La pluie et le beau temps

L’humeur fait la pluie et le beau temps. En photographie on peut penser que l’inverse est plus vrai. La météo peut fortement impacter la motivation à sortir prendre des images. Lorsqu’il pleut, que le vent nous oblige à plisser les yeux ou que le froid nous picore la peau, quoi de mieux que rester confiné à la maison ? Que nenni, il n’y a pas de mauvais temps pour la photo. Aussi loin que je me souvienne, mes plus beaux souvenirs photos sont dans des conditions météo dantesques. La scène capturée est souvent bien plus prenante et surtout, les souvenirs et le sentiment d’accomplissement n’en est que plus grand. Oui, mais… Quand on ne voit pas à 2m ou que le ciel est tellement nuageux que la lumière est plates et qu’aucun détail n’est visibles. Autant rester sous la couette non ? Je me suis bien souvent cassé les dents avec ce genre de conditions météo. Très peu de détails, très peu de dynamique d’image, vraiment pas évident. Et si justement, c’était cela la force de ces images ? C’est après avoir vu les images de Jérémie Villet ainsi qu’après avoir assisté à une de ses conférences et échangé quelques mots que le déclic c’est fait ! Si on mettait à profit cet aspect délavé au profit de l’image pour renforcer une ambiance ? Y aller à fond plutôt que vouloir cacher les défauts ou créer des détails là où il n’y en a pas ? Mettre en avant le minimalisme, la pureté et le velouté ? Voici une série d’images prisent sur 2-3J en pleine période de « jour blanc » c’est à dire très nuageux, tellement nuageux qu’il est dur de déterminer l’heure de la journée. Le but était d'aller à la rencontre du lagopède. Une des reliques glacières qui ont réussi à traverser les ages en adaptant leur plumage à l’environnement. Trouver 500 grammes de plumes blanches dans cette immensité neigeuse n'est vraiment pas aisé. Malgré leur chant d'amour qui résonne au petit matin en cette période. Parfois c'est en passant à coté d'eux en ski de rando qu'on les remarques. En voici un qui part se cacher derrière un caillou au pas de course. Heureusement que son masque noir trahi sa présence! Je le suis à bonne distance et m'approche. Le voici blotti à coté d'un arbre mort qui a encore le mérite de tenir debout dans cet environnement hostile. Je m'approche petit pas par petit pas en attendant plus d'1/4 d'heure avant de me rapprocher à nouveau d'un demi mètre. Le lagopède ma évidement remarqué avec ma doudoune bleu au milieu de la neige mais il ne m'identifie pas comme une menace. Fatigué par sa longue matinée à chanter l'amour, il s'endort devant moi. Après plus de 3h passées à ses cotés, la nuit tombe. Il me pose donc un lapin variable et part à la recherche d'une congénère.   Je dors non loin de là, dans une cabane en pierre. La neige s'est infiltrée à l'intérieur par l'interstice des rochers. Je m'endors comme une pierre et me réveille le lendemain matin comme un charme. Je regarde la montre, -2° au plus froid de la nuit. Autant dans le sac -10° c'est "comme à la maison" autant lorsqu'il faut s'habiller, on fait moins le malin. Me voila à nouveau sur les skis et je pars rejoindre mon compère le lagopède alpin de la veille. Fidèle au post, je l'entends chanter les louanges de madame. Je le vois virevolter et tomber en parachute derrière un monticule de neige. C'est le moment de s'approcher pour le photographier en train de parader. Je m'approche, bizarre, plus de bruit. M'aurait-il repéré? Pourtant je suis bien discret et encore bien loin de lui. Je continue l’approche et lève doucement la tête au dessus de la bosse pour tenter de le repérer. Quel ne fût pas ma surprise lorsque je vois Mr. Renard à l'emplacement d'où j'imaginais ma perdrix des neiges? Dans tous les cas, le renard fût aussi surpris que moi. Il disparaît en un éclaire en sautant de son rocher perchoir. Je pointe l'appareil et prend quelques images alors qu'il est déjà bien 100m plus loin. Est-ce que le lagopède est dans les parages? a-t-il fini en casse-croûte? est-il blessé? Avant de pouvoir répondre à toutes ses interrogations, j'attends un moment tapis dans la neige pour espérer voir le lagopède pointer le bout de son nez. Rien, pas un bruit, rien à part le renard qui part au loin. Je perds patience et je vais jeter un oeil sur le lieu du crime. Pas de trace, pas de sang. J'entends maintenant sur ma droite le roucoulement caractéristique de lagopède. Est-ce le même? je ne sais pas mais dans tous les cas, il virevolte toujours :) Sur le chemin du retour, j’aperçois au loin la poule. Bien plus discrète que le bruyant mâle, elle me regard passer et ne me quitte pas les yeux   La lumière n'y est pas, les images "archi net" non plus mais cela reste néanmoins des images d'un temps couvert typique montrant le mimétisme et la capacité incroyable de survie de nos espèces alpines. Sur ce, je vous souhaite de belles images par tous les temps. Bonne journée
Détails

