Comète Neowise

Voyager dans l’espace, voir d’autres galaxies, d’autres planètes, sauter de cailloux en cailloux sur la ceinture d’astéroïdes. Des rêves d’enfance mais pourtant, cet espace si immense et inatteignable peut tout de même être visible depuis notre Terre. En voici un bon exemple, actuellement la comète C/2020 F3 aussi surnommée Neowise (nom du satellite l’ayant découverte) est visible dans le ciel nocturne. Son histoire est fascinante et semble sortir d’un film de science fiction. Il nous est possible d’observer un bout de roche et de glace en dérive dans notre système solaire. Elle peut nous venir du nuage d’Oort à plus de 30’000 unités astronomique d’ici. Attirée par la gravité du soleil, elle tourne autour de celle-ci sur une orbite elliptique. Sa prochaine apparition dans notre ciel aura lieu dans 6500années ! C’est lorsqu’elle s’approche du soleil que la glace et la poussière à sa surface est sublimée. Une partie de la masse de la comète passe de l’état solide directement à l’état de gaz. Ce gaz est ensuite balayé par le pression de rayonnement solaire ce qui donne la queue à la comète visible dans notre ciel. Cette queue est légèrement courbée car les particules relâchées sont aussi attirées par la gravité du soleil. Parfois une seconde queue droite plus bleutée est aussi visible, celle-ci est composée de plasma propulsé à haute vitesse par le vent solaire. En bref, il nous est donc possible de voir un bout de roche de plus d’une dizaine de kilomètre de diamètre venant de la limite de notre système solaire tournant autour de notre étoile tous les 6500ans. C’est ce genre d’événement qui nous remet un peu à notre place, nous terriens sur notre petite bille bleue. Elle est visible pendant tout le mois de juillet 2020 à l’horizon au petit matin vers les 3:30 direction NE et sur la fin du mois, elle peut être observée à la tombée de la nuit jusqu’à 23:00 direction NW. Étant trop jeune pour me rappeler de la comète Halley, ce sera ma première observation de comète. Je règle le réveil sur 3h et vais me coucher. Au petit matin, je monte le plus haut possible en montagne pour dégager au maximum mon horizon et aussi m’éloigner de la pollution lumineuse. En montant, j’aperçois un voile très clair et blanc quasiment immaculé. Serais-ce de la pollution lumineuse ? Non, c’est jaunâtre habituellement. Je regarde plus attentivement et je distingue une sorte de drapé pleins de plis dans le ciel. Le déclique se fait, c’est ma première observation de nuages noctulescents !   Ce sont des nuages très haut dans le ciel, dans la mésosphère soit à environ 80km d’altitude. La température y est glaciale, dans les -120°, ces nuages sont donc des particules de glaces éclairée par le soleil qui ne c’est pas encore levé.   Et c’est ensuite que je découvre la comète au dessus de ces nuages noctulescents. Quel spectacle, deux événements incroyables simultanément. Je ne savais pas encore si la comète serait visible à l’oeil nu. Le doute est dissipé, elle brille de mille feu. Après quelques instants à observer le spectacle, je pose mon appareil sur le trépied pour immortaliser ce moment unique.   