219m, Hiunchuli 6441m, Gangapurna 7455m, Annapurna III 7555m et Machapuchare 6993m

Le jour se lève et Hervé me rejoint. Le lever de soleil donne de magnifiques couleurs dans notre dos et légèrement sur le Machapuchare Il nous faut maintenant tourner le dos à la chaîne de montagnes qui nous aura accompagnés des kilomètres durant pour changer de vallée. On m’annonce que c’est le dernier moment pour apercevoir les Langurs, une espèce de singe blanc sauvage. Je les cherche sans cesse depuis le début sans en voir. Je demande aux locaux venant en contre sens s’ils n’en auraient pas aperçu. L’un d’entre eux me dit en avoir vu bien, bien plus haut. Il ne m’en fallait pas plus pour me motiver. Me voilà au pas de course bien trop loin à la recherche de ces primates. Je crapahute les chemins à travers les jungles de rhododendrons à la recherche d’un quelconque mouvement dans les arbres. Rien de rien, plus haut m’a-t-il dit, combien plus haut ? Bien 2h de marche plus tard, les voilà, un éclair blanc saute d’un arbre à l’autre ! En voila 2, non 4, 6 ! Une famille, plus d’une dizaine. Je suis en plein rêve, je les vois enfin. Malheureusement ils ne sont pas au bord du chemin et semblent doucement s’éloigner. Que faire ? Si je m’enfonce dans la jungle et m’arrive malheur entre les racines glissantes et c’est aussi une zone à ours. Si le groupe passe sur le chemin et continue la route sans me voir ? Je décide de marquer mon passage en laissant mes bâtons, mes lunettes ainsi que ma casquette au bord du chemin. Je pars à la rencontre des fameux langures J’entends un groupe s’approcher, est-ce le mien ? Non, ils parlent en anglais. J’écoute et j’entends l’un d’entre eux dire : « take it, take it ! » J’élève un peu la voix et leur fait remarquer que les affaires au bord du chemin m’appartiennent… Finalement mon groupe arrive bel et bien et remarque mes affaires. Je remonte sur le chemin avec bien 2kg de sangsues aux jambes. Nous voilà repartis pour la dernière étape du voyage, Poon hill. Poon hill est un lieu bien connu pour avoir un panorama sur les Annapurna ainsi que sur d’autres 8000m comme le Dhaulagiri avec ses 8167m. Comme à son habitude, le temps s’annonce un peu mitigé, je suis donc seul à prendre le chemin vers Poon hill au petit matin. Arrivé bien avant le lever du jour, je ne suis pas seul, une dizaine de personnes sont déjà présentes. En même temps que la nuit nous quitte, les nuages laissent un peu plus de place aux montagnes. Au téléobjectif, j’isole quelques scènes intéressantes au loin.

Les piliers de la création

Les derniers résidus de brume lèchent les flancs de colline avant de disparaître

Les montagnes tentent de se frayer un chemin à travers les nuages

Nilgiri South (6839m)

Le soleil tente de traverser l’épaisse couche de nuage

Il y a de plus en plus d’agitation autour de moi. Je quitte l’appareil photo des yeux et je découvre que nous devons être plus de 200 personnes au sommet de cette petite colline. Je n’ose même pas imaginer le monde qu’il doit y avoir ici en haute saison lorsque les prévisions météo sont optimistes… Je me fraye un chemin dans la foule et m’enfuis de cet endroit pour aller déjeuner avec les autres.

De gauche à droite: Nilgiri South 6839m, Nilgiri E 6706m, Annapurna I 8091m (dans les nuages), Annapurna South 7219m, Hiunchuli 6441m

Le trek touche à sa fin, nous voilà redescendus sur Pokhara. Quelques jours en ville à profiter des restaurants locaux ainsi que de la vue sur le lac. Le retour vers la capitale ne se fera pas en avion mais en bus local. 210Km à faire, cela ne semble pas la mer à boire mais avec les routes et la conduite népalaise, il nous faudra plus de 13h de route pour arriver à destination dont 8h de bouchons… Ce fut l’occasion de découvrir une autre facette du Népal, des slaloms entre voitures, des camions se prenant pour des scooters, des chèvres sur le toit des bus ainsi que de longues heures d’attente dans les bouchons. D’ailleurs le lendemain nous découvrons que dans ce même bouchon une personne est décédée ne pouvant pas atteindre l’hôpital à temps… Nous visitons encore quelques temps la capitale mais comme ce n’est pas ma tasse de thé, les photos se font rares