Strahlhorn 4195m

La liste des autres 4000m Une petite suite après "l'échec" de l'Aletschhorn. Une sortie un peu moins ambitieuse, le Strahlhorn (4195m). On triche un peu en profitant des remontées mécaniques de Saas-Fee pour économiser quelques mètres de dénivelé. Le trajet fait en remontée a déjà été parcouru lors de l'ascension de l'Alalinhorn. Le but étant de relier tous les 4000 sans moyen de locomotion sur une carte globale. Bref, pour ne pas faire comme les autres, on décide de dormir sous tente plutôt qu'à la cabane Britannia. En jetant un oeil sur la station météo de la région, on se rend quand même compte qu'il ne va pas faire très chaud... En plus de l'équipement habituel, je compacte au fond du sac l'énorme doudoune utilisée pour le Svalbard. Le temps est radieux, on fait la queue pour prendre le ticket des remontées. La station est blindée, un checker-Corona à plein poumon. Nous voila à la station intermédiaire. L'autoroute est bien tracée jusqu’à la cabane. Après avoir grignoté un sandwich, on s'équipe, on s'encorde et on s’aventure sur le glacier. De là, les traces se font plus rar et partent même dans la mauvaise direction. Nous voila donc en train de faire la trace entre les crevasses. L'appareil reste au fond du sac, la lumière est dure. De là, on aperçois bien le Strahlhorn ainsi que le col Adler Pass (3785m). Comme on évolue rapidement sur le glacier, on pense bivouaquer à proximité du col. J'arrive presque à convaincre Stephane de poser la tente sur l'arrête du col pour une meilleur vue. Nous voila à une 100aines de mètres du col et il nous faut prendre une décision. On remarque rapidement que dormir sur le col ne sera pas possible. Le col ressemble à une apocalypse. Des rafales de vent monstrueuses balaient l'arrête et les températures sont à peine soutenables. Même dans le replat où nous sommes, les rafales de vent nous font perdre parfois l'équilibre. C'est sûr, si l'on veut survivre à la nuit qui s'annonce très fraîche et venteuse, il faudra mettre de coté le coté esthétique de l'emplacement de la tente pour choisir un endroit le plus à l'abris du vent possible. Pour se protéger du vent, pas de miracle dans la neige, il faut creuser. Contrairement au mur de neige au camp de base de l'Aletschhorn, celui-ci est réfléchi pour protéger du vent et non pas pour le style :) petite pause à l'abris du vent La tente est collée contre le mur de neige et un trou pour l’abscisse est creusé afin d'avoir un coin protégé de la neige pour y déposer nos affaires. Le coucher de soleil est dans 1h30 et notre versant du col se trouve plongé dans l'ombre. Les températures chutes drastiquement et nos membres s'engourdissent. On décide d’attendre le coucher du soleil tranquillement dans la tente. Le froid est tel que même habillé dans la tente protégé du vent, on grelotte. On ouvre nos sac de couchage et les utilisions comme couverture. Stephane jette un coup d’œil à la température, -21° et la nuit n'est pas encore tombée. On se regarde et l'on sait d'avance que la nuit sera compliquée... Il est l'heure, Stephane ne tient plus en place, il veut monter au col pour se réchauffer. Une fois la tête dehors de la tente, on reprend avec un plaisir très modéré les rafales de vents nous giflant le visage. On s'équipe, on s'encorde, on met les ski et hop là! Frost bite! La narine gauche de Stephane est devenue toute blanche, c'est le premier stade de la gelure. Rien de bien grave heureusement. Après avoir mis sa main quelques secondes sur son nez, voici que sa narine retrouve sa couleur normale. C'est dans ces cas là que l'on se sent bête d'avoir laissé la cagoule protégeant le visage à la maison... On monte tout doucement jusqu'au col pour éviter de transpirer. Ca peut paraître paradoxal mais comme il fait tellement froid, nous avons tous nos habits les plus chauds sur nous. Il n'y a pas pire que la transpiration de l'effort dans un environnement très froid. Arrivée au col Une fois au col, le froid, le vent, l'effort, tout est oublié. La vue est juste superbe avec le soleil se couchant à droite du Cervin. J'ai tout de même une boule au cœur en imaginant la photo de la tente avec cet arrière plan. Il faut rester raisonnable... Petit selfi au col Le vent se déchaîne par moment Les derniers rayons lèchent le col Et finalement, une accalmie Un petit panorama de 18 images Une fois le soleil couché, nous rejoignons la tente. La routine commence à venir avec tous ces 4000: fondre de la neige avec le réchaud pour faire gonfler de la semoule avec un carré de bouillon. Malheureusement, impossible d'allumer le réchaud, il fait tellement froid que le gaz sort très mal, car le butane reste liquide, seul le propane est brûlé ce qui donne un très mauvais rendement. Pour enflammer le gaz, je couvre le réchaud de mes mains et lorsque la concentration de gaz est suffisante, une boule de feu impressionnant se crée allumant ainsi le réchaud (et faisant fondre un peu mes gants). Tout devient plus difficile avec le froid mordant. Les trois premières bouchées de semoule étaient encore chaudes, le reste des 500 grammes sera malheureusement bien vite froid mais ce n'est pas pour autant qu'il reste quelque chose à la fin! Le sommeil ne fut pas très réparateur. Entre le froid et l'altitude, nous avons du dormir une 10aines de fois 20minutes. C'est un nouveau record pour moi sous tente. 3700m d'altitude et une température sous les -21°C. Le réveil sonne, il est temps de plier la tente et de se mettre en route pour le sommet. On se croirait en plein été, la température au petit matin est étonnamment chaude, -15°C! Le vent s'est aussi bien calmé, les grosses doudounes resteront dans le sac si jamais le temps venait à se gâter. Après le sommet, nous redescendrons sur Zermatt au niveau du col. Nous laissons donc les affaires de bivouac au col derrière un caillou à l'abris du vent avec nos ski. On peut ainsi faire le sommet avec un sac plus léger sans matelas, tente, sac de couchage et réchaud. L'arrête est bien soufflée, la glace est bien apparente et on peut même apercevoir de belles crevasses que l'on se contentera de regarder de loin. La montée se fait assez bien sans accroc majeur. On aperçoit bientôt le sommet avec sa croix. Ce sont les dernières mètres qui se compliquent. Un mur de glace de 20m se tient devant moi. Stéphane attaque le glacier confiant en plantant les pointes de ses crampons et piolet.

