Glacier d’Aletsch

Le temps s'annonce radieux pour le weekend. De quoi réfléchir au prochain 4000 Toujours dans l'idée de rendre la chose plus amusante, nous cherchons une nouvelle complication. Pourquoi pas faire un 4000 en 3 jours avec 2j d’approche pour l'Aletschhorn? Faire une mini expédition avec installation d'un camp de base? C'est décidé, le vendredi est posé en congé et on décolle pour la première étape. Un gros morceau, 15km et presque 1800m+ à faire pour rejoindre la cabane Hollandiahütte où l'on passera la première nuit. L'avancée est pénible, 30cm de neige sont tombés. Le manteau neigeux est instable au début (le fameux Wouchh) mais se stabilise plus haut. Le circuit que l'on a choisi est volontairement assez "safe" coté avalanche (danger niveau 3/5 lors de la montée) Le départ se fait depuis Blatten. On met les peaux et on traverse le fameux petit village de Kühematt avec sa petite chapelle que l'on retrouve sur de nombreuses peintures dans la région.   Le chemin continue de longs kilomètres durant sur la piste de ski de fond jusqu'au village de Fafleralp ou le chemin cessent. A nous de faire la trace dans les 30cm de neige fraîchement tombée. La première pause se fera au départ du glacier Langletscher. De quoi faire la pause de midi à l'ombre C'est aussi le moment d'enfiler le baudrier car la suite se fera sur glacier avec des risques de chute dans des crevasses. Le soleil tape fort, la neige commence à devenir lourd. Chaque pas se fait de plus en plus pénible et le glacier ne semble jamais s'arrêter. Son nom "Langgletscher" ne vient surement pas de rien... Le soleil commence à disparaître derrière l'horizon tout comme mon énergie. Stéphane me motive tout de même et me traîne jusqu'au sommet du col juste à temps pour voir les derniers rayons lécher les pointes des cimes. La vue est juste splendide. On distingue au fond la Concordiaplatz, le centre où tous les glaciers se rencontrent pour donner naissance au plus grand glacier des alpes, le glacier d'Aletsch. Avant que la nuit ne soit trop avancée, il nous faut encore faire les derniers mètres pour rejoindre la cabane, la Hollandiahütte. Après avoir détourné une crevasse, nous y voici, le local d'hiver nous tend les bras. On s’étale et on se met à l'aise. Il semble faire chaud à l'intérieur ainsi protégé du vent. Nos thermomètres nous diront plus tard qu'il faisait quand même -9°C... En attendant de faire fondre de l'eau pour manger de la semoule, on retourne dans le vent faire quelques images des montagnes sous les étoiles. Sur la droite, on voit notre objectif du weekend, l'Aletschhorn du haut de ses 4195m Le réveil sonne, il fait -1°C dans la cabane, il faut se remettre en route. Le but du jour est de s'approcher autant que possible de l'Aletschhorn pour y installer un camp de base avant l’ascension. Il nous faut faire tout le tour soit plus de 18km. On se prépare, remplit les gourdes d'eau fondue pendant la nuit et prépare les sacs et ajuste les battons Et on oublie pas de noter notre passage sur le cahier de bord ainsi que donner notre destination (et payer). Au tout début, la pente est suffisante pour esquisser quelques courbes à ski. On passe juste un peu plus bas que la veille pour passer sous la crevasse que l'on avait repérée. On est déjà à la bourre, on pensait être à la Concordiaplatz pour le lever du soleil. La vue est juste splendide, la galère de la veille est déjà oubliée! C'est parti pour un long faux plat interminable. C'est une pente à 1% mais impossible de se laisser glisser, la pente est trop faible et la poudreuse trop dense. Nous voila sur le plus long glacier des alpes. On essaye de rester à bonne distance des chaines de crevasse se trouvant tantôt à droite, tantôt à gauche et tantôt partout. Le soleil tappe de plus en plus, le thermomètre de poche atteint même les 15°C. La neige devient très lourde et des coulées se déclenchent spontanément autour de nous. Clairement les conditions ne sont pas bonnes pour la neige (ni pour nous avec nos beaux coups de soleil). On arrive dans la vallée pour approcher l'Aletschorn. La décision est dure à prendre, la journée est bien avancée et les conditions sont trop dangereuses. Notre expédition ne passera plus par 4195m mais se cantonnera à la traversée dans la longueurs du plus grand glacier des alpes ce qui est déja un beau challenge en soit... On cherche un point un peu surélevé pour installer le camp de base avec si possible une jolie vue sur le glacier pour le lever et le coucher de soleil. Pendant que l'on creuse le trou et construisons le mur de neige pour se protéger du vent, pas moins de trois coulées avalancheuses se déclenche dans la vallée du sommet. De quoi nous réconforté sur notre bonne décision. On passe le reste de l'après-midi dans la tente