Puis l’aube arrive et la comète et les nuages disparaissent laissant place à un ciel bleu uniforme puis les nuages classiques fait de petites gouttelettes d'eau en suspension rougissent en captant les premiers rayons lumineux. Me voila amoureux de cette comète. Un peu déçus de ne pas avoir de premier plan pour la mettre en valeur, je cherche une idée de paysage interessant orienté NE. Pas évident de trouver une scène qui s'y prête bien, je suis plutôt habitué à des paysages orienté sud car c'est là que l'on peut voir la voie lactée. Après de longue réflexion, je pense au glacier d'Aletsch, le plus grand glacier du continent Européen qui est orienté nord. Pour mettre en boite la comète dans ce décors, il faut dormir sur place. Je jette dans mon sac le matériel de bivouac ainsi qu'une collection d'objectifs ne sachant pas lequel s'y prêtera le mieux (15mmf2, 24mmf1.4, 100mmf2.8 et 100-400mmf4.5/5.6). En basquette, j'attaque la montée depuis Bettmeralp, longe le glacier puis le chemin se transforme en course d'arrête. Ce n'est pas vraiment le bon endroit pour se promener en basquette de trail... 1100m de dénivelé plus loin, me voilà au bon emplacement pour espérer photographier la comète avec le glacier. J'ai comme un doute car la comète est orientée NE et le glacier est plutôt N. J'ai peur que la comète soit trop à droite ne pouvant ainsi pas la photographier avec le reste du paysage. Un autre soucis survient, il va falloir trouver un place pour dormir parmi ces cailloux. Je commence par faire une place plus ou moins plate ensuite je pose mon sol de tente et me rend compte que la place est bien trop petite. Impossible de planter des sardines, je cale donc le tout avec des rochers. Les absides ne peuvent pas vraiment être déployées. Coté montagne je la coince entre deux cailloux et de l'autre coté je la fixe à mon sac pour éviter qu'elles se fassent battre pas le vent.   En installant le camp, je me rend compte que j'ai oublié mon matelas gonflable... La nuit sera courte et douloureuse pour le dos, je ne perd pas trop de temps avant d'aller me coucher. Je laisse l'appareil sur le trépied pour faire une circo polaire pendant la nuit. Le problème est que très vite, le ciel se remplit de nuage dégradant fortement le rendu de la circumpolaire. Je vous la partage tout de même, ca montre bien l'orientation nord du glacier.   Au réveil, c'est la déprime, le ciel recouvert de nuage et je vois à peine les étoiles. Par principe je prépare quand même mon matériel en time laps pour espérer voir sortir la comète. Sans trop d'espoir, je met en route la fonction de prise de vue à interval régulier et je vais me promener pour me réchauffer un peu. Le temps passe, il est 3:20 et voila que j’aperçois une petite traînée sortir d'une pointe. Ca doit être elle, ça doit être la comète. Au pas de course pour rejoindre l'appareil, arrêter le time laps et sortir la longue focale pour lui tirer le portrait. Maintenant, je la voit bien, elle est dans le seul coin de tout le ciel sans nuage, quelle chance!   Une composition symétrique gauche droite avec juste la comète qui vient casser cette balance. On dirait la fin du monde avec une boule de feu venant s'écraser sur la terre. Mais très vite, elle disparaît derrière les nuages. En moins de 10min elle est sorti de l'horizon puis c'est cachée derrière les nuages. Je suis tout de même aux anges car je ne pensais pas la voir du tout! Plus tard, en regardant le time laps, je trouve une image avec le glacier où la comète est bien visible   Le jour ce lève et la comète est définitivement dissipée. Je profite pour retourner faire un petit somme jusqu'a 5h pour ne pas rater le lever de soleil. En sortant de la tente, c'est le spectacle, tout est doré. Je me précipite chercher l'appareil et commence à faire un panorama pour montrer l'immensité du glacier.   Derrière moi, les premiers rayons éclaire les 4000 dans une magnifique ambiance rosée, de quoi bien commencer la journée!     //En cours d'écriture
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Alphubel 4206m