Image par Stephane

C'est avec un peu plus d’incertitudes que je le suis dans la pente vertigineuse. Comme on le dit, il faut avoir confiance en son matériel. Si je décroche, c'est un beau toboggan digne des meilleurs parcs d'attraction qui m'attend. Bien crispé, les mollets brûlent mais me voila arrivé à la dernière arrête! La croix est à portée de main! Le vent au sommet souffle fort et les membres s'engourdissent rapidement. Pas trop le temps d’apprécier la vue au sommet que l'on commence déjà à mettre en place un rappel autour de la croix pour redescendre dans les rochers. Sur le chemin du retour, nous croiserons quelques autres alpinistes faisant aussi le sommet venant de la cabane Britania. Arrivés au col, on remballe toutes nos affaires et redescendons à ski sur Zermatt. Les quelques premiers mètres me font quelques frayeurs, un de mes pieds disparaît dans une crevasse :O Mais je m'en sors facilement car le pont de neige n'a pas totalement cédé. 20km plus tard après une descente de glacier à ski, du replat et une dernière partie ski de rando pour rejoindre le domaine skiable de Zermatt, nous voila à la fin de notre 3ème 4000m!
Détails

La tête dans les étoiles avec Sigma

C’est le printemps, les températures sont en hausses, les oiseaux se mettent à chanter, le rhume des foins pourrit mais journée mais le centre de la voie lactée montre le bout de son nez. C’est le moment de dépoussiérer le matériel de bivouac et aller profiter de la voûte céleste. Le sac de couchage est poussé au fond du sac, la tente sur le côté, reste à y mettre le matériel photo. Quel objectif accompagnera le Sony a7rIII avec ses gourmand 42mpx ? Je regarde la gamme ART Sigma, il me faut un grand angle lumineux. Je ne suis pas sortie de l’auberge entre les 14, 20, 24, 28 et 35mm ultra ouvert… Bon, on ne va pas trop loin, prenons-les tous !

