deux weekends bivouac

Tous les moyens sont bons pour s’entraîner pour un trek de 3 semaines au Népal. Au programme ces derniers weekends, marche, bivouac et marche. Je vous invite à faire une petite rétrospective. Je fus bien accompagné pour les trois sorties :)   Pour commencer avec Romain et Lionel  une sortie express au lac d'Oeschinen. Malheureusement je n'ai pu rester qu'un soir et le temps était vraiment mauvais avec beaucoup de brouillard. J'ai vraiment joué sur le côté mystique pour cette image.   Par la suite j'ai appris que Fabrice partait faire un saut au barrage de Mauvoisin. N'ayant pas grand chose de prévu je le rejoins. Pas vraiment de photo du barrage à vous présenter malheureusement. Mais tout de même une vue sur la cascade de l'autre côté.   Le weekend suivant c'est reparti avec Anja et Silvain pour un weekend orienté voie lactée. Le premier weekend commence gentiment avec une voie lactée se découvrant très tardivement. Un time laps permet de rattraper le coup pour créer un petit star t   Pas besoin de réveil, les vaches viennent toquer à la "porte"   C'est en me baladant sur Instagram que j'ai découvert le spot suivant. Merci Fabio pour cette découverte juste magique. Le lieu n'était pas indiqué, le seul indice était "les alpes Suisse". Après quelques jours de recherche, je fini quand même pas le trouvé. Ce petit lac est bien perché et loin de la civilisation. La destination rêvée pour y faire un petit bivouac. Malheureusement le chemin n'est pas très bien marqué et il n'y a pas de réseau. Je me suis juste trompé de vallée... 15km et 1000m+ de trop et deux violents orages, j'arrive bien après le coucher de soleil, tard dans la nuit à 23h sur le spot. Pas le temps de traînasser, je fais directement le panorama.   D’ailleurs, voici une petite vidéo time laps montrant les deux weekends passé sur le spot. https://youtu.be/3dT6vnyrXR0   Au réveil le brouillard a envahit la place empêchant tout espoir de lever de soleil. Je joue tout de même avec le brouillard pour avoir quelques ambiances.   C'est la tête dans les nuages que je redescend mais le coeur léger car le weekend d'après j'y retourne! Mais d'abord, Moiry pour une image que j'avais en tête depuis longtemps maintenant. Est-ce que la troisième tentative sera la bonne?   Les conditions sont prometteuses. Pas un nuage dans le ciel pour le coucher de soleil, les étoiles se lèvent. Je met la doudoune jaune pour aller déclencher le flash   L'image tant attendue enfin imprimée sur l'écran de l'appareil photo! Vu que j'y suis, je change d'objectif pour faire un panorama dans le sujet.   Sur le retour, un rocher attire le regard. Une dernière petite image avant de redescendre en plaine   Une semaine passe. Avec Stéphane nous remontons sur le spot du weekend dernier pour immortaliser les icebergs du glacier. Cette fois ci, on ne se perd pas...   Le coucher met en relief le contrast entre la glace et le orangé du ciel   La nuit tombe mais le ciel est très nuageux. L'appareil est en time laps pour capturer la voie lactée si elle se détache un court instant. Bingo, la voici!   Des éclaires intranuageux au loin donne une dimension dramatique aux images. C'est aussi cela que l'on voit scintiller dans le time laps https://youtu.be/3dT6vnyrXR0 Il est temps d'aller se coucher en attendant le lever de soleil   Au lever, pas un nuage. Le weekend dernier le soleil semblait se lever dans le col. Vite trouver une composition permettant de mettre en valeur le soleil en étoile dans le col. Composition trouvée, un panorama très ambitieux. Plus qu'a attendre que le soleil arrive jusqu’à moi.   Voila le résumer de mes derniers weekend un peu en vrac je m'en excuse. J'espère que la rétrospective vous aura plut!
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La liste des 4000m