Pigments de couleurs pour les rituels

  Jusqu’à ce que je tombe sur un petit groupe de singes Le voyage touche à sa fin. Me revoilà dans l’avion pour revenir en Suisse. Un grand merci à ceux qui ont eu le courage de tout lire mais dans tous les cas, merci de votre visite !  
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Automne au Tessin

Le Tessin, une région que j’avais parcourue à toute vitesse lors de mon tour de Suisse et qui m’avait laissé de très bon souvenirs. Un canton qui a un charme particulier avec ses rivières pleines de mini cascades d’un bleu azure. L’occasion se présenta, la frangine doit aller travailler dans le coin, l’occasion pour moi de retourner dans ces contrées. Je prépare la voiture pour passer deux nuits

image de la story Instagram

Un trajet de 3h30, je pars dans l’après-midi, c’est sûr, je vais arriver pendant la nuit. Je profite donc pour faire une halte au Simplon pour photographier le lac au coucher de soleil. Je tente aussi de faire déclencher l’appareil à distance avec mon smartphone en plein saut, pas évident :) Une fois le soleil couché, le ciel est tellement dégagé que rien ne sert d’espérer un ciel enflammé. Je continue ma route pour arriver au Tessin. Sur la route, deux jeunes gens font du stop. Je m’arrête et les emmène à leur destination, au fond du val Versasca. Ils partent faire une cabane, j’hésite à les suivre mais ils me conseillent d’aller voir une petite cascade pas loin. Je me dépêche car la voie lactée sera bientôt plus visible. D’après la carte, elle devrait être alignée avec la cascade. Bingo, tout y est ! Je prends une photo, une deuxième, bof, tout est sombre. On n’y voit rien. C’est parti pour éclairer la cascade. Un exercice difficile car il est très difficile de doser la lumière. Je me déplace de 30m pour éclairer la cascade de différentes manières. Il m’aura fallu empiler 5 images pour un résultat homogène puis traiter l’image ainsi blendée.   L'image assemblée et traitée Après une courte nuit dans le coffre de la voiture, c’est parti pour le spot classique, le fameux pont en pierre et son église. Lors de mon dernier passage en été c’était noir de monde, évidement bien moins de monde aujourd’hui mais déjà 5-6 photographes au lever du jour… Je ne reste pas longtemps sur place et je remonte la rivière pour trouver des compositions avec de petites cascades le long de la rivière. Le samedi après-midi sera réservé pour traduire l’assemblée générale des cabanes Suisse ce qui signifie : pas de coucher de soleil. En cours d’après-midi, je repère un spot à fort potentiel pour le lever de soleil. Seul problème, 1h de route et 3h30 de marche annoncée. Comme je pensais dormir dans la voiture, je n’ai pas amené de tente, ni de matelas. Le sac de couchage étant ultra light, il ne supporte pas d’être posé à même les cailloux. Voulant faire la voie lactée, je monte avec un maximum d’habits dans le sac pour passer une nuit fin octobre à 2000m d’altitude sans équipement… Arrivé au sommet (après 1h35, j'ai mis les gaz), la voie lactée fidèle au post m’attend. Malgré l’énorme pollution lumineuse de Milan, on distingue tout de même notre galaxie. Deux autres personnes sont aussi sur place. Un peu mieux équipé que moi avec un hamac et un sac de couchage. Je les envie, moi qui suis roulé en boule sur ma doudoune avec mon matelas de rock par 2°C. Obligé de me lever toutes les heures pour réchauffer mes jambes. Mes 5x 20min de sommeil sont cependant rapidement oubliée lorsque le ciel commence à se colorer. Tout se passe très rapidement, le ciel devient de plus en plus clair. Puis le soleil pointe le bout de son nez rétro-éclairant les mélèzes !
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L’or bleu