14mm f1.8 25sec 6400iso panorama de 4 images

On enfile les chaussures, empoigne les bâtons de marche. Trépied sur l’épaule, gravissons les montagnes dans la nuit pour immortaliser l’immensité, rendre visible l’invisible ! Le 14mm est vissé, à travers le viseur, le monde prend une tout autre dimension. Un peu dur à appréhender au début, les horizons se retrouvent repousser bien loin à l’arrière-plan. Il faut savoir jouer avec les perspectives impressionnantes de cet objectif en composant soigneusement ses premiers plans. Cette vue ultra large permet de capturer toute la beauté de la voie lactée en une prise. L’ouverture de f1.8 exceptionnelle pour ce type d’optique permet d’obtenir des détails incroyables dans la voie lactée couplée à un temps de pause pouvant aller jusqu’à 30secondes !

14mm f1.8 30sec 6400iso

On peut aussi se prendre au jeu et créer des panoramas monstrueux montrant l’immensité d’une scène. Ici un colosse de glace donnant naissance à la voie lactée contre balancer par la grande ourse sur la droite.

14mm f2.2 30sec 800iso assemblage de 22 images

Le prochain objectif est aussi un bijou optique. Le 20mm f1.4 fait aussi partie des optiques ulta grand angle les plus lumineuses du marché. Comme pour le 14mm, il faudra cependant un système de porte filtre spécifique si vous en avait le besoin. Cette fois, on s’envole pour des paysages à la hauteur de l’optique. Le mythique Cervin nous attend bien ancré à la croûte terrestre. Un coup d’œil sur l’application calculant la position de la voie lactée. Pas de stress, celle-ci sera au-dessus du Cervin vers 4-5h le lendemain. Elle se lèvera d’abord sur le glacier du mon rose. Le jour s’éteint dans les alpes et les étoiles pointent le bout de leur nez. Comme prévu, mon rencard avec la voie lactée à lieu. Le centre de la voie lactée dépasse des cimes et dérive doucement en direction du Cervin au fur et a mesure du temps.

20mm f1.8 20sec 6400iso assemblage de 29 images

Une fois le panorama capturé, il est temps d’aller dormir 2-3h avant de se relever un peu à contre cœur. La motivation revient rapidement en voyant le spectacle devant nous. Le centre de la voie lactée est certes plus visible mais la traînée d’étoiles magnifiant la scène. On aperçoit même des couleurs rosées signe d’un soleil timide.

20mm f2 20s 6400iso

  Nos rêves nous transportent plus loin dans les Dolomites. Ici le Cervin laisse place aux Treecimes, des montagnes tout aussi magiques. Le 20mm f1.4 laisse place au 24mmf1.4. Ce n’est pas le meilleur 24mm pour l’astrophotographie ni le plus léger pour du tout-venant. Par contre, une chose qui est sûr, c’est un excellent rapport qualité/prix pour un 24mm très lumineux et avec auto focus. Les trois pointes s’allument comme des bougies avec la voie lactée !

24mm f1.4 25sec 6400iso panorama de 3 images

Voilà que le 28mm arrive. Une optique superlative en tout point ! Malheureusement, la météo n’est pas toujours avec nous et je n’ai pas pu le pointer vers le ciel. Soyez patient, il est possible qu’une surprise arrive sous peux ;) On quitte notre monde bucolique avec un concours de circonstance. Le 35mm f1.4, pas vraiment l’optique que l’on conseillerait pour de la photo astronomique. Parfois ce n’est pas le matériel qui fait l’image mais la chance et le culot. En montant de nuit, je crois un bouquetin se détachant sur l’arrête. Trop sombre pour lui tirer le portrait, je décide de le détacher en ombre chinoise sur la voûte céleste.

35mm, F1,4, 1/30, iso6400

Je rêve de tenter la même avec le dernier 35mm f1.2 Sigma <3 Un grand merci d’avoir pris part à mes rêveries. Le printemps approche, l’aventure repartira de plus belle !
Détails