Histoire que Stephane ne s’ennuie pas trop depuis son retour du Svalbard, on s’est mis en tête de faire quelques 4000m. Ce billet de blog sera consacré à cette aventure de conquête des cimes. Il faut s’avoir qu’un 4000m ne se prend pas à la légère. Un simple brouillard peut se transformer en piège mortel, un orage peut se transformer en bizarre et une chute de température peut être fatale. Des crevasses, corniches, ponts de neige, pierriers sont autant d’obstacles  qui peuvent s’avérer plus ou moins compliqués à franchir. Avant de prendre la route on teste le matériel et on simule quelques scénarios de sortie de crevasse dans une cage d’escalier. Nous partons en solo, pour nous familiariser avec le matériel, on décide de commencer par l’un des sommets considéré comme étant un des plus faciles. La route classique commence à 3500m après être arrivé en téléphérique + métro. Les derniers 600m se font encordés sur le glacier. Histoire de rajouter un peu de challenge, on décide de ne pas commencer à 3500m mais à 1700 en plaine. Cela implique bien plus de logistique avec tous les matériels d’alpinisme à transporter lors de la première partie + le matériel de bivouac pour passer la nuit au pied du glacier. Le sac est déjà plein à craquer et le matériel photo n’est même pas encore empaqueté. Il faudra prendre le minimum. A7rIII et 24f1.4 et c’est tout. La première partie se fait bien. Les sacs sont lourds, le temps est beau, on avance bien. On croise la route de quelques moutons et d’une femelle bouquetin. On arrive pour le coucher mais le ciel se couvre dangereusement. Il n'y aura malheureusement pas de couleurs Pas de pluie prévue au radar pour la nuit ni le lendemain mais on s’active tout de même pour monter la tente. On ne pourra pas faire trop les fous, le réveil pour le lendemain est prévu à 3h30 Le réveil sonne, on plie tout le matériel de bivouac (encore bien humide) et on le cache au mieux sous un rocher. On s’équipe du matériel d’alpinisme avec baudrier, crampons, corde, piolet et tout l’outillage pour sortir ou se sortir d’une crevasse. Espacés d’une 15zaine de mètres on évolue dans la nuit selon le chemin repéré la veille. En première ligne je cherche le chemin le plus safe et Stephane assure mes arrières prêt à me retenir en cas de glissade imprévue. Nous voila arrivés à la hauteur de la dernière remontée mécanique à 3500m. Il est 6h et les premiers pisteurs sont déjà en train de préparer la piste. L’un d’entre eux vient vers nous pour nous expliquer que le temps va se gâter jusqu’à 8h selon les prévisions. Assez surpris car ce matin (4h), la prévision était encore bien clémente. A peine le temps d’en discuter que l’orage s’abat sur nous, des trombes d’eau accompagnées de son vent nous fouettant le visage. On retourne sur nos pas pour nous réfugier au sommet des remontées en attendant une accalmie. Sur la route pour se réfugier, un éclair intra-nuageux éclate juste au dessus de nous. Une fraction de seconde avant de voir le flash, tous les cheveux de mon crâne se sont hérissés avec l’électricité statique. Je n’avais encore jamais vécu ça (j’ai accéléré le pas…). La pluie cesse mais malheureusement le sommet a la tête dans les nuages. Nous qui voulons arriver les premiers au sommet, ça paraît rappé, il y a bien 5-6 groupes qui sont partis plus tôt. Quelques sauts de crevasses, échelles, vives glaces de glacier et pierriers plus loin, nous voici au sommet. Par la même occasion on aura doublé tous les groupes pour arriver comme prévu les premiers au sommet (et inscrire le 3ème meilleurs temps de montée dans Strava) Mais le plus dur reste à venir. Descendre de 4027m, récupérer le matos de bivouac trempé par la pluie et redescendre en plaine à 1700m d’altitude. Je voulais tester mon genoux et je dois vous avouer qu’il souffre encore un peu à l’heure où je vous écris :) Vivement le prochain!
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Klausenpass