à se protéger du soleil caniculaire. Le coucher n'est pas bien intéressant, le ciel étant totalement dépourvu de nuage. On passe la soirée à faire fondre de la neige sur le réchaud et à déguster des pattes bolognese lyophilisée. Au petit matin, le réveil sonne. Un petit coup d’œil par l'ouverture de la tente, les nuages sont déjà légèrement mauve alors que le lever de soleil est seulement dans 1h. Ca indique un lever de soleil prometteur. On se montive, enfile les chaussettes glacées. Le ciel prend des couleurs vraiment particulières, de quoi prendre quelques images de la tente. J'arrive même à motiver Stéphane à pointer le bout du nez à l'extérieur contrairement à la veille Le ciel devient de plus en plus rose et derrière nous les nuages prennent des couleurs. Stéphane me lance en rigolant: l'Aletschorn doit être bien éclairé maintenant. Il faut savoir que l'on a pausé la tente un peu plus loin que la vallée du sommet nous empéchant de le voir. On me le dit pas deux fois, me voila au pas de cours en train de dévaler la poudreuse à pied sur plus de 600m pour prendre en photo l'Aletschorn que l'on ne voyait pas. Le sommet que l'on ne fera pas aujourd'hui se tient fièrement devant moi, me narguant du haut de ses 4195m. Je me retourne et n'en crois pas mes yeux. Le ciel devient de plus en plus dément, tout devient rose. Me revoila en train de recourir dans la haute neige jusqu’à mi-cuisse pour rejoindre la tente et faire les compositions imaginées plus tôt. Plus je monte et plus le ciel devient fou, absolument tout est rose, à l'oeil la neige ressemble plus à de la barbapapa. Le doute s'installe en moi, serais-je assez rapide pour remonter et prendre les images avec ce ciel? Me voila presque en haut, Stéphane mitraille déja Je m'avance sur mon promontoire à bout de souffle et commence à prendre mon panorama avec les crevasses du glacier en premier plan. C'est juste magique! Le ciel s'éteint aussi rapidement qu'il c'est embrasé. Le feu s'est étendu sur des kilomètres, un collègue sur St-Gall m'envoie des images de ce ciel quelques minutes plus tard. Vraiment des conditions exceptionnelles. Pas de quoi trop s'attarder. On ne fait certe pas l’ascension du 4000m mais une des parties les plus techniques de la traversée nous attend. Il nous faut rejoindre l'autre coté de la vallée alors que le glacier est un vrai Gruyère. Les températures vont rapidement augmenter rendant les ponts de neige sur les crevasses plus instables. Le glacier est vivant, il coule dans la vallée. Les chaines de crevasses se déplacent telles des vagues au fil des années. Il n'y a pas de trace ou de route pour traverser le glacier tout le temps changeant. En bref, il faut nous fier à notre instinct pour trouver le chemin vers l'autre bout tout en espérant qu'il y en ait bien un. Le doute s'est emparé de nous lorsque l'on est arrivés dans un cul de sac. Impossible de continuer, le terrain est miné de partout, bien trop dangereux. Il nous faut repartir sur nos pas pour trouver une autre voie. On voit d'ailleur notre détour sur la carte gps de la sortie. Plus d'une fois, il nous faudra traverser des ponts de neige surplombant des crevasses. La corde bien tendue et l'équipement prêt pour le pire. Si on avait un doute sur la solidité d'un pont de neige, on met en place un ancrage. L'ancrage consiste à enneiger un piolet profondément dans la neige gelée perpendiculairement à la direction de marche. La corde solidement fixée autour du piolet, en cas de chute, le piolet se "plante" sous la neige et assure le malheureux au bout de la corde de ne pas s'écraser au fond de la crevasse mais de seulement être suspendu dans le vide après avoir fait du ping pong contre les parois de glace. Mais bon, nous avons choisi la bonne route, tous les ponts ont tenu et nous n'avons pas eu besoin de mettre à profit nos ancrages... Secrètement, je rêvais de ne plus pouvoir avancer et de devoir prendre l'élan pour sauter par dessus une crevasse piolet à la main :) Nous voila de l'autre coté, enfin sur la terre ferme. On peut se désancorder et remonter les derniers 350m pour rejoindre les pistes de ski de Bettmeralp. Là, un fanclub nous attendait, plus d'une vingtaine de personnes nous regarder monter. A moins qu'ils apprécient la vue sur le glacier d'Aletsch peut-être? Une sortie pas totalement comme prévue. La montée sur le 4000 à été remise à plus tard car les conditions étaient trop dangereuses et le timing trop juste. Mais cette expédition sur trois jours aura tout de même étaient magique. Des paysages incroyables, une course de plus de 50km sur le plus grand des glaciers des alpes et une expédition de 3 jours sans croiser personne en plein weekend d'hiver en haute saison de ski!  
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Remuzat