Cela fait un moment Qu'il n'y a plus eu de billet de blog sur les 4000. La raison est toute simple, avec la paralisation des soins médicaux par le COVID19, nous avons décidé de remettre à plus tard les 4000 prévu. Les activités à risque sont déconseillées notamment car les secours sont moins disponible. Dommage car la période avril-mai est vraiment optimale pour faire des ascensions. L'impact sanitaire en Suisse dû au virus diminue et les recommandations s'assouplissent par palier. C'est donc l'occasion pour nous de se remettre en route. Avec la fermeture précipitée des stations de ski en mars, nous voulions sortir encore une fois les skis! L'Alphubel est le 4000m choisi pour compléter la liste. La route nous permet de monter jusqu’à l'alpage de Täscheralp à 2200m. Il nous faut ensuite porter ses skis jusqu'a la neige. On est à la fin du moi de juin, il nous faudra donc monter jusqu’à 3300m d'altitudes avec nos skis sur le dos (+1100m). Stephane avec le packtage complet   Arrivé au pied du glacier, après 1100m de montée positif, nous installons la tente pour y passer la nuit. Pour une fois que c'est pas moi qui perd les affaires, Stephane à réussi à oublier son matelas :O Pour éviter qu'il passe une trop mauvaise nuit, nous choisissons un sol un peu mou, un gros rocher... Mais au moins, la vue est belle!  On me demande souvent des conseils pour des tentes et j'ai tendance à insister sur le fait d'avoir une tente auto-portante. Elles sont généralement plus lourde mais elles ont une plus grande polyvalence par exemple sur la neige ou les sardines ne tiennent pas forcément très bien ou comme ici sur un caillou. Une tente auto-portante permette de tenir sans devoir planter des sardines. Au profite des quelques heures avant le coucher pour chauffer de l'eau pour le lendemain et aussi pour souper des lyophilisés   De l'autre coté, nous pouvons apprécier la vue sur l'Alphubel culminant à 4206m. Nous voulons être au sommet pour le lever de soleil. Le réveil est donc réglé pour sonner à 2h du matin. Le téléphone nous annonce moins de 4h de sommeil mais nos discutions nocturnes nous laissera finalement que 1h20min de sommeil. D’ailleurs, je vais m'arrêter là et je vais me coucher :)   Avant de se glisser dans le sac de couchage, on apprécie les derniers rayons de soleil avant que la température ne chute drastiquement. Cervin à gauche et Weisshorn où le soleil se couche. Deux 4000 qui restent à faire mais pas pour tout de suite...   Il est 2h du matin, comme prévu le réveil sonne. Dur dur de se lever... 10 minutes plus tard, je m'extirpe de la tente et en attendant que Stephane sorte, je profite de faire quelques images de notre camp de base sous les étoiles.   La lune est en train de se coucher derrière le Cervin. On ne le voit pas à l'oeil nu, mais les dernier rayon de lune éclairent encore l'antécime de l'Alphubel.  Notre but est de gravir le sommet juste derrière culminant à 4206m. Rapidement, nous somme forcé d'ajouter les couteaux à nos ski de rando. La pente se fait plus raide et la neige fondue de la veille c'est transformée en patinoire avec le regel nocturne. Au fur et à mesure de notre avancée, le ciel et les sommets environnent s’éclaircissent effacent bientôt les étoiles. Une fois l'Alphubeljoch et le col passé, l'horizon se découvre et la vue est sublime. Le ciel commence légèrement à jaunir annonçant le lever de soleil. Sur notre droite, nous pouvons observer deux 4000 déja coché sur notre liste à savoir l'Allalinhorn (4027m) et le Strahlhorn (4195m). Ça fait bizarre de voir l'Allalin sans le brouillard, ça forme en pic est vraiment particulière depuis cet angle lui donnant une dimension plus impressionnante.   D’ici, deux chemins sont possible. Le chemin d’arrête ou le passage depuis derrière sur le glacier. Avec nos ski, le détours par le glacier semble plus approprié et laisse plus de place pour effectuer les nombreuses conversions qui nous attendent. La grande traversée se fait sans trop de mal malgré les passages un peu chaotique à travers les blocs de glaces laissés pas des coulées d’avalanche. Nous voici dans le dernier couloir avant le sommet. Une petite pause s’impose pour boire une goutte d’eau. En fouillant mon sac, la bouteille de PET glisse et se met à dévaler la pente du glacier. Elle glisse à perte de vue. On ne la retrouvera pas malgré notre recherche sur le chemin du retour, elle doit être au fond d’une crevasse…C’est à quelques mètres avant le sommet que les premiers rayons de soleil nous atteignent, La lumière est splendide. D’abord d’un rose pastel me rappelant la lumière nordique du Svalbard puis la lumière devient orangée. Autour de nous, la neige prendre la couleur du sable. Un instant magique que d’être baigné dans cette douce lumière en même temps que les autres 4000 nous entourant. Rapidement, nous sommes au sommet de l’Alphubel à 4206m d’altitude. Un nouveau record d’altitude pour moi et une vue imprenable sur 360°. Le vent souffle cependant relativement fort nous obligeant à ajouter des couches sous notre GoreTex. vue sur le Dome Après avoir apprécié la vue, on retire les peaux de phoques de nos skis ainsi que les couteaux. On bloque les chaussures de ski pour la descente. Il est maintenant l’heure de profiter de la dernière descente à ski de la saison. Les 500 premiers mètres de descentes sont très agréable avec une fine couche de poudreuse suites aux récentes pluies. Ces quelques contours serrés dans le couloirs du glacier sont un vrais bonheur. La seconde partie est mois plaisante avec une couche verglacée mais reste tout de même un vrais bonheurs après avoir fais l’ascension! Nous retrouvons notre camp de base comme il a été laissé au petit matin. On plie le tout et nous voilà à pied avec les ski sur le dos sur le chemin de la descente.
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Sous terre