L’automne commence, la journée du lendemain s’annonce belle, l’occasion de refaire un petit bivouac. La nuit s’annonce sèche et encore tempérée pour la période, par flemme je ne monte pas la tente et dors à la belle étoile. La lune est pleine, les paysages sont à couper le souffle. L’aube arrive à grand pas, Lionel et Fabrice on déjà repéré un coin la veille et optent pour un cadrage large. N’étant pas convaincu, je prend une image à l’arrachée et m’enfonce dans la vallée où je ne m’étais encore jamais rendu. Les couleurs des mélèzes commencent à tourner, du jaune par ici et par là se détachant bien sur le vert encore pétant des sapins. Malheureusement pas grand-chose à ce mettre sous le déclencheur. L’envie est plus forte que moi, le glacier au fond me fait de l’œil je pars pour y jeter un œil. La glace y est très instable et le glacier fond beaucoup, les premiers gels n’ont pas encore eu lieu. Je repère deux petites grottes forts sympatique. Deux images en vitesse et je saute dehors avant d’avoir un mètre cube de 900kg sur le coin du front. Les jours passent et se refroidissent. Les premières neiges arrive dans les alpes et je repense à mon petit glacier. Maintenant que la glace c’est stabilisée avec ce retour du froid. J’organise avec un amoureux de la montagne, Benjamin, une petite sortie. On avait prévu de faire des photos sur cascade de glace cet hiver. Pour préparer la saison quoi de mieux qu’un entraînement sous glacière ? On chausse les crampons, agrippe les piolets et on tente quelques mises en scène dans la première grotte de glace repérée la semaine d’avant. Une image ressortira du lot avec une dynamique particulière donnée par la pose et l’angle de vue. La nuit commence à tomber et nous ne sommes pas encore sur le deuxième spot repéré. On enfile à la hâte le baudrier, met en place la corde,t quelques broches à glace plus tard, voilà que l’alpiniste se trouve comme une araignée dans sa toile. Une fois l’encrage sûr, je lache la corde et retourne vers mon boîtier pour peaufiner le cadrage. Je saute de cailloux en cailloux, enjambe la petite rivière sous glacier et sa cascade. Cascade ? En voilà un premier plan qui irait bien. Changement de cadrage pour y inclure cette petite cascade permettant de mettre en perspective l’immensité du glacier et de dynamiser la scène. Je retourne finalement à la composition d’origine avec la voûte complète du glacier. La nuit s’est maintenant bien installée, on redescend la vallée sous le projecteur de nos frontales. Attention, les cailloux sont gelés ! Trop tard…
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deux weekends bivouac

Tous les moyens sont bons pour s’entraîner pour un trek de 3 semaines au Népal. Au programme ces derniers weekends, marche, bivouac et marche. Je vous invite à faire une petite rétrospective. Je fus bien accompagné pour les trois sorties :)   Pour commencer avec Romain et Lionel  une sortie express au lac d'Oeschinen. Malheureusement je n'ai pu rester qu'un soir et le temps était vraiment mauvais avec beaucoup de brouillard. J'ai vraiment joué sur le côté mystique pour cette image.   Par la suite j'ai appris que Fabrice partait faire un saut au barrage de Mauvoisin. N'ayant pas grand chose de prévu je le rejoins. Pas vraiment de photo du barrage à vous présenter malheureusement. Mais tout de même une vue sur la cascade de l'autre côté.   Le weekend suivant c'est reparti avec Anja et Silvain pour un weekend orienté voie lactée. Le premier weekend commence gentiment avec une voie lactée se découvrant très tardivement. Un time laps permet de rattraper le coup pour créer un petit star t   Pas besoin de réveil, les vaches viennent toquer à la "porte"   C'est en me baladant sur Instagram que j'ai découvert le spot suivant. Merci Fabio pour cette découverte juste magique. Le lieu n'était pas indiqué, le seul indice était "les alpes Suisse". Après quelques jours de recherche, je fini quand même pas le trouvé. Ce petit lac est bien perché et loin de la civilisation. La destination rêvée pour y faire un petit bivouac. Malheureusement le chemin n'est pas très bien marqué et il n'y a pas de réseau. Je me suis juste trompé de vallée... 15km et 1000m+ de trop et deux violents orages, j'arrive bien après le coucher de soleil, tard dans la nuit à 23h sur le spot. Pas le temps de traînasser, je fais directement le panorama.   D’ailleurs, voici une petite vidéo time laps montrant les deux weekends passé sur le spot. https://youtu.be/3dT6vnyrXR0   Au réveil le brouillard a envahit la place empêchant tout espoir de lever de soleil. Je joue tout de même avec le brouillard pour avoir quelques ambiances.   C'est la tête dans les nuages que je redescend mais le coeur léger car le weekend d'après j'y retourne! Mais d'abord, Moiry pour une image que j'avais en tête depuis longtemps maintenant. Est-ce que la troisième tentative sera la bonne?   Les conditions sont prometteuses. Pas un nuage dans le ciel pour le coucher de soleil, les étoiles se lèvent. Je met la doudoune jaune pour aller déclencher le flash   L'image tant attendue enfin imprimée sur l'écran de l'appareil photo! Vu que j'y suis, je change d'objectif pour faire un panorama dans le sujet.   Sur le retour, un rocher attire le regard. Une dernière petite image avant de redescendre en plaine   Une semaine passe. Avec Stéphane nous remontons sur le spot du weekend dernier pour immortaliser les icebergs du glacier. Cette fois ci, on ne se perd pas...   Le coucher met en relief le contrast entre la glace et le orangé du ciel   La nuit tombe mais le ciel est très nuageux. L'appareil est en time laps pour capturer la voie lactée si elle se détache un court instant. Bingo, la voici!   Des éclaires intranuageux au loin donne une dimension dramatique aux images. C'est aussi cela que l'on voit scintiller dans le time laps https://youtu.be/3dT6vnyrXR0 Il est temps d'aller se coucher en attendant le lever de soleil   Au lever, pas un nuage. Le weekend dernier le soleil semblait se lever dans le col. Vite trouver une composition permettant de mettre en valeur le soleil en étoile dans le col. Composition trouvée, un panorama très ambitieux. Plus qu'a attendre que le soleil arrive jusqu’à moi.   Voila le résumer de mes derniers weekend un peu en vrac je m'en excuse. J'espère que la rétrospective vous aura plut!
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La liste des 4000m