Remuzat, une destination qui est quasiment devenu un pèlerinage pour moi. L’occasion de revoir des amis de longues dates, une sortie du forum alpha dxd. L’ambiance est au top et les vautours nous accueil avec un ballet acrobatique à couper le souffle. Je vous propose cette fois, une petite compilation des trois dernières années avec ces magnifiques vautours.   Au petit matin, les ambiances sont magiques. Les couleurs chaudes et la brume se marient parfaitement     Lorsque la lumière devient plus dur en journée, c'est l'occasion de tester des images trop risquée pour être prise habituellement. Faire des filés qui consistent avec un temps de pause relativement lent, introduir un flou d'arrière plan. La difficulté étant de suivre le sujet pour le garder net! Vraiment pas évident, le taux de déchet augmente rapidement avec peut être 1 bonne image utilisable sur 100.   Les atterrissages dans la falaise est aussi un moment surnaturel. Voir ces bolides en pleine vitesse freiner quelques secondes avant de se poser délicatement sur la roche.  

  Parfois la nature nous offre une fleure. Un des voiliers des aires un peu plus curieux passe très proche proche de la falaise. Dans l'euphorie, je le suis avec l'appareil photo pour lui tirer le portrait et lui fait peur. Il avait les pattes pendante, il allait se poser juste à coté de moi. Je n'en revenais pas. Je le suis du regard, il tourne au loin et reviens me voir. Cette fois-ci, je reste de marbre, je ne bouge pas d'un pouce. Le voila qu'avec ses 3m d'envergure, il se pose à 3m devant moi. Je suis totalement pétrifié, mon cœur bat la Chamade, il est juste là! Je laisse mes amis quelques mètres devant moi prendre des images puis, petit à petit, je pointe l'objectif vers le vautour. Horreur, je n'arrive pas à faire la mise au point! Il est trop proche! Je dévis l'objectif de mon trépied, le recule de quelques cm et voila que je peux lui tirer le portrait. Il semble accepter ma présence. Tout doucement je me met assis pour être à sa hauteur. C'est incroyable, je vois toutes les petits plumes autour de son oeil ainsi que sa peau bleue-violette. Il me laisse même changer d'objectif pour prendre l'ensemble du paysage. Voila qu'un de ses congénères passe en vol, le moment parfait pour mettre en boite la scène.   Un des moments le plus mythique est définitivement les 10-15 dernières minutes lorsque le soleil est à l'horizon. Les vautours deviennent doré et la montagne en arrière plan est plongée dans l'ombre. Les turbulences dans l'aire diminue aussi et donne un aspect presque studio à l'image.   Les paysages du sud sont à couper le souffle même si on les oublies parfois à trop regarder les vautours   Si vous avez apprécié les images ci-dessus, je vous invite à les visionner en HD en cliquant ici: http://apvl.ch/remuzat/
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Weekend à l’armée

Comme chaque année, je pars entre 3 et 4 semaines servir à l’armée. J’ai une fonction de surveillance aérienne pour des événements de grande envergure comme le Word Economic Forum à Davos. Ce n’est pas tant des images de la mobilisation de l’armée que je vais vous montrer ici mais plutôt des images prises durant mes jours libres à l’armée. Au fin fond de la Suisse, dans les Grisons, revenir chez moi pour mes jours de repos ne vaut pas la peine. Je profite d’être dans une région que je connais peu pour découvrir un peu les environs. ______________2020_______________________________________________________ Une région qui m’intéressait de voir était le Zervreilahorn. Une montagne qui, selon l’angle, ressemble à une aiguille sortie de nulle  part. En uniforme militaire, je me balade en transport public entre train et bus. Me voila à l’entrée de la vallée, je commence la montée sur la route enneigée avec les chausses de combat pas du tout adaptées aux conditions. J’enchaîne les km lorsque je me rends compte que quelque chose goutte de mon sac militaire et me mouille le pantalon. J’ouvre le sac et je m’aperçois que ma bouteille de 1,5L de coca est éventrée et que le fond de mon sac baigne totalement dans le coca. Heureusement, mon sac de couchage et ma tente sont au sec… Arrivé au bord du barrage, je profite d’une buvette installée là pour boire une bière avant de repartir. Après 18km de marche et 1100m de montée dont les 300m dans de la poudreuse jusqu’au genoux, j’arrive enfin au pied de ma montagne. La nuit tombe vite, j’installe la tente sur un promontoire. Le vent souffle fort et mes sardines ne tiennent pas dans la neige. Il me faut utiliser des battons pour la stabiliser.   J’ai repéré quelques stalactites, je tente quelques images plus graphiques  depuis l’intérieur de la petite grotte avec la lune venant de se lever.   Après une nuit à -8°, je me lève pour photographier les premiers rayons frappant le Zervreilahorn   Le lendemain, il me faut déjà redescendre rapidement car dans 5h, je dois être de retour à la caserne. Je profite de la rivière gelée pour prendre quelques dernières images   1,5 semaines sont maintenant passées et 2 nouveaux jours de repos approchent. J’ai planifié un parcours ambitieux. D’après les guides, le col de la Greina depuis Vrin nécessiterait environ 8h de marche et on le fait en plein hiver avec des raquettes. Pour relever le challenge, un ami de la région me rejoint. Arrivés au départ de la course et sachant les km et dénivelé à faire, on décide de ne pas amener de matériel de bivouac (tente et matelas) ce qui nous oblige à trouver une cabane avec un local d’hiver pour passer la nuit. Si on ne trouve pas, le plan B sera de faire demi-tour pour revenir sur nos pas au beau milieu de la nuit. On commence l’ascension, la neige est bien soufflée et les chamois nous regardent passer. Après 1000m de montée, on arrive au premier col. Il nous faut descendre pour ensuite traverser une immense plaine. Arrivés dans la plaine, on voit la Terrihütte où nous avons prévu de passer la nuit. Malheureusement, le chemin creusé dans la roche est impraticable en hiver. Le détour pour y accéder ne vaut pas la peine, autant dormir dans une autre cabane, la Scallettahütte au Tessin. Ce changement de plan nous oblige à refaire le chemin en marche arrière le lendemain rallongeant passablement le temps prévu initialement. Après 22km et 1300m+ et 9h de marche, nous voici enfin arrivés au but, la plus grande arche de Suisse avec 7,5m de haut et 15m de long. Je m’attendais à un truc exceptionnel, je dois dire qu’au premier coup d’œil, j’étais un peu déçu.   Dans l’arche elle même se trouve une mini-grotte La nuit tombe, on descend vers la cabane en espérant qu’il y a bien un local pour y dormir l’hiver. Arrivé sur place, malheur, on ne trouve pas de porte d’entrée! Il y a deux pelles à disposition et 3 locaux potentiels pouvant servir de remise d’hiver. On choisit la porte visible la plus logique et on commence à pelleter. La porte est en deux parties, ouf, c’est tout ça de moins à creuser. J’ouvre la porte et nous voilà dans une remise de bois. Le doute s’installe, ce n’est pas le local d’hiver? Je pousse la porte au fond du local et miracle, nous voilà dans un refuge très quosi avec tout ce qu’il faut, même la lumière! C’est le grand luxe. Un fourneau à bois, des casseroles, de l’eau gaseuse, des matelas et couvertures sont à disposition. On trouve même une soupe ainsi que des pâtes! Plus qu’à faire fondre de la neige pour souper Pendant que la neige fond, je vais faire un tour à l’extérieur pour apprécier la voie lactée. La soirée ne sera pas longue, il nous faudra se lever très tôt pour pouvoir refaire les plus de 20km du retour. Le réveil est réglé à 4h30. Le refuge est très bien isolé, au réveil il fait 8°C à l’intérieur alors qu’il en faisait -3°C à notre arrivée. Le retour se fait dans le noir. Le jour commence à ce lever lorsque l’on passe à la hauteur de la Terrihütte Le lever de soleil ne fut pas transcendant mais la vue sur le Tessin vaut le déplacement   ______________2019_______________________________________________________ Un glacier me faisait de l’oeil, le Roseggletscher est reconnu pour sa grotte de glace, il me fallait le visiter. Lors de la deuxième semaine du cours de répétition, j’ai pris mes ski de randonnée avec moi. Lors des deux jours libres, je profite pour remonter la vallée du Val Roseg pour voir ce fameux glacier. Je ne fût pas déçus, la grotte est énorme. Il y a même un trou dans le plafond. Je met en équilibre l’appareil photo sur un bloc de glace et cours me mettre comme model équipé de ma tenue B militaire. En me promenant sous le glacier, je trouve une sculpture de glace qui m’intrigue. Un petit bloc tenu par un filament de glace. Je tourne autour pour trouver le meilleur angle montrant la fragilité de cette glace en suspension.  
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Retour 24mm f1.4 GM Sony