Ça fait longtemps que je voulais me promener sous terre. Je suis parti pour quelques jours en autonomie en bivouac quand j'ai demandé à mon ami spécialisé dans tous ce qui est grimpe de me rejoindre. On parle un peu des grottes que j'ai vu dans le coin (une qui faisait une trentaines de mètres de long quand même). Au fil des discutions, il cherche dans ses archives de son club de spéléologie ainsi que dans les articles publiées dans le domaine et il trouve une grotte pas loin de mon campement. C'est décidé, le lendemain on va explorer cette grotte! On regarde le topo de la grotte. -130m de profondeur pour 640m de galerie linéaire. Quelques méandres et quelques puits mais dur de s'imaginer la grotte sans y être. Après quelques difficultés pour trouver l'entrée de la grotte qui ressemble à tous les autres trous que l'on peut trouver dans les environs, on se glisse à travers le lapias. Dans la grotte, on découvre pleins de matériels de spéléologie laissés par ceux qui ont exploré la cave. Le matos commence à rouiller et même l'alu à oxyder. Je n'ai pas vraiment l'équipement de spéléologie vu que je suis parti sur un coup de tête. Je récupère donc une des tenues de spéléo laissé par les anciens mais pas de casque malheureusement. La combinaison sent un peu le moisi mais c'est toujours mieux que d'y aller en doudoune. Entre les chaises pliantes, matelas, baudrier et sac de couchage trouvé sur place, la date de péremption des bières nous font estimer leur dernière visite à 2015. Bref, c'est en combinaison mais c'est sans casque ni équipement de corde que je continue l'exploration. Vraiment pas recommandé mais on ne va pas prendre de risques inconsidérés. Si la grotte devient technique, on s'arrêtera. Quelques passages un peu coincés au début de la grotte Je suis comme un fou, je me faufile à travers la roche tel un verre de terre. Mon pied glisse de temps à autre sur la couche de glaise qui recouvre les cailloux mais comme nous sommes toujours sur 3 points d'appuis, pas de chute à déplorer. Un peu plus loin, la grotte s'élargie et je vois mes premières stalactites, c'est trop beau, magnifique, je ne m'attendais pas à voir un tel spectacle. Des vestiges d'un autre temps. L'une d'entre elle attire mon attention en forme de cocon. Peut être qu'un jour, un papillon millénaire sortira de cette chrysalide?   On continue la descente dans la grotte. La forme de la grotte change avec un canyon qui c'est creusé dans le temps. Ce qui rend l'avancée un peu plus périlleuse. C'est en voyant cette forme que me reviens l'idée d'une photo de Paul Zizka que j'adore et que je garde en référence. Malheureusement je n'ai pas pris le 15mm et la focale de 24mm est bien trop longue pour faire l'image que j'avais en tête. Je vous la montre quand même mais ça ne reflète vraiment pas ce que je voulais faire... Ce sera pour la prochaine fois :) On arrive maintenant à la moitié de la grotte. A notre gauche une cascade qui a l'air bien profonde et superbe à photographier! Malheureusement, le niveau technique de la grotte devient bien plus complexe. Je ne peux pas aller plus loin sans le matériel adéquat. Le collègue va tout de même jeter un oeil et me dit que la cascade doit faire plus de 5m de haut et que l'on peut passer derrière. Je ne peux qu'imaginer... Cette descente est sans issue, la suite de la grotte continue au dessus du gouffre. Mais comme pour le puits, c'est bien trop risqué de continuer. Benjamin part seul en éclaireur et disparaît dans le tunnel L'attente se fait assez longue. Il a glissé sur la glaise sur une 10aine de mètre avant de s'arrêter comme dans un toboggan. Il va falloir revenir équipé plus sérieusement pour voir la fin de cette grotte et mettre en boite cette cascade :) J'ai hâte d'y retourner. Je mettrai à jour ce billet de blog au fur et à mesure de l'exploration ;)
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Maya