Glacier d’Aletsch

La liste des autres 4000m Le temps s'annonce radieux pour le weekend. De quoi réfléchir au prochain 4000 Toujours dans l'idée de rendre la chose plus amusante, nous cherchons une nouvelle complication. Pourquoi pas faire un 4000 en 3 jours avec 2j d’approche pour l'Aletschhorn? Faire une mini expédition avec installation d'un camp de base? C'est décidé, le vendredi est posé en congé et on décolle pour la première étape. Un gros morceau, 15km et presque 1800m+ à faire pour rejoindre la cabane Hollandiahütte où l'on passera la première nuit. L'avancée est pénible, 30cm de neige sont tombés. Le manteau neigeux est instable au début (le fameux Wouchh) mais se stabilise plus haut. Le circuit que l'on a choisi est volontairement assez "safe" coté avalanche (danger niveau 3/5 lors de la montée) Le départ se fait depuis Blatten. On met les peaux et on traverse le fameux petit village de Kühematt avec sa petite chapelle que l'on retrouve sur de nombreuses peintures dans la région.   Le chemin continue de longs kilomètres durant sur la piste de ski de fond jusqu'au village de Fafleralp ou le chemin cessent. A nous de faire la trace dans les 30cm de neige fraîchement tombée. La première pause se fera au départ du glacier Langletscher. De quoi faire la pause de midi à l'ombre C'est aussi le moment d'enfiler le baudrier car la suite se fera sur glacier avec des risques de chute dans des crevasses. Le soleil tape fort, la neige commence à devenir lourd. Chaque pas se fait de plus en plus pénible et le glacier ne semble jamais s'arrêter. Son nom "Langgletscher" ne vient surement pas de rien... Le soleil commence à disparaître derrière l'horizon tout comme mon énergie. Stéphane me motive tout de même et me traîne jusqu'au sommet du col juste à temps pour voir les derniers rayons lécher les pointes des cimes.

Image par Stephane

La vue est juste splendide. On distingue au fond la Konkordiaplatz, le centre où tous les glaciers se rencontrent pour donner naissance au plus grand glacier des alpes, le glacier d'Aletsch. Avant que la nuit ne soit trop avancée, il nous faut encore faire les derniers mètres pour rejoindre la cabane, la Hollandiahütte. Après avoir détourné une crevasse, nous y voici, le local d'hiver nous tend les bras. On s’étale et on se met à l'aise. Il semble faire chaud à l'intérieur ainsi protégé du vent. Nos thermomètres nous diront plus tard qu'il faisait quand même -9°C... En attendant de faire fondre de l'eau pour manger de la semoule, on retourne dans le vent faire quelques images des montagnes sous les étoiles. Sur la droite, on voit notre objectif du weekend, l'Aletschhorn du haut de ses 4195m Le réveil sonne, il fait -1°C dans la cabane, il faut se remettre en route. Le but du jour est de s'approcher autant que possible de l'Aletschhorn pour y installer un camp de base avant l’ascension. Il nous faut faire tout le tour soit plus de 18km. On se prépare, remplit les gourdes d'eau fondue pendant la nuit et prépare les sacs et ajuste les battons Et on oublie pas de noter notre passage sur le cahier de bord ainsi que donner notre destination (et payer). Au tout début, la pente est suffisante pour esquisser quelques courbes à ski. On passe juste un peu plus bas que la veille pour passer sous la crevasse que l'on avait repérée. On est déjà à la bourre, on pensait être à la Konkordiaplatz pour le lever du soleil. La vue est juste splendide, la galère de la veille est déjà oubliée! C'est parti pour un long faux plat interminable. C'est une pente à 1% mais impossible de se laisser glisser, la pente est trop faible et la poudreuse trop dense. Nous voila sur le plus long glacier des alpes. On essaye de rester à bonne distance des chaines de crevasse se trouvant tantôt à droite, tantôt à gauche et tantôt partout. Le soleil tappe de plus en plus, le thermomètre de poche atteint même les 15°C. La neige devient très lourde et des coulées se déclenchent spontanément autour de nous. Clairement les conditions ne sont pas bonnes pour la neige (ni pour nous avec nos beaux coups de soleil). On arrive dans la vallée pour approcher l'Aletschhorn. La décision est dure à prendre, la journée est bien avancée et les conditions sont trop dangereuses. Notre expédition ne passera plus par 4195m mais se cantonnera à la traversée dans la longueurs du plus grand glacier des alpes ce qui est déja un beau challenge en soit... On cherche un point un peu surélevé pour installer le camp de base avec si possible une jolie vue sur le glacier pour le lever et le coucher de soleil. Pendant que l'on creuse le trou et construisons le mur de neige pour se protéger du vent, pas moins de trois coulées avalancheuses se déclenche dans la vallée du sommet. De quoi nous réconforté sur notre bonne décision. On passe le reste de l'après-midi dans la tente à se protéger du soleil caniculaire. Le coucher n'est pas bien intéressant, le ciel étant totalement dépourvu de nuage. On passe la soirée à faire fondre de la neige sur le réchaud et à déguster des pattes bolognese lyophilisée. Au petit matin, le réveil sonne. Un petit coup d’œil par l'ouverture de la tente, les nuages sont déjà légèrement mauve alors que le lever de soleil est seulement dans 1h. Ca indique un lever de soleil prometteur. On se montive, enfile les chaussettes glacées. Le ciel prend des couleurs vraiment particulières, de quoi prendre quelques images de la tente. J'arrive même à motiver Stéphane à pointer le bout du nez à l'extérieur contrairement à la veille