Bonjour, Voici un nouveau petit retour terrain d’une focale qui me tient à cœur. 24mm est une focale que j’ai longuement eue en monture A avec le 24mm f2 Sony. Une focale que j’ai adorée pour son piqué à pleine ouverture, son homogénéité, son peu de distorsion pour les pano, sa grande ouverture pour de l’astro ainsi que sa faible distance de mise au point pour de la proxi. Malheureusement l’équivalent de cette optique n’existait pas encore lors de ma bascule en E c’est pourquoi j’ai pris le 16-35f4 qui est aussi une superbe optique pour sa polyvalence ainsi que sa légèreté. Cependant, je n’ai pas pu résister à la tentation lors de la sortie de ce 24mm f1.4 GM (et finalement revendu le 16-35). Est-ce un choix irrationnel ou est-ce que ce 24mm a vraiment des atouts ? Vaut-il le 24f2 monture A ? C’est ce que nous allons voir avec ce retour terrain. Construction : La première chose qui frappe est sa légèreté. 445g l’objectif ! Il est plus léger que le 24f2 (555g) de la monture A qui est deux fois moins lumineux. Il est aussi bien plus léger que le 24mm f1.4 sigma (665g). Ces deux 24mm ont un design pour reflex alors que le GM est construit pour les boîtiers sans miroir. La dernière lentille est grande et vraiment très proche du capteur ce qui doit permettre une formule optique plus compact. Si je dois partir léger avec un seul objectif pour un bivouac ou de la haute route par exemple, c'est bien le 24mm qui fait partie de l'équipement. Pour avoir une telle légèreté il a fallu faire des compromis sur les matériaux utilisés qui sont ici majoritairement du plastique que ce soit pour le pare-soleil et une bonne partie du fût. Pour autant, l’aspect ne fait pas jouet avec une finition très propre. La tropicalisation n’est pas laissée non plus de côté. Un joint se trouve au niveau de la monture pour éviter un ruissellement entre l’objectif et le boitier. C’est la norme avec les optiques G/GM de chez sony. Comme avec le 90mm macro ou d’autres optiques GM, une bague métallique permettant de commander le diaphragme est implémentée. Il est possible de choisir son diaphragme avec ou sans click via cette bague ou la locker sur A pour la paramétrer via le boitier. Pour ma part, j’aurais préféré ne pas avoir ce mécanisme pour gagner quelques grammes car je préfère gérer l’ouverture via le boitier. C’est une affaire de gout et d’ergonomie mais l’option est là. Le switch AF/MF classique est aussi présent et permet de bloquer le focus. Pour avoir fait l’erreur à plusieurs reprises, il faut privilégier le switch physique sur l’objectif que via le boitier. Car en cas de mise en veille ou de redémarrage du boitier, on peut s'assurer que le point ne bouge pas. Un bouton paramétrable est aussi présent. Il peut être paramétré de plusieurs manières mais une option bien pratique est de le paramétrer pour utiliser l’AF sur les yeux. On retrouve aussi deux trois inscription un peu tape à l’œil comme le logo G orange caractéristique du haut de gamme sony ainsi qu’une petite plaquette indiquant la focale et l’ouverture de l’objectif. La bague de mise au point est large et très fluide avec un bon grip en caoutchouc. Le focus étant commandé par des moteurs linéaires, il n’y a pas de liaison direct entre la bague de map et les groupes de lentille. Il n’y a donc pas de butée lors de la rotation de la bague. La lentille frontale est très petite pour un 24mm d’une telle ouverture. Le diamètre de filtre est d’uniquement 67mm (72mm pour le 24f2 ou 77mm pour le sigma 24mm f1.4). Une belle prouesse qui est surement due à la formule optique étudiée pour boitier sans miroir (lentille XA) et permet aussi de diminuer le poids. Etant plus habitué à des diamètres de filtre de 72, il vous faudra racheter des filtres ou une bague d’adaptation. Le pare-soleil taillé en tulipe est en plastique avec un revêtement feutré pour bloquer au mieux les lumière parasite (et aussi emprisonné pleins de poussières). Le pare-soleil a aussi un système de verrouillage assurant la position du PS. Ainsi, pas de risque d’avoir un bout de pare-soleil dans le champ de vision impliquant un fort vignetage. Pas de risque non plus de perdre le pare-soleil lors d’un petit choc. Il faut cependant s’habituer à déverrouiller le PS au risque de le casser assez rapidement. L’optique est livrée avec une petite sacoche de transport bien pratique. J’ai maintenant l’optique depuis 7 mois et elle fait toujours partie de mon équipement photo. Je n’ai pas remarqué d’usure particulière au niveau des pièces en mouvement. J’ai