Toujours dans le but de gravir tous les 4000m de Suisse, un certain entrainement s’impose. La difficulté d’ascension augmentera au fur et à mesure de la réalisation de la liste. Certains sommets demandent des compétences spécifiques en grimpe et c’est dans ce cadre-là que nous décidons avec un bon ami, Benjamin, d’enfiler les skis une dernière fois de la saison.

Le but est de gravir une montagne mythique pour moi, la Maya culminant à 2916m d’altitude avec 96m de falaise coté en 5b.

En fin de saison, la neige devient très lourde et les pentes exposées ont un gros potentiel avalancheux. L’approche classique est donc bien trop risquée et à déjà prouvé sa dangerosité par le passé. C’est pourquoi l’approche se fera sur deux jours via le vallon de Réchy bien moins dangereux mais une route bien plus longue.

Nous établissons le camp de base au bord du lac du Louché après 10km de ski de randonnée. La nuit s’annonce fraîche. Un trou dans la neige est creusé pour nous abriter un peu du vent. Pour augmenter l’isolation, on met une couverture de survie entre la neige et les matelas gonflables. Pour le fun, nous faisons un vrai bivouac sans tente.

Avant de se mettre au lit, on casse la croûte mais pour cela, il faut mettre en route le réchaud. Etant donné le froid, on a opté pour un réchaud à essence sensé mieux résister aux températures. Il nous aura fallut tout de même presque 1h pour le mettre en route et quelques doigts en moins. Dans tous les cas, les spaghetti bolognaises chauds font plaisir !

Il est temps de se coucher, le lendemain, on attaque l’ascension de la Maya. Une montagne que je rêve de gravir !

La nuit fût bien fraîche. -17°C selon ma montre. Dans tous les cas, il faut se lever ! Le jour n’est pas encore levé mais le temps presse car il nous faudra redescendre en plaine avant que le soleil ne ramollisse trop la neige et dégrade les conditions.

On passe le col. De là, la Maya ressemble à une aiguille. Mon estomac commence à se nouer, je pensais qu’elle serait moins verticale de l’autre côté mais l’autre face semble pire. Après quelques passages un peu plus casse-gueule avec des passages en ski de rando sur cailloux, nous voici au pied des 100m verticaux à gravir. Le soleil se lève tout juste à l’horizon et vient faire rougir la falaise s’élevant sur 100m.

On s’allège, on met de côté des choses pas trop utile traînant sur mon baudrier tel qu’une broche à glace par exemple. La falaise monte à pique. Pour quelqu’un n’ayant encore jusqu’à lors jamais fais de grimpe, c’est impressionnant. On verra tous de suite si je suis capable de grimper du 5b avec mes grosses chaussures Sportiva dans ces parois totalement gelées.

Benjamin monte en tête et m’assure. Il utilise deux cordes par sécurité. Les cailloux dans cette falaise ne sont pas très stables, il vaut mieux avoir deux cordes en parallèle si l’une d’entre elle venait à être cisaillée. La corde est bien tendue, je ne risque pas grand-chose en cas de chute, je peux faire confiance à mon compagnon de cordée. Malgré ça, la chute n’est pas du tout une option dans ma tête de montagnard et non pas de grimpeur.

Les mètres de montée s’accumulent, la confiance et la compréhension du mécanisme de grimpe s’installe peu à peu jusqu’au premier passage plus complexe. En face de mois, une paroi de 3m de haut avec aucune prise. Seulement une faille d’environ 5cm sur toute la longueur. Il aura fallu enfiler la main dans la faille puis ensuite serrer le point pour s’ancrer. Ensuite mettre son poids sur notre point comprimé dans la faille pour se hisser d’une 30ène de centimètres avant de se bloquer en position de la même manière avec l’autre mains. Répéter ce schéma jusqu’au sommet de la paroi. Après ce passage, je n’avais plus froid, les doigts un peu en compote mais fier d’avoir passé ce petit passage technique.

Après la deuxième longueur de corde, un nouveau passage technique se présente. Cette fois c’est une sorte de paroi en angle droit. Les prises ne permettent pas de grimper de manière classique. Il aura fallu plaquer ses mains sur les deux faces de la paroi pour se hisser vers le haut. Une expérience un peu effrayante car si la pression contre la roche n’est pas suffisante, c’est une glissade assurée.

Il y a eu un troisième passage un peu plus délicat ou je n’ai pas vraiment réussi à comprendre comment traverser. J’ai donc un peu triché et je me suis tiré sur l’ancrage métallique pour me hisser par-dessus l’obstacle.

Après 150m d’ascension verticales et de grimpe. Nous voici au sommet de la Maya avec une vue imprenable sur les alentours. Une grande fierté pour moi d’arriver au sommet de cette montagne que je vois depuis mon plus jeune âge. Un grand merci à Benjamin qui m’a permis d’atteindre ce sommet. C’est une belle expérience qui me permettra de continuer la liste des 4000m avec un pied plus sûr.

Sauf que ce n’est pas fini. Il faut encore redescendre. On se prépare pour le rappel et c’est parti pour se laisser pendre dans le baudrier jusqu’au pied de la montagne.

Le soleil c’est bien levé maintenant, c’est vraiment le dernier moment pour descendre les pentes exposées avant que la neige ne tourne trop. Une jolie descente avec quelques contours qui font plaisir. Mais très vite, il nous faudra porter les skis de longs km dans la forêt.