Dans l’optique d’une future sortie, avec Stephane nous sommes allé en repérage d’un nouveau coin. Le Klausenpass est un col du canton d’Uri à plus de 3h de route de chez moi. Je rejoins Stéphane au pied du col et on gravit la route sinueuse

Avant d’installer le bivouac pour la nuit, on fait un petit détour pour trouver des coins potentiellement intéressants. Notre balade nous amène au sommet des crêtes, au départ du glacier. Celui-ci parait comme suspendu dans la paroi vertigineuse. Malheureusement, photographiquement rien de remarquable. Nous redescendons donc du côté du lac. Le glacier est impressionnant avec de nombreuses crevasse ainsi qu’un mur de plus de 10m de haut. Cependant il est bien encaissé ce qui laisse peu de chance pour le centre de la voie lactée de sortir de la crête. SI l’on veut photographier toute la scène on est obligé d’utiliser une optique grand angle couvrant très large. La nuit tombe, le bivouac est installé à 10min du lac dans un petit coin d’herbe bien rare dans les environs. La nuit tombe et la voie lactée devient visible. Le ciel est quasiment vierge de pollution lumineuse, un vrai bonheur. Cependant, comme redouté, seul la queue de la voie lactée est visible. Les belles couleurs bleues du glacier ont tourné au gris avec la nuit ne mettant plus vraiment en évidence le glacier. Il a fallu sortir l’arme secrète et tenter de peindre la scène avec des lumières pour mettre en évidence les parties intéressantes. Je ne suis en général pas fan du lightpainting car je trouve les résultats peu probants en général. Ici un coup de lumière à permis de faire ressortir le bleu perdu du mur de glace et une petite lampe sous un iceberge du glacier permet de le transformer en lampion.

Ce fut une image compliquée à mettre en place. Mon appareil photo est à raz de l’eau, mon trépied ne permettant pas cette position, il m’a fallu ériger un petit promontoire en pierre. Pour de la photo nocturne les ouvertures utilisées sont petites. Cela permet de faire rentrer un maximum de lumière vers le capteur mais la profondeur de netteté s’en retrouve très réduite. Il m’a fallu assembler trois photos. Une avec la netteté sur le glaçon, l’autre sur le glacier et une dernière sur le ciel étoilé.

Pour essayer de mettre plus en évidence la voie lactée, j’ai superposé le ciel de l’image faite pour le glaçon ce qui donne cet effet diffus aux étoiles. Voici pour comparaison l’image plus classique avec tous les plans nets. Quelle version préférez-vous, la plus classique toute nette ou mon expérimentation ? Le réveil est réglé pour 4h30 nous laissant à peine 4h de sommeil. Après cette courte nuit, on se remet en route pour rejoindre le glacier. On repère 3 petits iceberged flottant au pied du glacier. On profite des premiers rayon du soleil pour les mettres en boite. Il fallait être rapide car les iceberged se déplaçaienz rapidement et la lumière devenait de plus en plus vive.

Stephane en action

 

merci Stephane pour cette image :)

  Une fois les images terminéed, retour à la tente pour une sieste de 2-3h bien méritée. La matinée tire sur la fin, je dépose Stephane à la gare et je retourne vers le valais. En cours de route, Fabrice m’appel et me propose une petite sortie éclaire sur Moiry. Je ne suis pas sûr que ce soit bien raisonnable d’accepter au vu de mon état de fatigue. Mais bon, le cœur à ses raison que la raison ne connait point :) A peine arrivé chez moi que j’embarque dans la voiture de Fabrice pour monter sur Moiry. Le timing est parfait, on a juste le temps de repérer quelques spots sous les regards inquiets des bouquetins. Comme la veille, c’est les petits iceberge s’étant détacher du glacier qui retient mon attention. Le ciel à bien pris feu, on ne pouvait guère rêver mieux. Un weekend bien remplit.
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L’orage