Image par Stephane

Le ciel devient de plus en plus rose et derrière nous les nuages prennent des couleurs. Stéphane me lance en rigolant: l'Aletschhorn doit être bien éclairé maintenant. Il faut savoir que l'on a pausé la tente un peu plus loin que la vallée du sommet nous empéchant de le voir. On me le dit pas deux fois, me voila au pas de cours en train de dévaler la poudreuse à pied sur plus de 600m pour prendre en photo l'Aletschhorn que l'on ne voyait pas. Le sommet que l'on ne fera pas aujourd'hui se tient fièrement devant moi, me narguant du haut de ses 4195m. Je me retourne et n'en crois pas mes yeux. Le ciel devient de plus en plus dément, tout devient rose. Me revoila en train de recourir dans la haute neige jusqu’à mi-cuisse pour rejoindre la tente et faire les compositions imaginées plus tôt. Plus je monte et plus le ciel devient fou, absolument tout est rose, à l'oeil la neige ressemble plus à de la barbapapa. Le doute s'installe en moi, serais-je assez rapide pour remonter et prendre les images avec ce ciel? Me voila presque en haut, Stéphane mitraille déja Je m'avance sur mon promontoire à bout de souffle et commence à prendre mon panorama avec les crevasses du glacier en premier plan. C'est juste magique! Le ciel s'éteint aussi rapidement qu'il c'est embrasé. Le feu s'est étendu sur des kilomètres, un collègue sur St-Gall m'envoie des images de ce ciel quelques minutes plus tard. Vraiment des conditions exceptionnelles. Pas de quoi trop s'attarder. On ne fait certe pas l’ascension du 4000m mais une des parties les plus techniques de la traversée nous attend. Il nous faut rejoindre l'autre coté de la vallée alors que le glacier est un vrai Gruyère. Les températures vont rapidement augmenter rendant les ponts de neige sur les crevasses plus instables. Le glacier est vivant, il coule dans la vallée. Les chaines de crevasses se déplacent telles des vagues au fil des années. Il n'y a pas de trace ou de route pour traverser le glacier tout le temps changeant. En bref, il faut nous fier à notre instinct pour trouver le chemin vers l'autre bout tout en espérant qu'il y en ait bien un. Le doute s'est emparé de nous lorsque l'on est arrivés dans un cul de sac. Impossible de continuer, le terrain est miné de partout, bien trop dangereux. Il nous faut repartir sur nos pas pour trouver une autre voie. On voit d'ailleur notre détour sur la carte gps de la sortie. Plus d'une fois, il nous faudra traverser des ponts de neige surplombant des crevasses. La corde bien tendue et l'équipement prêt pour le pire. Si on avait un doute sur la solidité d'un pont de neige, on met en place un ancrage. L'ancrage consiste à enneiger un piolet profondément dans la neige gelée perpendiculairement à la direction de marche. La corde solidement fixée autour du piolet, en cas de chute, le piolet se "plante" sous la neige et assure le malheureux au bout de la corde de ne pas s'écraser au fond de la crevasse mais de seulement être suspendu dans le vide après avoir fait du ping pong contre les parois de glace. Mais bon, nous avons choisi la bonne route, tous les ponts ont tenu et nous n'avons pas eu besoin de mettre à profit nos ancrages... Secrètement, je rêvais de ne plus pouvoir avancer et de devoir prendre l'élan pour sauter par dessus une crevasse piolet à la main :) Nous voila de l'autre coté, enfin sur la terre ferme. On peut se désancorder et remonter les derniers 350m pour rejoindre les pistes de ski de Bettmeralp. Là, un fanclub nous attendait, plus d'une vingtaine de personnes nous regarder monter. A moins qu'ils apprécient la vue sur le glacier d'Aletsch peut-être? Une sortie pas totalement comme prévue. La montée sur le 4000 à été remise à plus tard car les conditions étaient trop dangereuses et le timing trop juste. Mais cette expédition sur trois jours aura tout de même étaient magique. Des paysages incroyables, une course de plus de 50km sur le plus grand des glaciers des alpes et une expédition de 3 jours sans croiser personne en plein weekend d'hiver en haute saison de ski!  
Détails