J’espère que ce petit récit de mini expédition vous a plu avec une approche sur 2j. Certes les grimpeurs d’entre vous doivent trouver bien superficiel cette ascension seulement en 5b mais c’est une première pour moi et cela me permettra d’attaquer des sommets plus complexes en confiance.

A bientôt pour la suite :)

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Compenser la rotation terrestre pour photographier de nuit

Intro : La lune, la voie lactée, les nébuleuses, les comètes, les planètes, toutes des choses gigantesques dérivant dans notre univers. Nous n’y mettrons jamais les pieds de notre vivant mais on peut tout de même les photographier. Cette immensité me fascine et la beauté de ce qui est hors de notre portée m’éblouit. J’ai débuté la photographie nocturne en m’équipant d’optiques lumineuses et de boitiers avec une bonne gestion en haute sensibilité. Ces outils performants très sensibles à la lumière, permettent de rendre visible ce que l’œil arrive tout juste à apercevoir. Néanmoins, le matériel aussi performant soit-il, a ses limites. Les images que vous avez vues jusqu’à présent ont un rendu acceptable en petit format ou sur des supports de publication tels que FB ou Instagram. Si l’on commence à se plonger plus profondément dans l’image ou que l’on veut faire de grands tirages, le grain et la perte de détails deviennent notables.

Image trackée avec une sensibilité moins élevée à droite. Une image avec un temps d'exposition court et haut iso à gauche

La cause de cette course à la sensibilité et à la lumière est dûe à la rotation de la terre et le mouvement des astres. De ce fait, pour ne pas avoir une image floue dû à ce mouvement tel que des étoiles ressemblant plus à des traits qu’à des points, il faut une vitesse d’exposition du capteur photo plus ou moins rapide. Néanmoins, il est possible de combattre la problématique à la source. Il y a deux écoles. Ceux qui prennent pleins d’images courtes puis les superposent pour ensuite les moyenner (stacking). Ainsi le bruit sera diminué et les fins détails accentués. L’autre possibilité est de compenser le mouvement de rotation de la terre avec une monture motorisée dite équatoriale (tracking). Avec la rotation terrestre, il est possible d’augmenter significativement le temps d’exposition et ainsi diminuer la sensibilité de l’appareil et donc avoir des fichiers plus propres. Il y a aussi la possibilité de combiner les deux solutions pour un résultat encore plus propre. Comme vous l’aurez deviné avec le titre, c’est la partie tracking que nous allons détailler.   Matériel : Il en existe de toutes tailles, à tous les poids, avec contre poids, à tous les prix, à toutes les précisions, avec compensation de dérive, avec assistance à la localisation etc. Je ne connais de loin pas toutes les montures car l’astronomie est un monde à part entière mais j’ai épluché un peu le net pour trouver ce qui correspondait au mieux à mes besoins. Mon cahier des charges était le suivant.

- Abordable financièrement

- Portable et pas trop lourd pour prendre en balade.

- Pouvant supporter le poids d’un hybride avec un objectif UGA lumineux pour la voie lactée et un petit télé pour gouter au ciel profond.