La canicule s’installe depuis bientôt une semaine. Les températures dépassent à présent les 40°C en plaine, l’atmosphère y est pesante. Pour échapper à cette chaleur étouffante, pas d’autre choix que de prendre de l’altitude. Monter au Mayen rejoindre les 6 petits vaux broutant les talus permet de perdre 10°C. De quoi rendre la nuit supportable, rythmée au son des cloches. La 5ème nuit ne fût pas aussi calme que les autres. Les thermiques violents dus aux fortes températures amènent l’humidité de la plaine en altitude. Des cumulus se forment rapidement et se mettent en mouvement, roulant par-dessus les montagnes. Le ciel se déchaîne. Depuis le balcon j’assiste au spectacle. Les cieux s’illuminent violemment et de longues secondes plus tard, les montagnes vrombissent. Pour les curieux, n'ayant pas encore compris comment utiliser ma cellule de détection de foudre, il m'a fallu utiliser la vieille méthode. L'appareil sur le trépied avec un temps de pause long de 15sec fermé à F4 et une sensibilité de 100iso. Les prises de vue s’enchaînent les une après les autres en espérant qu'un éclair viennent s'imprimer sur la surface du capteur. Plus la nuit avance et plus l’orage devient violent. Pour le plus grand plaisir de mes yeux mais ce n’est pas l’avis de tout le monde.   Ce spectacle d’ombre et lumière démesuré se répéta trois soirées consécutives. La plus décoiffante fût sans aucun doute la deuxième. J’ai dû arrêter les prises de vue pour me mettre en sécurité. Il pleuvait à l’horizontale et la densité de pluie était telle que l’on ne voyait pas au-delà de 10m, un véritable déluge.
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Le retour du centre

Le retour du centre de la voie lactée. Après son hibernation la voila de retour, visible jusqu'à la fin de l'été. Je n’ai pas pu résister pour monter la revoir les nuits dégagées. Mes coins habituels ne sont malheureusement pas encore accessibles car la neige est encore bien présente. C’est l’occasion rêvée pour trouver un lac en cours de dégel avec des icebergs. Je regarde les différentes webcam de la région pour trouver la limite de la neige. Je demande aussi l’état des lieux de certains lac à des connaissances et voilà le lac est trouvé! Louvie étant encore enneigé le 30 mai, 1 semaine plus tard la fonte devrait être parfaite avec des jours à plus de 30°C en plaine. Le weekend s’annonce pas forcément optimal pour la voie lactée. Sur les 3j une nuit peut-être dégagée s’offre à nous. Avec une autre photographe de voie lactée, Anja, on rejoint le lac. La pente est vierge de neige mais dès le col à 2000m passés, il y a bien 1m de neige par endroit. Je commence à douter, est-ce que le lac ne serait pas encore totalement enneigé? Le doute se dissipa rapidement, il a commencé à fondre. Il y a bien 3/4 encore couverts de neige mais il y a des paternes interessant à la surface du lac. La dernière inconnue est le temps. Les nuages devraient arriver vers 01:30 et c’est aussi à cette heure que la voie lactée de trouve dans l’axe pour l’image. On croise les doigts en espérant que la météo se trompe.   En attendant, on profite du soleil à la cabane de Louvie.   La nuit tombe, il reste bien 3h à attendre avant d'avoir la voie lactée bien positionnée. Je profite de l'occasion pour prendre quelques images pour un time laps. L'appareil est prêt. Les heures passent. La voie lactée émerge. La lune se couche, à présent il fait nuit noir. Les spots pour la voie lactée ont minutieusement était repéré à l'avance. Je descend donc au premier spot, la cascade. Je n'ai jamais eu autant de détails. Anja m'a prêté sont objectif pour le weekend, il s'agit du 24mm f1.4 G master. Une petite merveille pour la voie lactée. Quasiment pas de défaut. Le vignetage à pleine ouverture est très faible et les coma inexistant. Un vrais bonheurs à utiliser! Je tente aussi un petit selfi pour donner un peu l'échelle du paysage Et pour finir une image avec une réflexion. Malheureusement le vent est bien présent ce qui empêche d'avoir un reflet ultra net. Voila, il est déjà 4h et pas encore dormis de la nuit :) Malheureusement, comme prédit par la météo les nuages arrivent suivit de la pluie. La descente se fera dans la boue. Une vidéo time laps résumant la nuit. On y voit le coucher de l'une, l'apparition de Jupiter suivit de près par la voie lactée. https://www.youtube.com/watch?v=RNvHCBvTfX4&list=PLwXdXZKglYi_Ulyboo9TXl26CwmkDgTSr   Bon visionnage ;)   Si vous avez encore un peu de temps, je profite du message pour vous proposer une image du weekend dernier. Cette fois ci, le vent était inexistant ce qui permet d'avoir ce reflet quasiment parfait. Ainsi que sa petite vidéo illustrant la scène https://youtu.be/Q_jDhvsShP0?list=PLwXdXZKglYi_Ulyboo9TXl26CwmkDgTSr   Bonne semaine
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Svalbard 78°N en images