quelques rayures légères au niveau du fût mais c’est plutôt dû a mon utilisation sans trépied qui m’oblige à poser l’apn en équilibre sur des rochers. Qualité optique : Piqué Difficile de lui reprocher quelque chose en terme de piqué. On est très bon dès la pleine ouverture à F1.4 du centre au bord, vraiment impressionnant. On devient vraiment excellent en fermant d’un cran. La diffraction vient jouer un peu des tours vers F16 mais il n’y a vraiment pas de quoi éviter de fermer à fond en cas de besoin (pause plus lente, effet étoiles du soleil, PDC plus grande). Je trouve un peu dommage que l’on ne puisse pas fermer un poil plus pour avoir une plus grande plage de manœuvre. Son excellent piqué permet de recadrer un peu sur des capteurs très définit pour gagner un peu en longueur de focal. Distorsion : Comme on peut l’attendre d’une optique fixe de ce calibre, comme son homologue en monture A, la distorsion est très faible. C’est une optique idéale pour faire des panoramas ou des photos d’architecture, d’intérieur ou autre. AC/flare : Les aberrations chromatiques sont quasiment inexistantes, il est très difficile de le mettre en défaut. Le flare peut être présent lorsque le soleil est dans le champ mais je le trouve relativement bien résistant. (léger flare sous le soleil sur l'image ci-dessous) Vignetage : Le vignetage est présent à pleine ouverture et disparaît en fermant à plus de f2.8. Le vignetage à pleine ouverture est un point qui m’intéresse particulièrement pour l’astro photographie car habituellement les grands angles ont un fort vignetage ce qui nous fait perdre beaucoup d’étoile dans les bords. Un vignetage trop fort se remarque aussi lors d’un panorama en astro car l’image est « quadrillée » par des bandes noires dans les raccords. Ici le vignetage est vraiment contenu, les étoiles dans les bords sont bien présentes et il n’y a pas ce phénomène de bandes noirs qui apparaissent. Coma : Vu que le thème de l’astro a été lancé un poil plus haut, qu’en est il de la coma ? Le 24mm est vendu par Sony comme étant une optique spécialement designé pour ne pas avoir de coma. Et effectivement, il n’y a pas de coma, c’est vraiment bluffant. Les étoiles dans les bords ne sont absolument pas déformées. Là où il vous faudra recadrer les bords sur un UGA ou faire un pano pour n’avoir que le centre, le 24mm vous permet d’avoir une image à 100% utilisable. Le combo pas de distorsion, peu de vignetage, peu d’AC et pas de coma en fait une optique parfaite pour de l’astrophotographie. < AF L’AF n’est pas forcément la caractéristique la plus primordiale pour une optique grand angle de ce type. Sony a pourtant mis le paquet en intégrant la technologie de moteurs linéaires héritée du 400mm f2.8, une optique typée sport. L’AF linéaire permet un déplacement très rapide et précis du bloc lentille. Le suivit est donc très bon, pratique si vous utilisez l’eyes AF pour des événements. Un peu moins utile si comme moi, vous utilisez le 24mm plutôt pour faire du paysage. Comme pour le 400mm f2.8, le moteur linéaire fais un léger ronronnement dès que l’apn est sur ON. Le ronronnement est à peine perceptible contrairement au 400f2.8. Il vous faut coller l’oreille contre l’objo et être dans un endroit totalement silencieux. Rien de gênant en pratique Bokeh Le bokeh est aussi un argument marketing mis en avant par Sony. Le diaphragme est composé de 11 lamelles pour un bokeh rond même en fermant le diaf. Il n’y a pas non plus d’effet cat eye dans les bords. Le bokeh est très doux et avec la grande ouverture de f1.4, il est possible de détacher le sujet de l’arrière-plan si celui-ci est assez proche. Cela permet de faire des images de portrait assez originale avec un grand angle avec des fonds tout de même estompés. Les 11 lamelles de diaf permettent d'avoir un bel effet "étoile" avec les source lumineuses ponctuelle comme le soleil. Proxi Une autre spécification mise en avant par sony vendant l’objectif comme ayant une distance de mise au point min très faible pour faire de la proxi photographie. La mise au point min est de 24cm ce qui est dans la moyenne des 24mm du marché. Pour comparaison, le 24mm f2 de la monture A à une distance de mise au point de 19cm ce qui est vraiment impressionnant et permet vraiment de faire de la proxi. Serte 24cm suffit dans la majorité des cas mais un grossissement supérieur aurait été la bienvenue. Tout de même, l’ouverture de f1.4 ainsi que le rendu du bokeh permet de faire des images en proxi très plaisante Synthèse :