Remuzat

Remuzat, une destination qui est quasiment devenu un pèlerinage pour moi. L’occasion de revoir des amis de longues dates, une sortie du forum alpha dxd. L’ambiance est au top et les vautours nous accueil avec un ballet acrobatique à couper le souffle. Je vous propose cette fois, une petite compilation des trois dernières années avec ces magnifiques vautours.   Au petit matin, les ambiances sont magiques. Les couleurs chaudes et la brume se marient parfaitement     Lorsque la lumière devient plus dur en journée, c'est l'occasion de tester des images trop risquée pour être prise habituellement. Faire des filés qui consistent avec un temps de pause relativement lent, introduir un flou d'arrière plan. La difficulté étant de suivre le sujet pour le garder net! Vraiment pas évident, le taux de déchet augmente rapidement avec peut être 1 bonne image utilisable sur 100.   Les atterrissages dans la falaise est aussi un moment surnaturel. Voir ces bolides en pleine vitesse freiner quelques secondes avant de se poser délicatement sur la roche.  

  Parfois la nature nous offre une fleure. Un des voiliers des aires un peu plus curieux passe très proche proche de la falaise. Dans l'euphorie, je le suis avec l'appareil photo pour lui tirer le portrait et lui fait peur. Il avait les pattes pendante, il allait se poser juste à coté de moi. Je n'en revenais pas. Je le suis du regard, il tourne au loin et reviens me voir. Cette fois-ci, je reste de marbre, je ne bouge pas d'un pouce. Le voila qu'avec ses 3m d'envergure, il se pose à 3m devant moi. Je suis totalement pétrifié, mon cœur bat la Chamade, il est juste là! Je laisse mes amis quelques mètres devant moi prendre des images puis, petit à petit, je pointe l'objectif vers le vautour. Horreur, je n'arrive pas à faire la mise au point! Il est trop proche! Je dévis l'objectif de mon trépied, le recule de quelques cm et voila que je peux lui tirer le portrait. Il semble accepter ma présence. Tout doucement je me met assis pour être à sa hauteur. C'est incroyable, je vois toutes les petits plumes autour de son oeil ainsi que sa peau bleue-violette. Il me laisse même changer d'objectif pour prendre l'ensemble du paysage. Voila qu'un de ses congénères passe en vol, le moment parfait pour mettre en boite la scène.   Un des moments le plus mythique est définitivement les 10-15 dernières minutes lorsque le soleil est à l'horizon. Les vautours deviennent doré et la montagne en arrière plan est plongée dans l'ombre. Les turbulences dans l'aire diminue aussi et donne un aspect presque studio à l'image.   Les paysages du sud sont à couper le souffle même si on les oublies parfois à trop regarder les vautours   Si vous avez apprécié les images ci-dessus, je vous invite à les visionner en HD en cliquant ici: http://apvl.ch/remuzat/
Détails