Bonjour les givrés, Après la belle aventure pleine de rebondissement du weekend, place à une période plus posée et plus propice au repérage et à la prise de vue. Pour ceux qui ont la flemme de lire toute l'histoire et qui préfère voir la version vidéo, c'est par ici: https://youtu.be/k7Q8T08uYtk   Et oui, du repérage, la partie laborieuse que l’on ne voit pas sur les images finales. Ce travail de l’ombre et fastidieux mais paradoxalement super excitent car permet de mieux connaître la région et sa faune. Lorsque l’image rêvée depuis plusieurs jours est enfin mise en boîte, l’euphorie en est encore plus grande. Au début du séjour, les journées étaient très courtes et les températures encore bien fraîches, en dessous de -20° en moyenne. Il y a très peu d’animaux sur place, seuls les plus adaptés peuvent survivre à l’hiver arctique. Le lagopède alpin, le renne, le renard polaire et l’ours sont les espèces terrestres qui restent sur l’archipel. Je plains Stéphane qui devait s’arrêter tous les 200m pour que je puisse prendre en photo des rennes. Les rennes sont omniprésents dans la région est très actifs et pour cause… Ils n’arrêtent pas de gratter la neige à la recherche de micro-brindilles ou même de lichen sur les roches comme ci-dessous.

Lagopède picorant des pousses

Ils ne craignent pas la présence humaine et, avec de la patience, on peut même totalement se faire oublier. Ils sont occupés à gratter. L’hiver ne doit vraiment pas être facile pour eux, sur les deux semaines de voyage on a trouvé deux jeunes rennes sans vie. Même les lagopèdes cherchent de la nourriture en permanence pour maintenir leur température interne. Une raison de plus pour ne pas trop les déranger : en cas de décollage de lagopède ou de regard fusillant de renne, nous rebroussons chemin. Je vous ai parlé de Stéphane sans vraiment vous le présenter si vous n’avez pas lu le premier billet de blog sur l’aventure. Un bon collègue connu par la photographie, il s’est expatrié pour faire une partie de ses études à l’UNIS au Svalbard. Une occasion unique pour moi de découvrir cette contrée reculée. Je vous laisse jeter un œil à son site où vous pourrez voir plus de 8mois d’images sur place ! Les rennes du Svalbard sont une sous-espèce du renne que l’on peut trouver en Norvège. Elle est endémique ce qui veut dire qu’elle ne vit que sur cette île. Plus petit et trapu mais surtout beaucoup plus mignon que son homologue du continent (je suis totalement objectif O:) ). De par leur grand nombre et leur confiance, j’ai vraiment profité pour essayer de les mettre en valeur dans leur environnement ou montrer la dureté des conditions météorologiques. J’ai aussi tenté quelques images plus osée. Voici 50 nuances de renne