+ très bonne construction avec un choix de matériaux judicieux pour un compromis masse/robustesse. Pare soleil avec verrouillage. + très bonne tropicalisation avec notamment un joint au niveau de la monture. + de nombreux accès rapides directement sur l’objectif (bague de diaf, AF/MF, click, bouton personnalisable) + Piqué très bon dès la pleine ouverture du centre au bord (très homogène) parfait pour du paysage + Pas de distorsion parfait pour de l’archi ou des panoramas + Pas de coma, très lumineux, peu de vignetage à PO parfait pour de la photo astro + Compact et léger. Un objectif que l’on peut prendre partout en balade. Le fait qu’il soit excellent dès la pleine ouverture permet de se passer de trépied dans certain cas. Diamètre d’objectif réduit. + L’ouverture et le rendu du bokeh permet de bien détacher son sujet. Parfait pour des portraits au grand angle ou de la proxi.

- Prix - Distance de map aurait pu être en dessous de 20cm - Un peu trop de fioriture? (logo G, plaquette, bague de diaf)

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La liste des 4000m

Histoire que Stephane ne s’ennuie pas trop depuis son retour du Svalbard, on s’est mis en tête de faire quelques 4000m. Ce billet de blog sera consacré à cette aventure de conquête des cimes. Il faut s’avoir qu’un 4000m ne se prend pas à la légère. Un simple brouillard peut se transformer en piège mortel, un orage peut se transformer en blizare et une chute de température peut être fatale. Des crevasses, corniches, ponts de neige, pierriers sont autant d’obstacles  qui peuvent s’avérer plus ou moins compliqués à franchir. Avant de prendre la route on teste le matériel et on simule quelques scénarios de sortie de crevasse. 2. Breithorn 4164m ____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ Avec Stephane, on remet ça. On repère un 4000m dit facile un peu comme le premier que vous pouvez lire en dessous. Mais comme pour l'Allalinhorn, on aime bien se compliquer la tache pour préparer des 4000m plus compliqués. Plutôt que de le faire de manière classique: remontée mécanique jusqu’à 3800m puis monter au sommet à 4164m, on pense à une variante plus ambitieuse. On partirait du dernier village à savoir Zermatt (1600m) en ski de randonnée pour monter jusqu'au bivouac Rossi e Volante à 3750m pour y passer la nuit. Le lendemain seulement, nous ferions le sommet. Le sommet est fait en début d'hiver, les ski + équipement d'avalanche vient s'ajouter au reste du matériel déjà bien lourd (bivouac + alpi + photo) C'est parti, on chausse les ski à 1600m d'altitude, on monte dans la foret par de petits chemins, on longe les pistes par moment. 1400m + plus tard, nous somme confronté à un problème. Si nous continuons comme cela, nous devrons traverser le glacier de nuit pour rejoindre le bivouac. Aucun de nous deux n'y est déjà allé, le vent peut être violent et les températures fortement chuter. Nous décidons à contre cœur de gravir un petit bout du trajet avec la dernière remontée mécanique. Le parcours initial avec 2400m+ et chargé avec des sac de plus de 17kg était un peu surréaliste. Malgrès cela, nous ne sommes de loin pas arrivé. Nous devons encore rejoindre le bivouac à des km plus loin sur un glacier qui peut être capricieux. Nous voila encordé Le vent pouvait souffler fort par moment (évidement, pas de photo lors des plus grosses bourrasques) La lumière chute, le temps presse. Castor 4228m et Pollux 4092m Sur notre droite, nous avons l'Italie Les belles lumières exploserons quelques minutes plus tard. Malheureusement, pas le temps pour ressortir l'appareil et pas vraiment de composition intéressante. Les lumières magiques resterons dans nos têtes. C'est ici que notre chemin avec la trace ce termine. Ceux avant nous on l'air d'avoir passé le col du Schwartzgletscher. Nous devons trouver une voir qui nous permete d'atteindre l'arrête rocheuse (à gauche sur la photo) sans trop se mettre en danger. Ici, nous voyons clairement de gros céraques et crevasses. La nuit tombe très rapidement. La pente enneigée et soufflée est peu adhérente, mais nous arrivons jusqu’à l'arrête. En contre bas, notre bivouac nous attend après 1600m de montée en ski de rando. La descente est très raide, on estime que la voie d'accès la plus simple et dans la pente sur la droite. Je tiens Stéphane au bout de la corde. Il descend une dizaine de mètres et voici que la corde est sous tension. Je me plante dans la neige pour ne pas le laisser filer plus bas. Tous le versant est totalement gelé, impossible de descendre plus bas. 15 minutes plus tard, après l'avoir retiré de la pente tell un poisson au bout d'une ligne, Stéphane est à nouveau avec moi. Pas vraiment le temps de se réjouir car nous ne sommes toujours pas à la cabane, il commence à faire vraiment nuit et les doigts s'engourdissent, les -16 -20°C ne doivent pas être loin. Cerise sur le gâteau, ma lampe frontale ne fonctionne pas. Il nous faut trouver une solution pour descendre rapidement et surement. Nous estimons le bivouac à plus de 15m, il n'est pas possible de faire un rappel dans les règles de l'art (2x la longueur de corde). On fixe la corde avec un encrage, nous lançons la corde de 30m dans le vide après avoir faire un nœud de 8 au bout pour éviter de finir en crêpe 200m plus bas sur le glacier. On se prépare à la descente, en fixant les crampons sur nos chaussures de ski gelée. Un prussique pour s'assurer en cas de problème, celui-ci nous bloquerait sur la corde. Nous utilisons aussi un descendeur pour doubler le système. Stéphane prend les devant et part en tête. La descente se passe sans accro majeur et le voici arrivé sur le balcon métallique du bivouac. La corde est juste assez longue, au mètre prêt. Je retire la corde pour récupérer le descendeur à Stephan et descend dans ses traces, tous se passe bien. Le bivouac est grand luxe. Une dizaine de matelas, une table et même une