Histoire que Stephane ne s’ennuie pas trop depuis son retour du Svalbard, on s’est mis en tête de faire quelques 4000m. Ce billet de blog sera consacré à cette aventure de conquête des cimes. Il faut s’avoir qu’un 4000m ne se prend pas à la légère. Un simple brouillard peut se transformer en piège mortel, un orage peut se transformer en bizarre et une chute de température peut être fatale. Des crevasses, corniches, ponts de neige, pierriers sont autant d’obstacles  qui peuvent s’avérer plus ou moins compliqués à franchir. Avant de prendre la route on teste le matériel et on simule quelques scénarios de sortie de crevasse dans une cage d’escalier. Nous partons en solo, pour nous familiariser avec le matériel, on décide de commencer par l’un des sommets considéré comme étant un des plus faciles. La route classique commence à 3500m après être arrivé en téléphérique + métro. Les derniers 600m se font encordés sur le glacier. Histoire de rajouter un peu de challenge, on décide de ne pas commencer à 3500m mais à 1700 en plaine. Cela implique bien plus de logistique avec tous les matériels d’alpinisme à transporter lors de la première partie + le matériel de bivouac pour passer la nuit au pied du glacier. Le sac est déjà plein à craquer et le matériel photo n’est même pas encore empaqueté. Il faudra prendre le minimum. A7rIII et 24f1.4 et c’est tout. La première partie se fait bien. Les sacs sont lourds, le temps est beau, on avance bien. On croise la route de quelques moutons et d’une femelle bouquetin. On arrive pour le coucher mais le ciel se couvre dangereusement. Il n'y aura malheureusement pas de couleurs Pas de pluie prévue au radar pour la nuit ni le lendemain mais on s’active tout de même pour monter la tente. On ne pourra pas faire trop les fous, le réveil pour le lendemain est prévu à 3h30 Le réveil sonne, on plie tout le matériel de bivouac (encore bien humide) et on le cache au mieux sous un rocher. On s’équipe du matériel d’alpinisme avec baudrier, crampons, corde, piolet et tout l’outillage pour sortir ou se sortir d’une crevasse. Espacés d’une 15zaine de mètres on évolue dans la nuit selon le chemin repéré la veille. En première ligne je cherche le chemin le plus safe et Stephane assure mes arrières prêt à me retenir en cas de glissade imprévue. Nous voila arrivés à la hauteur de la dernière remontée mécanique à 3500m. Il est 6h et les premiers pisteurs sont déjà en train de préparer la piste. L’un d’entre eux vient vers nous pour nous expliquer que le temps va se gâter jusqu’à 8h selon les prévisions. Assez surpris car ce matin (4h), la prévision était encore bien clémente. A peine le temps d’en discuter que l’orage s’abat sur nous, des trombes d’eau accompagnées de son vent nous fouettant le visage. On retourne sur nos pas pour nous réfugier au sommet des remontées en attendant une accalmie. Sur la route pour se réfugier, un éclair intra-nuageux éclate juste au dessus de nous. Une fraction de seconde avant de voir le flash, tous les cheveux de mon crâne se sont hérissés avec l’électricité statique. Je n’avais encore jamais vécu ça (j’ai accéléré le pas…). La pluie cesse mais malheureusement le sommet a la tête dans les nuages. Nous qui voulons arriver les premiers au sommet, ça paraît rappé, il y a bien 5-6 groupes qui sont partis plus tôt. Quelques sauts de crevasses, échelles, vives glaces de glacier et pierriers plus loin, nous voici au sommet. Par la même occasion on aura doublé tous les groupes pour arriver comme prévu les premiers au sommet (et inscrire le 3ème meilleurs temps de montée dans Strava) Mais le plus dur reste à venir. Descendre de 4027m, récupérer le matos de bivouac trempé par la pluie et redescendre en plaine à 1700m d’altitude. Je voulais tester mon genoux et je dois vous avouer qu’il souffre encore un peu à l’heure où je vous écris :) Vivement le prochain!
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Klausenpass