- Suivi du soleil pour les éclipses

J’en ai trouvé deux qui me paraissaient intéressantes. La mini track LX3 de Omegon et la star adventurer Pro. La LX3 est une monture entièrement mécanique avec un cliquetis lorsque le système compense la rotation terrestre. Relativement compacte et légère (600 grammes), elle peut être emmenée en bivouac. Mon cœur d’horlogerie mécanique Suisse m’a fait craquer pour ce modèle. Les images trackées de cet article ont tous été prises avec cette monture. Elle a cependant de gros désavantages tels que son fonctionnement est limité à l’hémisphère nord et qu’elle ne puisse pas suivre le soleil ou la lune. La star adventurer pro viendra certainement rejoindre mon équipement lorsqu’une bonne occasion se présentera.     Utilisation : La mise en station est le terme utilisé pour aligner la monture équatoriale sur le centre de rotation de la terre. C’est une étape à ne pas négligée car la monture a beau être aussi précise que possible, si la mise en station est mal faites, la longueur du temps de pause ne sera pas maximisée. Dans l’hémisphère nord, le centre de rotation est grossièrement sur l’étoile polaire. L’étoile polaire peut facilement être trouvée avec la grande ourse qui est une constellation très facilement reconnaissable en forme de casserole et visible rapidement dès la tombée de la nuit. Il suffit de prendre le bord de la casserole opposé au manche et l’allonger de 5x sa longueur environ pour tomber sur l’étoile polaire. Un alignement rapide peut être fait avec un laser perpendiculaire à la monture. Un réglage plus fin peut être fait à l’aide d’un viseur. Il suffit de pointer le centre de la croix du viseur sur l’étoile polaire. Si le viseur n’est pas rétro éclairé, il vous faudra l’éclairer manuellement à l’aide de votre smartphone par exemple. Pour un réglage plus fin, il faut savoir que l’étoile polaire n’est pas pile poil sur l’axe de rotation de la terre. Il vous faut aligner l’étoile polaire non pas au centre, au milieu de la croix du viseur mais sur un petit cercle. Plus ou moins à l’intérieur ou à l’extérieur du cercle selon l’année (car l’angle de rotation varie dans le temps). Il faut vous référencer à la documentation technique du viseur pour savoir comment le placer en fonction de l’année (mais sur le terrain, une telle précision est un peu superflue). Par contre, il faut mettre l’étoile polaire à un angle bien spécifique sur le cercle. Pour trouver cet angle, vous pouvez vous fier à l’application synscaninit par exemple. Voici les temps d’exposition max que j’ai obtenus en mettant en station la monture de manière grossière (étoile polaire au centre de la croix du viseur) : 24mm f1.4 sony 13min, 35mm f1.2 Sigma 3min     Traitement : Lorsque vous trackez les étoiles avec un temps de pause de l’ordre de la minute, vos étoiles seront nettes mais votre premier plan sera logiquement flou. Il vous faudra donc prendre au minima une autre image pour votre sol voire plusieurs si vous voulez stacker avec un premier plan proche net. Pensez à utiliser une sensibilité ainsi qu’une exposition globale de votre premier plan similaires au ciel dans un souci de cohérence. Certain préfèrent utiliser une image prise à l’heure bleue mais je préfère pour ma part utiliser une image prise à la même période que le ciel. Lorsque vous faites l’image du ciel, pensez que la monture va bouger et que le cadrage peut être un peu approximatif. Cadrer un poil plus large votre composition car vous aller perdre un peu lors du processus d’assemblage. Pour l’assemblage, l’utilisation très basique d’un soft permettant l’utilisation de calque est nécessaire. J’utilise pour ma part photoshop inclus avec l’abonnement de lightroom. Après avoir traité votre ciel et votre sol (un autre article sur le traitement de la voie lactée viendra prochainement), vous importez les deux images en tant que calque dans photoshop. Dans PS, vous alignez les deux images avec la fonction automatique sous édition. Une fois aligné, avec un masque de fusion sur l’une des deux images, vous effacez votre ciel ou votre sol avec la gomme avec un gradient grand. Vous pouvez ensuite affiner les contours avec le pinceau ou la gomme. Si la différence entre votre ciel et votre sol est trop grande, égaliser les deux images sur LR et recommencez. Maintenant un problème se présente. Votre image de ciel a le sol flou. Lors de la superposition, cela va créer une bande floue sur votre image finale plus ou moins grande selon le temps d’exposition du ciel. Soit vous avec beaucoup de pollution lumineuse et en débordant avec le masque du sol net sur le ciel, ça ne se voit pas. Mais si votre pollution lumineuse ou nuage ne permet pas de cacher le problème est que les étoiles filées du sol apparaissent dans le ciel, il vous faudra filouter selon votre niveau d’éthique.

- Eclaircir manuellement la bande plus sombre floue de l’image du ciel (prend une éternité mais est la solution la plus éthique)

- Baisser légèrement l’image du ciel pour faire « disparaitre » la bande floue du ciel derrière le sol net de l’autre image (marche si les contours sont nets comme des montagnes ou des maisons mais ne marche pas vraiment pour des arbres par exemple)

- Recréer du ciel étoilé dans la bande floue de l’image étoilée.

Image du sol et image du ciel 24mm

assemblé 24mm

Image du sol et image du ciel 35mm

Assemblé 35mm (plus lumière dans la cabane de l'heure bleue)

Panorama de 4 images avec mise au point différentes pour chaque image. Ciel tracké. 35mm

Panorama assemblé

  Monture équatorial (*LX3) VS statique

+ Image moins bruitée car augmentation du temps de pause

+ Moins de pixels chauds car sensibilité moindre

+ Traitement local plus facile (sélection automatique, réglage fin) car moins bruité

+ Plus grande dynamique entre le sombre et les clairs car sensibilité plus basse

+ Moins de coma et de vignetage car possible de fermer plus les objectifs

+ Plus économique car il n’est pas nécessaire d’avoir un boitier technologiquement à la pointe et des optiques ultra lumineuse

+ Permet d’amener ses images nocturnes à un « autre niveau »

+ * nécessite pas d’alimentation externe

+ * poids, encombrement, prix réduit

 

- Poids et encombrement supplémentaire

- Le ciel ne doit pas avoir de nuage, les contours entre le ciel et le sol doivent être net.