lumière. Stephane est déja dans son sac mais il nous faut encore faire chauffer de l'eau pour demain et pour casser la croûte. Après quelques aller-retour pour chercher de la neige, nous avons 1L d'eau chaude, de quoi hydrater la nourriture lyophilisée et remplir nos gourdes qui resterons dans nos sac de couchage pour ne pas geler. La température oscillera autour des -8°C à l'intérieur d'après nos montres. La nuit fût passablement tourmentée avec de nombreux réveilles durant la nuit ainsi qu'un bon mal de crâne pour ma part au petit matin. Surement dû à l'altitude, passer de 500m à 3750m en une nuit n'a pas du plaire à mon corps. Mais avec ou sans mal de crâne, le réveil sonne à 6:15 et il est temps de se lever admirer le paysage. Castor 4228m et Pollux 4092m, la tête dans les étoiles Vue depuis le bivouac (image par Stéphane) Vue depuis le bivouac (image de Stéphane)   Le jour se lève, vue depuis le bivouac.   Après avoir tout rangé, il est temps de mettre les crampons et quitter le bivouac. Remonter par la corde qui a été laissé là la veille. Cette fois, en plus de prussique, nous utilisons un anti-retour pour remonter. Un dernier au-revoir au bivouac, vraiment une superbe expérience!   Quelques photos des alentours au petit matin. Une image du Breithorn, notre but pour ce matin.   Stephane aussi prend quelques images avant de se remettre en route. Il est temps de repartir, chausser les skis, enclencher les DVAs, tendre la corde et y aller. Après 300m de montée, nous voici sur le versant du Breithorn. Nous sommes les premiers, pas vraiment de trace visible. Nous allons à l'instinct. La neige est très soufflée, Stephane met les couteaux sur ses skis. Je n'ai pas de couteaux pour mes ski (prochain achat, assurément), je suis contraint de stopper ici ma montée. On déchausse, fixe nos skis au sac à dos et continuons la suite crampon au pied, "droit en haut". Le glacier est apparent, c'est vive glace! Nous voici enfin au sommet! Quelle joie! Le vent souffle fort, juste le temps de prendre quelques images avant de redescendre. Portrait de Stéphane   On peut prendre de haut Pollux Bientôt le Cervin?   Nouveau record personnel   La descente se fait de manière un peu laborieuse. Ne sachant pour s'il y a ou non des crevasses sur le versant enneigé, nous redescendons sur nos pas, crampons au pied. Une fois le glacier traversé prudemment, nous pouvons enlever tout le matériel d'alpi et passer en ski de descente pour dévaler les pistes de Zermatt pour se retrouver en un rien de temps 2400m plus bas.   1.  Allalinhorn 4027m ___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ Nous partons en solo, pour nous familiariser avec le matériel, on décide de commencer par l’un des sommets considéré comme étant un des plus faciles. La route classique commence à 3500m après être arrivé en téléphérique + métro. Les derniers 600m se font encordés sur le glacier. Histoire de rajouter un peu de challenge, on décide de ne pas commencer à 3500m mais à 1700 en plaine. Cela implique bien plus de logistique avec tous les matériels d’alpinisme à transporter lors de la première partie + le matériel de bivouac pour passer la nuit au pied du glacier. Le sac est déjà plein à craquer et le matériel photo n’est même pas encore empaqueté. Il faudra prendre le minimum. A7rIII et 24f1.4 et c’est tout. La première partie se fait bien. Les sacs sont lourds, le temps est beau, on avance bien. On croise la route de quelques moutons et d’une femelle bouquetin. On arrive pour le coucher mais le ciel se couvre dangereusement. Il n'y aura malheureusement pas de couleurs Pas de pluie prévue au radar pour la nuit ni le lendemain mais on s’active tout de même pour monter la tente. On ne pourra pas faire trop les fous, le réveil pour le lendemain est prévu à 3h30 Le réveil sonne, on plie tout le matériel de bivouac (encore bien humide) et on le cache au mieux sous un rocher. On s’équipe du matériel d’alpinisme avec baudrier, crampons, corde, piolet et tout l’outillage pour sortir ou se sortir d’une crevasse. Espacés d’une 15zaine de mètres on évolue dans la nuit selon le chemin repéré la veille. En première ligne je cherche le chemin le plus safe et Stephane assure mes arrières prêt à me retenir en cas de glissade imprévue. Nous voila arrivés à la hauteur de la dernière remontée mécanique à 3500m. Il est 6h et les premiers pisteurs sont déjà en train de préparer la piste. L’un d’entre eux vient vers nous pour nous expliquer que le temps va se gâter jusqu’à 8h selon les prévisions. Assez surpris car ce matin (4h), la prévision était encore bien clémente. A peine le temps d’en discuter que l’orage s’abat sur nous, des trombes d’eau accompagnées de son vent nous fouettant le visage. On retourne sur nos pas pour nous réfugier au sommet des remontées en attendant une accalmie. Sur la route pour se réfugier, un éclair intra-nuageux éclate juste au dessus de nous. Une fraction de seconde avant de voir le flash, tous les cheveux de mon crâne se sont hérissés avec l’électricité statique. Je n’avais encore jamais vécu ça (j’ai accéléré le pas…). La pluie cesse mais malheureusement le sommet a la tête dans les nuages. Nous qui voulons arriver les premiers au sommet, ça paraît rappé, il y a bien 5-6 groupes qui sont partis plus tôt. Quelques sauts de crevasses, échelles, vives glaces de glacier et pierriers plus loin, nous voici au sommet. Par la même occasion on aura doublé tous les groupes pour arriver comme prévu les premiers au sommet (et inscrire le 3ème meilleurs temps de montée dans Strava) Mais le plus dur reste à venir. Descendre de 4027m, récupérer le matos de bivouac trempé par la pluie et redescendre en plaine à 1700m d’altitude. Je voulais tester mon genoux et je dois vous avouer qu’il souffre encore un peu à l’heure où je vous écris :) Vivement le prochain!
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Le Creux du Van embrumé