Weekend à l’armée

Comme chaque année, je pars entre 3 et 4 semaines servir à l’armée. J’ai une fonction de surveillance aérienne pour des événements de grande envergure comme le Word Economic Forum à Davos. Ce n’est pas tant des images de la mobilisation de l’armée que je vais vous montrer ici mais plutôt des images prises durant mes jours libres à l’armée. Au fin fond de la Suisse, dans les Grisons, revenir chez moi pour mes jours de repos ne vaut pas la peine. Je profite d’être dans une région que je connais peu pour découvrir un peu les environs. ______________2020_______________________________________________________ Une région qui m’intéressait de voir était le Zervreilahorn. Une montagne qui, selon l’angle, ressemble à une aiguille sortie de nulle  part. En uniforme militaire, je me balade en transport public entre train et bus. Me voila à l’entrée de la vallée, je commence la montée sur la route enneigée avec les chausses de combat pas du tout adaptées aux conditions. J’enchaîne les km lorsque je me rends compte que quelque chose goutte de mon sac militaire et me mouille le pantalon. J’ouvre le sac et je m’aperçois que ma bouteille de 1,5L de coca est éventrée et que le fond de mon sac baigne totalement dans le coca. Heureusement, mon sac de couchage et ma tente sont au sec… Arrivé au bord du barrage, je profite d’une buvette installée là pour boire une bière avant de repartir. Après 18km de marche et 1100m de montée dont les 300m dans de la poudreuse jusqu’au genoux, j’arrive enfin au pied de ma montagne. La nuit tombe vite, j’installe la tente sur un promontoire. Le vent souffle fort et mes sardines ne tiennent pas dans la neige. Il me faut utiliser des battons pour la stabiliser.   J’ai repéré quelques stalactites, je tente quelques images plus graphiques  depuis l’intérieur de la petite grotte avec la lune venant de se lever.   Après une nuit à -8°, je me lève pour photographier les premiers rayons frappant le Zervreilahorn   Le lendemain, il me faut déjà redescendre rapidement car dans 5h, je dois être de retour à la caserne. Je profite de la rivière gelée pour prendre quelques dernières images   1,5 semaines sont maintenant passées et 2 nouveaux jours de repos approchent. J’ai planifié un parcours ambitieux. D’après les guides, le col de la Greina depuis Vrin nécessiterait environ 8h de marche et on le fait en plein hiver avec des raquettes. Pour relever le challenge, un ami de la région me rejoint. Arrivés au départ de la course et sachant les km et dénivelé à faire, on décide de ne pas amener de matériel de bivouac (tente et matelas) ce qui nous oblige à trouver une cabane avec un local d’hiver pour passer la nuit. Si on ne trouve pas, le plan B sera de faire demi-tour pour revenir sur nos pas au beau milieu de la nuit. On commence l’ascension, la neige est bien soufflée et les chamois nous regardent passer. Après 1000m de montée, on arrive au premier col. Il nous faut descendre pour ensuite traverser une immense plaine. Arrivés dans la plaine, on voit la Terrihütte où nous avons prévu de passer la nuit. Malheureusement, le chemin creusé dans la roche est impraticable en hiver. Le détour pour y accéder ne vaut pas la peine, autant dormir dans une autre cabane, la Scallettahütte au Tessin. Ce changement de plan nous oblige à refaire le chemin en marche arrière le lendemain rallongeant passablement le temps prévu initialement. Après 22km et 1300m+ et 9h de marche, nous voici enfin arrivés au but, la plus grande arche de Suisse avec 7,5m de haut et 15m de long. Je m’attendais à un truc exceptionnel, je dois dire qu’au premier coup d’œil, j’étais un peu déçu.   Dans l’arche elle même se trouve une mini-grotte La nuit tombe, on descend vers la cabane en espérant qu’il y a bien un local pour y dormir l’hiver. Arrivé sur place, malheur, on ne trouve pas de porte d’entrée! Il y a deux pelles à disposition et 3 locaux potentiels pouvant servir de remise d’hiver. On choisit la porte visible la plus logique et on commence à pelleter. La porte est en deux parties, ouf, c’est tout ça de moins à creuser. J’ouvre la porte et nous voilà dans une remise de bois. Le doute s’installe, ce n’est pas le local d’hiver? Je pousse la porte au fond du local et miracle, nous voilà dans un refuge très quosi avec tout ce qu’il faut, même la lumière! C’est le grand luxe. Un fourneau à bois, des casseroles, de l’eau gaseuse, des matelas et couvertures sont à disposition. On trouve même une soupe ainsi que des pâtes! Plus qu’à faire fondre de la neige pour souper Pendant que la neige fond, je vais faire un tour à l’extérieur pour apprécier la voie lactée. La soirée ne sera pas longue, il nous faudra se lever très tôt pour pouvoir refaire les plus de 20km du retour. Le réveil est réglé à 4h30. Le refuge est très bien isolé, au réveil il fait 8°C à l’intérieur alors qu’il en faisait -3°C à notre arrivée. Le retour se fait dans le noir. Le jour commence à ce lever lorsque l’on passe à la hauteur de la Terrihütte Le lever de soleil ne fut pas transcendant mais la vue sur le Tessin vaut le déplacement   ______________2019_______________________________________________________ Un glacier me faisait de l’oeil, le Roseggletscher est reconnu pour sa grotte de glace, il me fallait le visiter. Lors de la deuxième semaine du cours de répétition, j’ai pris mes ski de randonnée avec moi. Lors des deux jours libres, je profite pour remonter la vallée du Val Roseg pour voir ce fameux glacier. Je ne fût pas déçus, la grotte est énorme. Il y a même un trou dans le plafond. Je met en équilibre l’appareil photo sur un bloc de glace et cours me mettre comme model équipé de ma tenue B militaire. En me promenant sous le glacier, je trouve une sculpture de glace qui m’intrigue. Un petit bloc tenu par un filament de glace. Je tourne autour pour trouver le meilleur angle montrant la fragilité de cette glace en suspension.  
Détails