Le renne par vent de 20m/s avec les premiers rayons matinaux

Le renne avec un petit arc en ciel

Le renne rose

Le renne trop près

Le renne au coucher de soleil

Les jumeaux sous la neige

Le renne entre aurores et pleine lune

Quoi de mieux qu’une image d’aurore pour faire la transition. Le nord c’est aussi cet incroyable spectacle de lumière. La nuit était encore bien présente la première semaine et surtout le temps était dégagé. Il n’y a pas eu de grosse éruption solaire pendant le séjour mais ce fût juste magique pour une première. Voir ce voile bouger à une vitesse folle avec des éclats violets. Parfois les lumières du nord sont bien plus calmes et se déplace très lentement. D’autre fois, on ne perçoit qu’un faible voile blanc qui est révélé uniquement par l’appareil photo. Chaque soirée était différente, merveilleux spectacle malgré le froid mordant et la fatigue grandissante avec de si courtes nuits. Entre les aurores et une lumière juste magique toutes la journée, dur de tenir le rythme. Heureusement que parfois le temps était vraiment couvert pour pouvoir faire une grasse mat. Le repérage continue tous les jours avec comme objectif premier le renard polaire (ou l’ours polaire mais on ne se fait pas trop d’illusion). Très difficile à repérer le renard car il est blanc comme neige. Bon d’après Stephane il est plutôt jaune mais je ne vais pas relance le débat ici… Ce qui est sûr c’est qu’il est dur à voir et nous fait marcher. En moyenne plus de 20km de marche par jour pour scruter tous les recoins. Presque déprimant autant de recherche et rien, haa si, deux rencontres furtives mais il disparut aussi vite qu’il est apparu. Rien n’est perdu, sûrement qu’il repassera, persévérance est le maître mot, la chance nous sourira sûrement. Malgré ça, les sorties ne sont pas des échecs car sur le chemin nous rencontrons des rennes voire parfois des lagopèdes. Les ambiances en fin de journée sont aussi juste magiques, un paysage de rêve. Je dois vous avouer que j’ai fait un peu l’impasse sur le paysage, pourtant j’ai tout de même repéré de jolies choses avec la banquise mais celle-ci change de jour en jour. De plus le jour se rallonge tellement (30min de plus par jour) qu’il est quasiment impossible de prévoir où sera le lever du jour le lendemain. Vraiment très perturbant d’avoir une montagne en contre-jour au lever alors qu’elle était éclairée par la droite la veille. Les jours s’allongent et se réchauffent quelque peu. Les animaux ayant délaissés la côte reviennent avec les jours plus doux. L’un des premiers à refaire son apparition est l’eider à duvet. D’abord une femelle puis quelques jours plus tard une autre, puis un mâle. Ils seront finalement plus d’une dizaine et j’assisterai même à leur parade nuptiale. Vraiment très comique leur comportement et chants! D’autres animaux emboîte le pas comme le guillemot à miroir ainsi que son homologue de Brünnich. Certains individus avaient encore leur plumage blanc, des restes de leur tenue d’hiver. Je me suis un peu laissé emporter car je pensais avoir affaire à un individu leucique  Plus au large on pouvait aussi apercevoir des labbes  Des morses   Et même des ours très très très loin   La deuxième semaine est là. Les journées sont maintenant très longues, le lever de soleil est aux alentours de 4-5h du matin. Malgré ma motivation je suis obligé de faire l’impasse car impossible de faire le lever du soleil, le coucher et en plus rester sur le qui vive la nuit pour les aurores. Stéphane ainsi que ses autres collègues doivent reprendre les cours, des rapports les attendent. Maintenant il va falloir sortir totalement équipé. A deux on pouvait se répartir le matériel comme le fusil ou le pistolet pour intimider les ours. A présent c’est bien 3 kg de plus à emmener avec soi sur les 20km de marche quotidienne. C’est reparti, je retourne presque quotidiennement prospecter les zones où l’on avait repéré brièvement