C’est devenu une tradition maintenant, la sortie annuelle hivernale au Creux du Van. Un endroit incroyable qui peut changer du tout au tout en un instant. On peut passer d’un paysage automnale à hivernal en 2h. On peut aussi se retrouver entouré de brume ou d’une horde de touristes en un instant. Très changeant je vous disais. Cette année, l’honneur était à la brume. On ne voyait pas à 10m la plupart du temps. Un vrai jour blanc, une lumière ultra plate. Pas de quoi sortir un appareil photo ? Détrompez-vous, ce sont des conditions extraordinaires pour prendre des images ! Il faut juste mettre les éléments à leur avantage. Si vous ne me croyez pas, je vous invite à faire un tour par ici, Jérémie Villet, le spécialiste des jours blanc à lumière pourrie. Au petit matin, on pouvait encore distinguer les étoiles. Plus je monte les flancs du cirque, plus la masse blanche se montre imposante et roule/s’écrase sur le Creux du Van. Le lever de soleil ne vint jamais, le brouillard engloutit tout.

Picture by Benjamin Judas

On est dans un monde totalement blanc, presque dans un rêve, le sol recouvert d’une couche de neige et l’horizon raccourci par ce velouté nuageux. Arrivé au sommet, pas un chat, pas de trace, nada, je foule l’immensité blanche à la recherche d’une hermine ou d’un bouquetin. C’est le néant, pas de quoi déprimer, les arbres se transforment et prennent une dimension de l’ordre du mystique !

Picture by Benjamin Judas

L’humidité relative dans le brouillard et les températures négatives me forcent à superposer une paire de gants et une doudoune pour ne pas rester figé comme les arbres que je photographie. Je vois du monde qui commence à monter au Creux, ça doit être mon ami Ben avec son club photo de Dijon ? Bingo, le voilà à 1m de moi et je peux enfin confirmer son identité malgré la brume.  

Picture by Benjamin Judas

La brume étant bien dense, nous nous rabattons dans une petite forêt d’arbres sinueux pour tenter des images « d’intimate landscape ». Le froid a bien du nous atteindre car je tente même une image d’impressionnisme de Mulhoff. Malgré les conditions météos et la saison moins propice aux visiteurs, de plus en plus de monde vient observer le grand trou du Creux sans vraiment le voir aujourd’hui. Je croise même un ami ornithologiste. Comme quoi il faut bien faire 150km pour voir un ami habitant à 5km de chez moi. Voilà que l’on ne s’y attendait plus mais au loin on distingue une ombre surmontée par une belle ramure. Les bouquetins sont de sortie ! On oublie le froid, nous voila en train de ramper tête première dans la neige. Les bouquetins d’ici se laissent plus facilement approcher qu’ailleurs ce qui permet d’oser des cadrages que l’on trouverait bien trop risqués par temps normal. De quoi essayer des choses pour les appliquer une autre fois si le résultat nous paraît probant. Dans mes essais : Intégration du paysage de forts contre-jours Le soleil filtré par le brouillard des images à travers des sapins Le piège étant toujours d’essayer d’avoir des gros plans ne mettant pas du tout en avant les conditions brumeuses bien particulières du moment. C’est un risque, ça passe ou ça casse, qu’en dites vous ?     Si vous avez aimé, voici un album en HD de toutes les images prisent au Creux du Van au fil des années http://apvl.ch/creux-du-van/
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