- Nécessite une mise en station lente et fastidieuse

- Nécessite une connaissance un peu plus accrue du ciel et des outils astronomiques

- Post traitement obligatoire et complexe car nécessite d’assembler au minima une image du ciel avec une image du sol

- *ne permet pas de tracker la lune, le soleil ou d’être utilisée dans l’hémisphère sud

- *le viseur est souvent obstrué par le boitier lorsqu’il est monté. Il faut donc mettre en stations sans appareil. Risque accru de désalignement de l’axe de rotation lorsque le boitier en mis en place par après.

- *compensation du moment de force avec des ressorts avec un résultat un peu aléatoire.

- *viseur non rétroéclairé compliquant la mise en station

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Au chant du tétras

On est au printemps, les températures commencent à devenir douces, la neige commence à fondre. Si on se lève de bonheure et que l’on écoute à la limite de la forêt, on peut entendre des gloussements. Ce sont les tétras lyre qui après avoir survécu à l’hiver en forêt en se nourrissant exclusivement d’aiguilles de conifère et en se protégeant du froid en creusant des igloos se montrent enfin. Avant l’aube, les mâles s’envolent vers la place de chant pour y défendre leur territoire. Chaque individu défendra ses quelques dizaines de m² bec et ongles contre ses adversaires. Les frontières sont claires, des arolles parsemés délimitent le territoire de chacun. Si un mâle s’approche un peu trop, la séance d’intimidation commence. Si cela ne suffit pas, un coup de bec à la hauteur du visage est vite arrivé, l'opposant devra user de ses reflexs pour esquiver voire contre-attaquer en vol. Ce sera maintenant la 7ème année que je vis ce spectacle dans leur intimité. Vous pouvez voir le dernier article ici. L’espèce est menacée et particulièrement fragile en cette saison des amours où la survie de la descendance peut se jouer voire la survie de l’individu en cas de dérangement. Il est donc impératif de prendre toutes les mesures pour avoir un impact minimal sur leurs pariades. Le stress sur l'espèce est déjà bien assez grand entre raquettes et ski de randonnée, ils n'ont pas besoin que les naturalistes s'y mettent aussi. Cela commence par une préparation en amont. Un repérage à l’aide de jumelles et longue vue. Les femelles peuvent déjà être présentes sur les places de chant jusqu’à 1h avant les mâles. Les mâles commencent à chanter vers les 5h du matin ce qui nous oblige à être dans l’affût avant 4h du matin pour éviter tout dérangement. Le mieux est encore de passer toute la nuit sur place. Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez la montée la veille à l’affût ainsi que son installation (et quelques images des années précédentes). https://www.youtube.com/watch?v=yjc03UfK-go C’est après avoir passé la nuit dans l’affut que l’on se réveille au chant du coq. Les premiers tétras se manifestent bien avant le lever du jour. Ils sont impossibles à voir tellement la nuit est encore présente. On sort doucement de nos rêves et on écoute les déplacements des coqs, on entend aussi les autres prétendants arriver petit à petit. Les premiers combats éclatent. Pour montrer leur présence, il existe plusieurs techniques. Celle du roucoulement en gonflant son gosier pour émettre un chant caractéristique Ce roucoulement est ensuite suivi par quelques cris plus stridents que j'appelle "crachat". Souvent accompagnés d'un petit battement d'aile voire d'un petit saut. Si cela ne suffit toujours pas pour impressionner les dames, il reste encore une technique secrète. Faire des petits vols pour bien montrer sa présence.   Cela se répète jusqu’à l’arrivée du soleil, un spectacle magique. De quoi oublier les 550m de montée dans la haute neige la veille et la nuit inconfortable passée dans l'affut. Une fois le soleil chauffant l'atmosphère de ses rayons, certains motivés continuent les combats dans une lumière magique.   D'autre retournent en foret pour y grignoter les premiers bourgeons de mélèze fraîchement éclos     Mais l’ambiance reste encore tendue. Si une femelle montre le bout de son nez, tous les coqs sautent à terre et recommencent leur joute de plus belle ! Vous retrouverez ici une galerie avec toutes les images de tétras prisent au fils des années: http://apvl.ch/tetras
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