Dans l’optique d’une future sortie, avec Stephane nous sommes allé en repérage d’un nouveau coin. Le Klausenpass est un col du canton d’Uri à plus de 3h de route de chez moi. Je rejoins Stéphane au pied du col et on gravit la route sinueuse

Avant d’installer le bivouac pour la nuit, on fait un petit détour pour trouver des coins potentiellement intéressants. Notre balade nous amène au sommet des crêtes, au départ du glacier. Celui-ci parait comme suspendu dans la paroi vertigineuse. Malheureusement, photographiquement rien de remarquable. Nous redescendons donc du côté du lac. Le glacier est impressionnant avec de nombreuses crevasse ainsi qu’un mur de plus de 10m de haut. Cependant il est bien encaissé ce qui laisse peu de chance pour le centre de la voie lactée de sortir de la crête. SI l’on veut photographier toute la scène on est obligé d’utiliser une optique grand angle couvrant très large. La nuit tombe, le bivouac est installé à 10min du lac dans un petit coin d’herbe bien rare dans les environs. La nuit tombe et la voie lactée devient visible. Le ciel est quasiment vierge de pollution lumineuse, un vrai bonheur. Cependant, comme redouté, seul la queue de la voie lactée est visible. Les belles couleurs bleues du glacier ont tourné au gris avec la nuit ne mettant plus vraiment en évidence le glacier. Il a fallu sortir l’arme secrète et tenter de peindre la scène avec des lumières pour mettre en évidence les parties intéressantes. Je ne suis en général pas fan du lightpainting car je trouve les résultats peu probants en général. Ici un coup de lumière à permis de faire ressortir le bleu perdu du mur de glace et une petite lampe sous un iceberge du glacier permet de le transformer en lampion.

Ce fut une image compliquée à mettre en place. Mon appareil photo est à raz de l’eau, mon trépied ne permettant pas cette position, il m’a fallu ériger un petit promontoire en pierre. Pour de la photo nocturne les ouvertures utilisées sont petites. Cela permet de faire rentrer un maximum de lumière vers le capteur mais la profondeur de netteté s’en retrouve très réduite. Il m’a fallu assembler trois photos. Une avec la netteté sur le glaçon, l’autre sur le glacier et une dernière sur le ciel étoilé.

Pour essayer de mettre plus en évidence la voie lactée, j’ai superposé le ciel de l’image faite pour le glaçon ce qui donne cet effet diffus aux étoiles. Voici pour comparaison l’image plus classique avec tous les plans nets. Quelle version préférez-vous, la plus classique toute nette ou mon expérimentation ? Le réveil est réglé pour 4h30 nous laissant à peine 4h de sommeil. Après cette courte nuit, on se remet en route pour rejoindre le glacier. On repère 3 petits iceberged flottant au pied du glacier. On profite des premiers rayon du soleil pour les mettres en boite. Il fallait être rapide car les iceberged se déplaçaienz rapidement et la lumière devenait de plus en plus vive.

Stephane en action

 

merci Stephane pour cette image :)

  Une fois les images terminéed, retour à la tente pour une sieste de 2-3h bien méritée. La matinée tire sur la fin, je dépose Stephane à la gare et je retourne vers le valais. En cours de route, Fabrice m’appel et me propose une petite sortie éclaire sur Moiry. Je ne suis pas sûr que ce soit bien raisonnable d’accepter au vu de mon état de fatigue. Mais bon, le cœur à ses raison que la raison ne connait point :) A peine arrivé chez moi que j’embarque dans la voiture de Fabrice pour monter sur Moiry. Le timing est parfait, on a juste le temps de repérer quelques spots sous les regards inquiets des bouquetins. Comme la veille, c’est les petits iceberge s’étant détacher du glacier qui retient mon attention. Le ciel à bien pris feu, on ne pouvait guère rêver mieux. Un weekend bien remplit.
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