les renards. Je décide d’y consacrer la journée pour augmenter mes chances de rencontres. Toujours rien, je passe à côté d’un renne mort et je me dis que peut être cela va attirer les renards ? Je fais une pause pour manger mon casse-croûte totalement congelé sans saveur (oui, ça n’a pas de goût une fois gelé) quand tout à coup, hop un lagopède se pose non loin de moi. La lumière est encore assez haute dans le ciel, j’imagine déjà une photo de lagopède en contre-jour. Comme prévu le groupe de lagopède est quelques mètres plus loin derrière des rochers. Ils sont confiants et me laissent approcher. Les lagopèdes alpins du Svalbard, comme les rennes, sont aussi endémiques. Contrairement aux rennes, plus petits que leurs homologues du continent, les lagopèdes sont presque deux fois plus gros que la sous espèce de suisse par exemple. C’est une observation qui se fait sur beaucoup d’espèces, la loi de Bergmann. Plus on va au nord, plus les espèces sont grandes. Sur le moment, avec le vent qu’il y avait, je me disais plutôt que leur embonpoint leur évitait d’être balayé par une rafale. Après avoir pu faire l’image en contre jour que j’avais en tête, ils se déplacent doucement vers une plaque de glace. Pour les avoirs vu plusieurs fois déraper et se casser la figure, je voulais mettre ça en boîte. Mon vœu ne se réalisa pas, peut-être que les lagopèdes ont vu l’entourloupe. Plutôt que de risquer une image ne les mettant pas en valeur ils préfèrent s’envoler. Comme souvent avec les lagopèdes, au jeu du cache-cache ils sont les plus fort. Impossible de retrouver leurs traces. Je n’ai pas à me plaindre, je viens de passer bien deux superbes heures en leur compagnie. Pleins de beaux souvenir en tête et une carte de 16Go pleine. Voilà que l’après-midi est bien entamé et enfin, le moment tant attendu arrive. J’entends des glapissements de renards, c’est bien eux ! Ce n’est pas gagné car quelques jours auparavant j’en avais entendu mais impossible de les repérer. Cette fois-ci c’est bon, je l’ai en visuel. Je ne le quitte pas des yeux, je ne ferais plus l’erreur de regarde l’image sur mon écran et perdre sa trace. Il va vite, zigzague entre les rochers. Il est loin mais avec les jumelles je garde sa trace. Avec la cagoule devant la bouche, la buée givre mes jumelles et je n’y vois plus rien. Heureusement le renard a l’air de s’être calmé et s’est mis en boule sur un rocher. Je repère bien le coin et commence mon approche. Je regrette très vite de ne pas avoir pris les crampons avec moi. Evoluer sur ce terrain escarpé et verglacé n’est pas évident (surtout avec le fusil et tout l’équipement d’avalanche). Je me vois obligé de tailler des marches dans la pente pour ne pas me retrouver les quatre fers en l’air. Heureusement le renard m’a attendu sagement, roulé en boule en train de somnoler. Quasiment à bout de souffle, je prends quelques images, je suis sur un nuage. Je n’osais presque plus y croire, trois jour avant de repartir me voilà à quelques mètres de lui. Un mouvement un peu brusque et immédiatement il tourne la tête et observe, quel est bien ce gugus assez fou pour monter aussi haut avec moi ? Pas plus inquiet que ça, il enfouit sa tête dans son pelage. Je n’ai jamais été aussi heureux d’être snobé  Pour me montrer à quel point il avait rien à faire de moi, il se mit à bailler. Deux petits portraits Mais voilà qu’un autre renard se met à crier et, quasiment instantanément, ma boule de neige se lève et va à la rencontre de son congénère. Maintenant j’en suis sûr, le rûte du renard polaire bat son plein. J’ai pu assister à quelques scènes incroyables, voilà qu’il se traîne sur le neige pour attirer l’attention de sa convoitée ! Ils se rapproche mais ce n’est pas gagné, madame montre les dents. Et voilà que les deux disparaissent plus haut dans les rochers. Je suis déjà dans une situation précaire avec une pente à perte de vue finissant dans la mer, sans crampons. Je prends mon temps pour descendre et me jure de mieux m’équiper la prochaine fois. Sur le chemin du retour, je me remémore ce moment incroyable et là je regrette de ne pas avoir sorti l’objectif grand angle lorsque j’étais à côté du renard pour le montrer dans son environnement. Un coucher de soleil, le renard et une superbe vue sur la mer. Je me jure de changer d’objectif coûte que coûte si la situation venait à se représenter. On peut toujours rêver… Le lendemain je reviens bredouille, la neige s’abat sévèrement et le vent empêche d’avoir une bonne visibilité. Le surlendemain, j’y retourne avec mes crampons. C’est le dernier jour, je rêve d’une nouvelle rencontre. La météo annonçait un temps magnifique mais comme à chaque fois, elle est à côté. Neige au rendez-vous. J’attends, les heures passent, toujours rien. Je vois que je ne suis pas le seul, deux autres photographes sont au pied de la pente. Je ne pense pas qu’ils m’aient vu, je suis bien 100m plus haut bien agrippé dans la pente. Le ciel est toujours couvert et toujours pas un rayon de la journée. Mais sur l’horizon, juste au-dessus de la mer, une fine bande sans nuages. J’ose espérer que les dernières lueurs du jour permettront d’éclairer la paroi. Et oui, voilà que le soleil pointe le bout de son nez, il est tellement bas que la lumière est déjà dorée, juste magique. Il manque juste un renard… Maintenant que la lumière et là, je me lève et évolue dans les rochers. Je tente le tout pour le tout. Et les voilà, deux petits vallons plus loin, on dirait qu’ils m’attendaient. Les deux côte à côte en amoureux à regarder le coucher de soleil. Je prends quelques images au téléobjectif et me rappel du regret que j’ai eu il y a deux jours. Pour éviter la même erreur, j’ai glissé dans ma poche le 16-35mm, mon objectif pour les paysages. Le vent s’est levé, de la neige vole de partout. Tant pis pour le matériel, sûrement une des pires conditions pour changer un objectif. Le grand angle est monté, je prends quelques images. Dommage on est du mauvais côté, on ne voit pas le coucher du soleil mais la scène est juste sublime. Le soleil continue de descendre, le temps m’est compté avant qu’il ne disparaisse noyé dans l’océan. J’imagine déjà une photo de renard en contre-jour avec son pelage rendu orange translucide avec la lumière du coucher de soleil. Je recule pour les contourner. Malheureusement les deux tourtereaux ne l’entendent pas de cette manière et s’éloignent. J’essaie de me placer pour les avoir en contre-jour mais impossible. La lumière faiblit, tout devient rose. Je n’ai jamais vécu une telle lumière, les renards sont éclairés par-dessous, une atmosphère juste sublime. Je reste là et les observe avec ces dernières lueurs. Un souvenir gravé à jamais dans mon cœur. La nuit arrive à grands pas. Les renards sont remontés dans les rochers en jouant au chat et à la souris. Les 8km pour le chemin du retour ne se sont pas fait sentir. Je ne pouvais rêver mieux comme dernier jour de photo. Oui, dernier jour de photo car le lendemain c’est la soirée raclette. La journée fut consacrée à la sculpture des bancs, de la table et du foyer pour la raclette au feu de bois. Les travaux furent tout de même interrompu par un lagopède qui passait par là. Et le soir, juste avant de prendre l’avion, place à la raclette au feu de bois la plus arctique. Qui dit mieux que 78°N ? Un peu galère avec les moufles... #polarraclette C’est des souvenirs pleins les yeux des rencontres incroyable et des cartes mémoires remplies (6300 images) que je rentre au chaud. Merci encore à Stephane (juste au dessus) et à ses collègues de super héro aero, juste génial! Bonne chance à eux pour la suite, je les laissent ici. Une vidéo retraçant l’aventure: https://youtu.be/k7Q8T08uYtk   Pour ceux qui veulent voir les images en HD, ca se passe ici: http://apvl.ch/album-svalbard/
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